La localité frontalière libanaise de Kfar Kila sous les bombardements israéliens, le 31 janvier 2024. Rabih Daher/AFP
Le cheikh Nabil Kaouk, membre du conseil exécutif du Hezbollah, a affirmé mercredi que « la résistance a intensifié ses opérations qualitatives en réponse à l’escalade israélienne ». Ces propos interviennent deux jours après que le parti chiite a revendiqué 12 attaques en 24 heures contre des positions israéliennes. Le Hezbollah et l’État hébreu sont engagés dans des combats à la frontière libano-israélienne depuis le 8 octobre, au lendemain de l’offensive menée par le Hamas contre Israël à Gaza. « La résistance a intensifié ses opérations qualitatives en réponse à l’escalade israélienne (...). Elle est préparée à toutes les éventualités de guerre et d’escalade », a souligné le cheikh Kaouk lors d’une cérémonie religieuse au Liban-Sud, selon des propos rapportés par notre correspondant Mountasser Abdallah. Le dignitaire a également assuré que « la résistance au Liban poursuivra ses opérations tant que l’agression contre Gaza se poursuit ». Une opération qualitative, en termes militaires, implique une augmentation de la qualité d’une opération par l’utilisation de tactiques et d’équipements améliorés, ou par la conduite d’exercices d’entraînement améliorés. Lundi, le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant a affirmé que des troupes de l’armée israélienne vont « entrer en action très bientôt » dans le nord du pays, à la frontière avec le Liban. De son côté, le chef d’état-major Herzi Halevi a estimé récemment que la probabilité d’une guerre « dans les prochains mois » dans le nord du pays était aujourd’hui « beaucoup plus élevée qu’elle ne l’était par le passé ».
Réponse d’urgence
Mercredi, les affrontements entre le Hezbollah et Israël ont regagné d’intensité au lendemain d’une journée relativement moins tendue. La milice chiite a revendiqué au moins cinq attaques contre des cibles militaires de l’État hébreu. Elle a ainsi annoncé avoir pris pour cible, entre autres, un char Merkava positionné sur le site de Bayad Bilad, du « matériel d’espionnage » dans la localité israélienne Hanita ainsi qu’un rassemblement de soldats israéliens sur la colline d’al-Tayhat. Dans les différents communiqués publiés, le parti affirme avoir utilisé les « armes appropriées » et avoir « touché les cibles ». Plusieurs roquettes ont également été lancées depuis le Liban-Sud en direction des localités israéliennes de Metula et Kiryat Shmona, affirme une source sécuritaire à notre journal. De son côté, Israël a pilonné tout au long de la journée plusieurs villages de la région frontalière. Des obus d’artillerie se sont abattus aux alentours des villages de Alma el-Chaab, Boustane, Deir Mimas, Dhaïra, Jibbeïn, Kfar Kila, Tayr Harfa et Yarine. Des avions militaires israéliens ont également mené des raids sur une maison à Beit Lif, tuant un homme, Mohammad Hammoud, présenté comme civil, tandis qu’un drone a lancé un missile sur la périphérie de Yaroun. Presque au même moment, un autre drone a bombardé la place centrale de Blida, touchant une ambulance revenant aux équipes de secours des scouts de l’association al-Rissala al-islamiya, sans faire de victime. Dans ce contexte de haute tension, le ministre sortant des Affaires sociales Hector Hajjar a détaillé lors d’une conférence de presse la réponse d’urgence pour les milliers de Libanais déplacés par les affrontements. Selon lui, 18 647 des familles déplacées vont toucher 25 dollars, auxquels s’ajoutent 20 dollars par personne, grâce à un fonds de 2,5 millions de dollars de l’Unicef et du Programme alimentaire mondial. Parmi elles, 2 919 familles bénéficient du Programme d’aide aux personnes (libanaises) les plus vulnérables et 15 728 familles du programme de sécurité sociale Aman, qui a été maintenu exceptionnellement en raison de leur situation de déplacées. Par ailleurs, le ministère a déployé cinq véhicules dans le Sud pour apporter un soutien psychologique aux personnes déplacées et a fourni du mazout, notamment dans les hôpitaux de Jezzine et de Bint Jbeil. Le ministère de la Santé a, quant à lui, publié un rapport basé sur des statistiques des hôpitaux : le Liban compte, depuis le 8 octobre au 30 janvier, un total de 728 personnes impactées physiquement, dont 158 morts.
Washington baisse le niveau d’alerte
Le Trésor américain est également entré en action mercredi, imposant des sanctions sur plusieurs compagnies et un individu accusés de financer le Hezbollah et les gardiens de la révolution islamique iraniens. Parmi les cibles, deux entreprises libanaises : Yara Offshore et Hydro. « La société Yara Offshore SAL, basée au Liban, est une entreprise affiliée au Hezbollah qui a facilité, en utilisant des navires sanctionnés, d’importantes ventes de marchandises iraniennes au régime syrien, pour lesquelles ce dernier a versé des millions de dollars à Yara », peut-on lire dans un communiqué du Trésor. « Hydro Company for Drilling Equipment Rental (Hydro), basée au Liban, est impliquée dans le financement de la force al-Qods des gardiens de la révolution en facilitant l’expédition de marchandises iraniennes d’une valeur de plusieurs centaines de millions de dollars vers la Syrie », abonde le texte. En parallèle, les États-Unis ont revu à la baisse le niveau d’alerte pour le Liban du niveau 4 (ne pas voyager) au niveau 3 (reconsidérer le voyage). Ils avaient relevé de 3 à 4 (le plus élevé) le niveau d’alerte de leur avis aux voyageurs le 17 octobre 2023, soit dix jours après le début de la guerre.
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La plus grande qualité qu'ils auraient pu avoir c'est de remettre leurs armes a l’armée, respecter la constitution et les lois et tout simplement servir les intérêts du pays et du peuple Libanais. Cela s'appelle du patriotisme, une qualité qu’ils n'ont résolument pas!
08 h 47, le 02 février 2024