Le chef de l'opposition russe Vladimir Kara-Mourza, vice-président de Open Russia, témoigne devant la sous-commission des crédits d'État, des opérations étrangères et des programmes connexes du Sénat, lors d'une audition sur les « Perspectives de la société civile sur la Russie » au Capitole à Washington, États-Unis, le 29 mars 2017. Photo d'archives Joshua Roberts/Reuters
L'opposant russe Vladimir Kara-Mourza, condamné à 25 ans de prison, a écrit avoir été placé à l'isolement pour au moins quatre mois, après que ses proches et plusieurs chancelleries occidentales se sont inquiétés de sa situation.
Son avocate, Maria Eismont, a transmis une lettre de M. Kara-Mourza publiée mardi par le média Novaïa Gazeta, dans laquelle il indique avoir été transféré depuis la colonie pénitentiaire N°6 à Omsk, en Sibérie, vers une autre, la N°7, dans la même ville.
« Vendredi, on m'a convoqué sans avertissement à une +commission+ pour une énième +infraction malveillante+, quand je ne me suis pas levé au signal +Levée !+ (dans sa cellule, NDLR) qu'ils n'ont pas fait retentir », a-t-il écrit. Il est placé dans une cellule spéciale à l'isolement au moins jusqu'au 26 mai, mais « ces délais peuvent changer », a-t-il indiqué, notamment en cas d'accusations de nouvelles violations de sa part lors de sa détention. La veille, son épouse, Evguénia Kara-Mourza, qui vit en exil à l'étranger, s'était inquiété de son transfert vers « un lieu inconnu ». Les diplomaties allemande et britannique s'étaient ensuite préoccupées de son sort.
Le ministre des Affaires étrangères britannique, David Cameron, a appelé lundi la Russie à donner « urgemment » des informations sur la localisation de l'opposant, ajoutant prévoir de rencontrer « bientôt » l'épouse de ce dernier. Les proches de M. Kara-Mourza, qui possède aussi la citoyenneté britannique, s'inquiètent de sa santé fragile, l'opposant souffrant d'une affection nerveuse appelée polyneuropathie, due à deux tentatives d'empoisonnement.
En avril 2023, il a été reconnu coupable d'avoir diffusé de « fausses informations » sur l'armée russe et d'avoir entretenu des liens avec une « organisation indésirable » à l'issue d'un procès qui s'est déroulé à huis clos. Sa condamnation à 25 ans de prison est l'une des plus lourdes envers un opposant d'envergure ces dernières années, en pleine répression en Russie depuis l'assaut contre l'Ukraine il y a quasiment deux ans.


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