Dans l'une des écoles publiques de Tyr transformées en abris de fortune, du linge mis à sécher aux fenêtres. Photo Lucile Wassermann
L’unité de gestion des catastrophes auprès de la fédération des municipalités du caza de Tyr, chargée notamment des déplacés originaires des villages du Liban-Sud frappés par Israël, a rouvert ses portes lundi, a indiqué le président de la fédération, Hassan Dabbouq à L'Orient-Le Jour.
Depuis le 8 octobre 2023, le conflit a provoqué le déplacement de plus de 80 000 habitants de villages frontaliers, selon des chiffres de l'Organisation internationale des migrations. La région de Tyr a accueilli un tiers d'entre eux.
Une fermeture temporaire de l'unité de gestion des catastrophes avait été décidée vendredi après plusieurs agressions contre le personnel de cette administration et jusqu'à ce que des mesures soient prises pour empêcher de nouveaux incidents. « Comme mesure, nous avons décidé de surveiller les entrées et sorties » du bâtiment abritant cette unité »a précisé M. Dabbouq, contacté par L’OLJ.
La dernière agression en date remonte à vendredi dernier, selon le vice-président de la fédération Hassan Hammoud, qui a expliqué qu'une femme originaire de Dhaïra (caza de Tyr), « déplacée depuis un précédent épisode de violence, s'en est pris à plusieurs employés de l'unité ». Elle s’est rendue selon lui dans le centre des opérations de l’unité pour demander un chauffage. Les employés lui ont répondu que les chauffages disponibles étaient réservés aux personnes déplacées logées dans des abris temporaires, notamment dans les écoles. Une réponse qui a provoqué la colère de la femme, qui aurait alors agressé plusieurs personnes dont Mortada Mehanna, directeur de l’unité de gestion des catastrophes. L’un des employés a eu le nez cassé et un autre a été mordu, a précisé Hassan Hammoud, ajoutant que du matériel a également été endommagé. Selon M. Mehanna, la femme aurait essayé d'obtenir des aides pour ses proches, qui en avaient déjà bénéficié. Il a alors été décidé de fermer temporairement l’unité afin de « décider des mesures à prendre » pour éviter de nouvelles agressions, avait précisé à L’OLJ, le vice-président de la fédération Hassan Hammoud.
Un résident de Dhaïra, sous couvert d’anonymat, a confirmé que la femme en question héberge des membres de sa famille qui ont fui la localité, bombardée quasi-quotidiennement dans les échanges de feu opposant le Hezbollah à Israël, depuis le 8 octobre. Selon lui, cette dame se serait effectivement rendue à l'administration pour réclamer des aides que sa famille n'aurait pas reçu.


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