La ministre française de la Culture Rachida Dati s'exprime à l'Assemblée nationale à Paris le 17 janvier 2024. Photo JULIEN DE ROSA / AFP
Tout juste nommée ministre française de la Culture, Rachida Dati, ex-ministre sous la présidence de Nicolas Sarkozy (droite), a confirmé mercredi qu'elle serait candidate aux élections municipales de 2026 à Paris.
« Mon objectif, c'est Paris. Moi, j'ai une volonté, c'est de rassembler tous ceux qui veulent que ça change à Paris, je suis déterminée », a affirmé la ministre interrogée sur la radio RTL, six jours après son entrée surprise au gouvernement, sur une éventuelle candidature pour tenter de faire basculer la capitale française, bastion de la gauche depuis 2001. Avant de répondre par l'affirmative : « Bien sûr, je l'ai toujours dit ».
Transfuge de la droite dans le pouvoir centriste du président Emmanuel Macron, Rachida Dati a pris ses fonctions de ministre de la Culture vendredi dernier à la surprise générale.
Ancienne ministre de la Justice sous la présidence de Nicolas Sarkozy et ancienne eurodéputée, elle est maire du VIIe arrondissement de Paris depuis 2008. Elle s'était déjà lancée dans la course à la mairie de Paris, perdue en 2020 face à la socialiste Anne Hidalgo.
La vitesse avec laquelle Mme Dati a confirmé ses intentions de briguer la succession de Mme Hidalgo a fait réagir, au lendemain d'une conférence de presse du président de la République durant laquelle Emmanuel Macron a assuré ne pas avoir évoqué ce sujet avec elle.
Elle a un peu plus tard annoncé sa démission de la présidence du groupe de droite Les Républicains et apparentés du Conseil de Paris.
« À peine nommée, aucune vision sur la Culture esquissée, et déjà candidate à une élection. (...) La Culture n'est pas un marchepied », a fustigé le premier adjoint (PS) à la mairie Emmanuel Grégoire, qui ambitionne également de devenir maire de Paris.
« Jamais je ne ferai la campagne de Rachida Dati. On est nombreux comme ça », a prévenu un député macroniste parisien, rejetant l'idée d'un ralliement.
Les Républicains auront un candidat aux municipales à Paris « qui ne sera pas Rachida Dati », a assuré de son côté le chef des députés LR Olivier Marleix, en estimant que Mme Dati avait quitté le parti de fait, en rejoignant le gouvernement.
Cette annonce de candidature intervient alors que le président Macron a plaidé pour une réforme de la loi organisant l'élection des maires à Paris, Lyon et Marseille, afin qu'ils soient choisis au suffrage universel direct.
Les élections municipales dans les trois plus grandes villes de France se déroulent aujourd'hui par arrondissements ou par secteurs, et non à l'échelle de la ville. Les conseillers municipaux élus dans chaque secteur élisent ensuite le maire.
Le projet de réforme a été dénoncé par Emmanuel Grégoire comme un « tripatouillage électoral » à deux ans des élections.


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