L'Assemblée nationale éclairée par les couleurs bleu, blanc et rouge du drapeau français, avant le vote des députés sur le projet de loi sur l'immigration à Paris, le 19 décembre 2023. REUTERS/Abdul Saboor
Des organisations de défense des immigrés ont dénoncé mardi un accord politique trouvé au Parlement français sur un projet de loi sur l'immigration, « le plus régressif depuis au moins 40 ans » en France, en déplorant un texte à la « xénophobie décomplexée ».
Députés et sénateurs réunis en commission mixte paritaire (CMP) sont parvenus mardi à un accord sur ce texte controversé, promis depuis un an et demi par le gouvernement et depuis largement durci au Sénat, la chambre haute du parlement français.
Les négociations ont notamment permis de déboucher sur un compromis au sujet des prestations sociales versées aux étrangers, point sensible des tractations politiques depuis lundi, tandis que le texte doit encore franchir l'étape du vote dans les deux chambres du Parlement dans la soirée.
« L'examen de ce texte a peu à peu fait sauter des digues, laissant le champ libre à une xénophobie aujourd'hui complètement décomplexée », ont déploré dans un communiqué commun une cinquantaine d'associations, syndicats et ONG, dont France terre d'asile ou la Ligue des droits de l'homme.
Le texte « n'est ni plus ni moins désormais que le projet de loi le plus régressif depuis au moins 40 ans pour les droits et conditions de vie des personnes étrangères, y compris celles présentes depuis longtemps en France », ont estimé ces organisations, énumérant les mesures emblématiques de la droite avalisées ces dernières heures par le camp présidentiel : rétablissement du délit de séjour irrégulier, enfermement et expulsions de personnes protégées au titre de la vie privée et familiale, refus ou retrait du droit au séjour au motif de menaces à l'ordre public...
« Le gouvernement et les parlementaires qui le soutiennent se sont pliés aux sommations des dirigeants du groupe LR (Les Républicains, droite, NDLR) pour laisser triompher des mesures profondément discriminatoires », estiment ces organisations, appelant encore « à ne pas adopter » le texte.
« Les principes d'égalité, de solidarité et d'humanité, qui fondent notre République, semblent ne plus être aujourd'hui une boussole légitime de l'action gouvernementale », dénoncent-elles.


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