Un drapeau de Bahreïn. Photo d'archives AFP
Les défenseurs d'un opposant politique bahreïni ont annoncé mercredi avoir assigné Interpol, l'organisation internationale de coopération policière, qu'ils estiment responsable de l'incarcération et des sévices subis par leur client dans ce pays du Moyen-Orient.
Ce mercredi, « des avocats représentant le dissident bahreïni emprisonné Ahmed Jaffar Mohammed Ali déposent une plainte civile à Lyon contre Interpol », indique leur communiqué.
Condamné pour des « infractions liées au terrorisme », il avait été arrêté en vertu d'une notice rouge d'Interpol en Serbie, où il avait déposé une demande d'asile, avant d'être extradé en janvier 2022 vers le royaume du Golfe, en dépit d'une mise en garde de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).
« Cette procédure civile concerne la délivrance par Interpol d'une notice rouge contre Ahmed Jaffar (...) en violation des principes directeurs, des règles et des procédures d'Interpol », peut-on encore lire dans le communiqué.
« En conséquence de cette notice rouge, Ahmed Jaffar a été arrêté et ensuite irrégulièrement extradé (...). Il est actuellement détenu dans la très connue prison de Jau, au Bahreïn, où il a été soumis à des tortures, des coups, un traitement inhumain et un refus systématique de soins médicaux », accusent encore les défenseurs de M. Jaffar, dont Me Rodney Dixon.
Dans le communiqué figure un message attribué à M. Jaffar : « Je tiens Interpol pour responsable de mes souffrances inimaginables depuis que j'ai été extradé au Bahreïn ».
La mission d'Interpol, née à Vienne en 1923 et qui y tient actuellement son assemblée générale, est de transmettre au réseau des avis de recherche émis par la justice d'un pays à l'encontre de suspects, ces fameuses « notices rouges », dans le but de faciliter leur interpellation.
Mais derrière ces succès, l'organisation basée à Lyon est régulièrement accusée d'être instrumentalisée par certains Etats pour traquer leurs dissidents.
« Interpol n'est pas impliqué dans la procédure d'extradition », a réagi le secrétaire général Jürgen Stock lors d'une conférence de presse à la veille de l'ouverture de l'AG.
Le général émirati Ahmed Nasser al-Raisi, visé en France par une enquête pour complicité de torture et par une plainte en Autriche pour « torture », concernant le cas de deux Britanniques, a été élu en 2021 à la tête d'Interpol, dans un rôle essentiellement protocolaire.
La plainte en Autriche vise également le cas de M. Jafaar.


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