Le Premier ministre britannique Rishi Sunak lors d'une interview à Boston, dans l'est de l'Angleterre, le 8 novembre 2023. Photo AFP/DARREN STAPLES
Le Premier ministre Rishi Sunak a qualifié mercredi de « provocation et manque de respect » une marche pro-palestinienne prévue samedi, jour de commémoration de l'armistice de la Première guerre mondiale, accentuant la pression sur la police qui refuse de l'interdire.
Malgré l'appel des autorités à annuler cette manifestation, les organisateurs ont maintenu la marche à laquelle des milliers de personnes doivent participer pour demander un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, pilonnée par l'armée israélienne depuis l'attaque meurtrière du 7 octobre menée par le Hamas en Israël.
Rishi Sunak a déclaré qu'il jugerait le chef de la Metropolitan Police, Mark Rowley, « responsable » d'éventuels débordements.
« Il (Mark Rowley) a affirmé qu'il pouvait préserver les commémorations mémorielles ainsi que la sécurité de la population. Maintenant, mon rôle est de le tenir responsable » de cette décision, a affirmé le Premier ministre à la presse lors d'un déplacement dans une école du Lincolnshire (est de l'Angleterre).
Mardi soir, le responsable de la police avait affirmé que la marche ne pouvait à ce stade être interdite car « les renseignements concernant de potentiels troubles graves ce week-end n'atteignent pas le seuil requis pour demander une interdiction ».
« Si cela devait changer, nous avons clairement indiqué que nous utiliserions les pouvoirs et les modalités dont nous disposons pour protéger à tout prix les lieux et les événements d’importance nationale », avait-il ajouté.
En attendant, « nous ferons tout notre possible pour assurer que (les évènements prévus ce week-end) se déroulent sans perturbation », a insisté Mark Rowley mercredi, dans un message sur X (ex-Twitter).
Rishi Sunak doit s'entretenir avec Mark Rowley dans la journée et, il cherchera à obtenir « de nouvelles garanties » sur le fait que la police gérera la manifestation de manière « forte et suffisante », a indiqué son porte-parole.
Il a aussi démenti toute volonté du gouvernement de mettre la pression sur la police qui est « indépendante » dans la conduite de ses opérations.
Néanmoins, plusieurs membres du gouvernement ont appelé le chef de la police à reconsidérer sa position.
La ministre de la Culture Lucy Frazer a estimé que la police devait continuer « d'examiner » les conditions d'organisation de cette marche.
La police a mené des dizaines d'arrestations lors de précédentes manifestations pro-palestiniennes, qui ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes - globalement dans le calme - depuis le 7 octobre dans la capitale, parfois pour des motifs d'incitation à la haine.
Connue pour ses positions très conservatrices, la ministre de l'Intérieur, Suella Braverman, a qualifié ces manifestations de « marches de la haine ».
Le conflit entre Israël et le Hamas a provoqué une forte augmentation des actes antisémites et islamophobes au Royaume-Uni.
« Les cérémonies mémorielles doivent être respectées. Un point c'est tout. Mais la personne à laquelle le Premier ministre devrait demander des comptes est sa ministre de l'Intérieur. Il est lâche de s'en prendre à la police plutôt que de travailler avec elle », a réagi le chef de l'opposition travailliste Keir Starmer sur X.


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