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Société - Reportage/Dans Nos Archives

À Cana, la peur du martyre sans fin

Ce village du Sud a payé un lourd tribut lors des combats qui ont opposé l'État hébreu et le Hezbollah. Aujourd'hui, la crainte qu'il soit de nouveau pris pour cible est prégnante. 

À Cana, la peur du martyre sans fin

Les portraits des victimes du bombardement de Cana de 2006. Photo Mohammad Yassine

(A l'occasion du 28e anniversaire du Massacre de Cana du 18 avril 1996, nous vous proposons à relecture cet article écrit en date du 3 novembre 2023.)« Vous venez faire quoi à Cana ? » lance, d’un ton sec, un client accoudé au comptoir. Il est midi et chez Abou Tony, c’est déjà l’heure de l’apéritif. Le gérant sert à son client une vodka Red Bull, puis ils se figent et dévisagent les intrus. Dans ce village du Sud de 3 500 habitants à majorité chiite, mais qui compte quelques dizaines de familles grecques-catholiques, les nouvelles têtes ne passent pas inaperçues et sont d’emblée prévenues : il faut montrer patte blanche. Ali, le baraqué, est agent de la mairie ; il a un rôle à tenir. Dans un mouvement presque théâtral, il soulève de sa chemise sa chaîne et sa grosse croix en or. « Tout le monde me connaît ici. C’est rare les convertis...
(A l'occasion du 28e anniversaire du Massacre de Cana du 18 avril 1996, nous vous proposons à relecture cet article écrit en date du 3 novembre 2023.)« Vous venez faire quoi à Cana ? » lance, d’un ton sec, un client accoudé au comptoir. Il est midi et chez Abou Tony, c’est déjà l’heure de l’apéritif. Le gérant sert à son client une vodka Red Bull, puis ils se figent et dévisagent les intrus. Dans ce village du Sud de 3 500 habitants à majorité chiite, mais qui compte quelques dizaines de familles grecques-catholiques, les nouvelles têtes ne passent pas inaperçues et sont d’emblée prévenues : il faut montrer patte blanche. Ali, le baraqué, est agent de la mairie ; il a un rôle à tenir. Dans un mouvement presque théâtral, il soulève de sa chemise sa chaîne et sa grosse croix en or. « Tout le monde me...
commentaires (4)

S’il y a une justice dans ce monde, les seuls responsables de ces massacres seraient ceux qui installent leurs artilleries et leur armes dans des lieux publics sachant pertinemment que ce comportement aurait comme conséquences une mort certaine et en masse de ceux qu’ils prétendent défendre. Seulement voilà cette pratique est devenue une arme pour tous les lâches qui se servent des innocents pour pouvoir crier victoire sur leurs cadavres encore chauds et leur édifier par la suite des stèles et des mausolées en serrant la main de leurs géniteurs, épouses et orphelins leur exprimant leurs plus profond chagrin pour leur perte dont ils sont à l’origine.

Sissi zayyat

12 h 50, le 04 novembre 2023

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Commentaires (4)

  • S’il y a une justice dans ce monde, les seuls responsables de ces massacres seraient ceux qui installent leurs artilleries et leur armes dans des lieux publics sachant pertinemment que ce comportement aurait comme conséquences une mort certaine et en masse de ceux qu’ils prétendent défendre. Seulement voilà cette pratique est devenue une arme pour tous les lâches qui se servent des innocents pour pouvoir crier victoire sur leurs cadavres encore chauds et leur édifier par la suite des stèles et des mausolées en serrant la main de leurs géniteurs, épouses et orphelins leur exprimant leurs plus profond chagrin pour leur perte dont ils sont à l’origine.

    Sissi zayyat

    12 h 50, le 04 novembre 2023

  • L'article Omet de préciser qu'en 96, Israel avait riposté à un tir du Ebola. Celui-ci avait VOLONTAIRENT placé sa batterie à proximité d'un camp de réfugiés. Bien sûr, lorsqu'ils ont riposté, les israéliens savaient parfaitement que la batterie n'y était plus et que les victimes seraient des civils. La responsabilité est donc à repartir en 50/50%.En 2006, la responsabilité du Hezbollah est encore plus grande. Nous avons pu voir les images de la batterie de missiles, juste au pied de l'immeuble. Tout le monde sait que l'utilisation de bouclier humain fait partie de la tactique habituelle de la milice iranienne.

    Yves Prevost

    13 h 17, le 03 novembre 2023

  • https://www.lorientlejour.com/article/1009740/massacre-de-cana-colonisation-accords-doslo-shimon-peres-en-quelques-points.html# https://www.lorientlejour.com/article/1009816/massacre-de-cana-un-cauchemar-se-souvient-timur-goksel-ex-porte-parole-de-la-finul.html

    Charles Fayad

    10 h 03, le 03 novembre 2023

  • Il manque le nom de Shimon Peres, l’ancien Premier ministre (travailliste, et Prix Nobel) israélien au moment des faits. C’est très bien d’exhumer tous les faits d’armes déshonorant une armée qui se vante de moralité sans faille. Martyre sans fin, oui mais, c’est aussi le cas d’assez de villages libanais, rasés pendant la guerre civile, en 1976, et 1983, n’ont aucun mémorial, aucune stèle commémorant les morts qui sont tombés. Les survivants vivent aussi la crainte du retour, laissant la place à d’autres récents réfugiés. A lire parfois certains médias, on croit que la guerre civile libanaise n’a fait aucune victime… Pourquoi les noms ont été sont modifiés. Il faut rappeler le nom de Shimon Peres et ses déclarations à l’époque…

    Charles Fayad

    09 h 59, le 03 novembre 2023

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