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« Il est temps de raconter nos histoires »

Chère lectrice, cher lecteur,

Avoir le moral sous le plancher est une chose parfaitement normale en ces temps de guerres tous azimuts qui déploient les horreurs et malheurs chez nos voisins du sud, à nos frontières et dans nos villages au sud, sur les infos, sur nos réseaux, devant nos yeux, sur nos oreilles, sur nos nerfs…

Alors, lorsque la voix nous lâche pour décrire l’indicible, lorsque les discours se brouillent et que la clarté se perd dans le tumulte des informations, la plume est là pour prendre la relève. D’un seul coup de crayon, l’artiste polyvalent Mazen Kerbage a dessiné l’indicible. Il a tracé les contours d’un sac poubelle. En dessous, l’illustrateur a écrit : « Je n’aurais jamais cru voir quelque chose de pire que le corps d’un enfant assassiné, jusqu’à ce que je voie les images d’un père transportant les restes de son fils dans un sac poubelle en plastique. »

« Sans avoir à représenter la moindre trace de violence sur cette illustration, où ne figurent ni sang ni corps démembrés, cette illustration, et les mots de Kerbage nous transportent tout d’un coup au milieu du cauchemar de Gaza », commente Gilles Khoury.

Parce que la musique naît aussi dans les tourments, Abdel Rahman el-Bacha a tenu à garder son rendez-vous avec les mélomanes à la Silk Factory, Fidar.

« Je suis Libanais, pourquoi ne serais-je pas ici avec vous ? », a-t-il lancé avec un naturel désarmant, à l’heure où en cette période si troublée tout n’est que désistements, annulations et reports d’événements culturels, rapporte Zeina Saleh Kayali.

Alors que la rhétorique politique est devenue synonyme de démagogie et de mensonges délibérés, les acteurs culturels ont depuis longtemps compris que cette guerre de l’information se situe aussi dans le contrôle de la narration.

Et le cinéma constitue l’un des moyens les plus efficaces à cet effet. Sous le slogan « Il est temps de raconter nos histoires », FilmLab Palestine a tissé un vaste réseau avec des acteurs culturels basés aux autres coins du monde, assurant ainsi plus de « 90 projections gratuites » de films palestiniens pour faire voir et entendre le vécu de la Palestine et « maintenir des espaces où le vécu, les histoires, les vies et les rêves brisés des Palestiniens sont vus et entendus ».

Bonne lecture !

Maya Ghandour Hert

Cheffe du service culturel 

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