Une femme avec un drapeau iranien peint sur le visage lors d'une manifestation de soutien au mouvement "Femme, vie, liberté". Photo Geoffroy Van der Hasselt/AFP
La plainte pour torture visant le président iranien du Comité national paralympique 2024, Ghafoor Kargari, et déposée à Paris par deux associations le 28 août, a été classée sans suite, a indiqué mardi une source judiciaire.
Le collectif français Femme Azadi et l'ONG suédoise House of Liberty avaient déposé la plainte auprès du Parquet national antiterroriste à l'occasion de la participation de M. Kargari à un séminaire en région parisienne des comités paralympiques. Le 30 août, leur plainte a été classée sans suite pour "infraction insuffisamment caractérisée", a précisé la source judiciaire.
"Nous étudions la possibilité de déposer une plainte avec constitution de partie civile", procédure qui permet d'obtenir quasi systématiquement la désignation d'un juge d'instruction, car "nous considérons que les crimes commis par l'intéressé sont suffisamment documentés", a annoncé à l'AFP l'avocat des deux associations Emmanuel Daoud.
M. Kargari est présenté par les deux associations comme un "ancien commandant et membre éminent de la Force Al-Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique" (CGRI), l'armée idéologique de la République islamique.
Dans leur plainte, consultée par l'AFP, elles accusent le CGRI et le groupe Al-Qods d'avoir été "à la pointe de la répression violente des mouvements pacifiques de lutte pour la démocratie, les droits civiques et l'égalité entre les femmes et les hommes en Iran".
Le dernier mouvement de contestation en Iran a débuté avec la mort en septembre 2022 de Mahsa Amini, arrêtée par la police des mœurs qui l'accusait de ne pas respecter l'obligation du voile.
Des centaines de personnes, dont des membres des forces de sécurité, ont été tuées et des milliers arrêtées au cours des manifestations de l'automne 2022.
Du fait de ses différentes fonctions, les plaignants estiment que M. Kargari, né en 1962, "a nécessairement participé ou s'est rendu complice des actes de barbarie et de tortures perpétrés par ces groupes en Iran" mais aussi "en Azerbaïdjan et plus généralement dans le Caucase et en Asie centrale".
Pour Me Daoud, "ce classement n'explique pas comment cet homme a pu se voir délivrer un visa par les autorités françaises, les ministères des Affaires étrangères et de l'Intérieur, alors que dans le même temps, l'Elysée et le gouvernement soi-disant soutiennent le mouvement de liberté" en Iran.
Fustigeant "l'hypocrisie" de la France, l'avocat espère que les "JO de Paris ne seront pas l'occasion d'un grande lessiveuse des crimes commis (...) contre le peuple iranien et en particulier les femmes".
Le collectif français Femme Azadi et l'ONG suédoise House of Liberty avaient déposé la plainte auprès du Parquet national antiterroriste à l'occasion de la participation de M. Kargari à un séminaire en région parisienne des comités paralympiques. Le 30 août, leur plainte a été classée sans suite pour "infraction insuffisamment caractérisée", a précisé la source judiciaire.
"Nous étudions la possibilité de déposer une plainte avec constitution de partie civile", procédure qui permet d'obtenir quasi systématiquement la...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine