L'ambassadeur israélien à l'ONU Gilad Erdan a accroché une étoile jaune sur sa poitrine lors d'une réunion du Conseil de sécurité, le 30 octobre 2023 à New York. Photo Michael M. Santiago / Getty Images via AFP
L'ambassadeur israélien à l'ONU Gilad Erdan a accroché une étoile jaune sur sa poitrine lundi lors d'une réunion du Conseil de sécurité, assurant qu'il la porterait « avec fierté » tant que le Conseil ne condamnerait pas « les atrocités » du Hamas. « Certains d'entre vous n'ont rien appris ces 80 dernières années. Certains d'entre vous ont oublié pourquoi cette organisation (l'ONU, ndlr) a été créée », a-t-il lancé, dénonçant le « silence » du Conseil de sécurité sur l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien menée le 7 octobre contre Israël.
Le Conseil, profondément divisé, n'a adopté aucune résolution sur la guerre entre Israël et le Hamas. « Alors je vais vous le rappeler. A partir de ce jour, à chaque fois que vous me regarderez, vous vous rappellerez ce que cela signifie de rester silencieux face au mal », a déclaré l'ambassadeur israélien. « Comme mes grands-parents, et les grands-parents de millions de juifs, à partir d'aujourd'hui, mon équipe et moi porterons des étoiles jaunes », a-t-il ajouté en se levant pour accrocher à son costume une étoile jaune frappée des mots « Never again » (plus jamais ça), en référence à l'étoile dont le port était imposé aux Juifs par les nazis.
« Nous porterons cette étoile jusqu'à ce que vous vous réveilliez et condamniez les atrocités du Hamas. » Dani Dayan, le président de Yad Vashem, le mémorial israélien de la Shoah à Jérusalem, a vivement critiqué la démarche. « Nous étions désolés de voir les membres de la délégation israélienne à l'ONU porter une étoile jaune. Cet acte déshonore les victimes de l'Holocauste ainsi que l'Etat d'Israël », a-t-il écrit sur X (ex-Twitter). « L'étoile jaune symbolise l'impuissance du peuple juif et sa dépendance envers les autres. Nous avons désormais un État indépendant et une armée forte. Nous sommes maîtres de notre propre destin. Aujourd'hui, nous accrocherons à notre boutonnière un drapeau bleu et blanc, pas une étoile jaune », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié les attaques du 7 octobre de « pire crime commis contre les juifs depuis l'Holocauste ». Le Conseil de sécurité de l'ONU a exposé ses profondes divisions sur la guerre, rejetant quatre projets de résolutions. Certains textes ont été bloqués notamment par les Etats-Unis, alliés d'Israël, parce qu'ils ne mentionnaient pas le droit d'Israël à se défendre. Un autre présenté par les Américains a été bloqué par la Russie et la Chine notamment parce qu'il ne réclamait pas clairement un cessez-le-feu.
Face à cette impasse, l'Assemblée générale a pris le relais en adoptant vendredi à une large majorité une résolution non contraignante demandant une « trêve humanitaire immédiate », mais ne mentionnant pas le Hamas. Un texte alors qualifié d' « infamie » par M. Erdan. Lors du Conseil de sécurité de lundi, plusieurs intervenants, tout en dénonçant les attaques du Hamas, ont souligné le prix payé par les habitants de la bande de Gaza. « Le siège actuel imposé à Gaza est une punition collective », a notamment dénoncé Philippe Lazzarini, chef de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA)
En Israël, d'après les autorités, plus de 1.400 personnes, essentiellement des civils, ont été tuées, dans une grande majorité lors de l'attaque sanglante du Hamas perpétrée le 7 octobre. Le ministère de la Santé du Hamas a fait état dans son dernier bilan de plus de 8.300 personnes, majoritairement des civils, tuées dans les bombardements israéliens depuis le 7 octobre.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine