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Dernières Infos - Conflit Hamas-Israël

Combats en cours à Gaza, l'ONU craint un effondrement de l'ordre public


De la fumée s'élevant lors d'un bombardement israélien sur la bande de Gaza, le 30 octobre 2023, dans le cadre des combats entre Israël et le mouvement palestinien Hamas. Photo JACK GUEZ / AFP

Le Hamas a affirmé dimanche soir que de « violents combats » sont en cours avec l'armée israélienne dans la bande de Gaza, où l'ONU craint l'effondrement de « l'ordre public » après des pillages de centres d'aide alimentaire.

A l'international, les appels se multiplient pour laisser passer le soutien humanitaire et soulager les civils palestiniens, le président américain Joe Biden appelant à augmenter « considérablement et immédiatement » l'aide à la bande de Gaza. Assiégé depuis le 9 octobre, le territoire palestinien est soumis à des bombardements incessants de l'armée israélienne déclenchés par l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre, inédite par son ampleur et sa violence.

Le Hamas, au pouvoir à Gaza, affirme que plus de 8.000 personnes, majoritairement des civils, ont été tuées dans les bombardements israéliens. En Israël, plus de 1.400 personnes sont mortes depuis le 7 octobre, essentiellement des civils tués le jour de l'attaque du Hamas, selon les autorités.

Les frappes sur la bande de Gaza se sont progressivement intensifiés depuis vendredi soir, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui dit vouloir « détruire les capacités militaires et la direction du Hamas », annonçant samedi une « deuxième étape de la guerre ». Premier soutien d'Israël, les Etats-Unis ont appelé leur allié à « prendre toutes les mesures possibles à sa disposition pour faire la distinction entre le Hamas (...) et les civils », selon un conseiller de la Maison Blanche.

Sur le terrain, le mouvement islamiste palestinien a fait état dimanche soir de « violents combats (...) au moyen d'armes automatiques et antichars » dans le nord de la bande de Gaza, où l'armée israélienne opère au sol depuis vendredi soir. L'armée israélienne avait assuré plus tôt que son aviation, « guidée par des troupes (au sol), avait frappé dans le nord de la bande de Gaza des structures militaires du Hamas », et fait état de tirs de roquettes depuis le territoire palestinien en direction du centre et du sud d'Israël. Un soldat a été grièvement blessé par des obus de mortier dans la nuit de samedi à dimanche et un autre légèrement touché dans les combats, selon l'armée.

Une aide au compte-gouttes 

Depuis le 9 octobre, Israël a imposé un « siège total » à Gaza, interrompant les approvisionnements en eau, électricité et nourriture, alors que le territoire était déjà soumis à un blocus israélien. Dix camions d'aide humanitaire ont pu entrer dimanche via le point de passage de Rafah avec l'Egypte, portant à 94 le nombre de ces véhicules arrivés depuis le 21 octobre, selon le Croissant-Rouge palestinien. Il en faudrait 100 par jour dans ce territoire de 360m2 où s'entassent 2,4 millions d'habitants privés de tout.

L'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens a mis en garde contre un écroulement de « l'ordre public » au lendemain du pillage d'entrepôts et de centres de distribution d'aide alimentaire.

A Rafah (sud), Souleimane al-Houli déplore les scènes de foule devant sa boulangerie: « je suis bouleversé, je ne peux pas donner du pain à tout le monde. La boulangerie ne produit que 30 fournées par heure. C'est bien moins que ce dont les gens ont besoin ». Aïcha Ibrahim, 39 ans, affirme avoir fait la queue devant deux autres boulangeries « depuis 5 heures et demi du matin ».

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak et le président français Emmanuel Macron ont insisté dimanche sur la nécessité d'un « soutien humanitaire urgent à Gaza », selon Downing Street.La Maison Blanche a pour sa part fait  état d'un appel du président Biden à Benjamin Netanyahu dans lequel il « a souligné la nécessité d'augmenter immédiatement et considérablement le flux d'aide humanitaire pour répondre aux besoins des civils à Gaza ». Il a fait de même dans un appel au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

Netanyahu sous pression 

Pour Benjamin Netanyahu, l'objectif de cette guerre est « clair : détruire les capacités militaires et la direction du Hamas », qu'il qualifie d'organisation « terroriste » comme les Etats-Unis et l'Union européenne, et « ramener les otages à la maison », a affirmé M. Netanyahu. Le 7 octobre, en plein Shabbat, le repos juif hebdomadaire, des centaines de combattants du Hamas se sont infiltrés depuis Gaza sur le sol israélien, où ils ont commis l'attaque la plus meurtrière depuis la création d'Israël en 1948. Ils ont pris 239 personnes en otage dont « beaucoup de travailleurs étrangers », selon Israël.

Les proches des otages sont de plus en plus mécontents de l' »incertitude absolue » à laquelle ils sont confrontés, a déclaré Haim Rubinstein, leur porte-parole. Quatre femmes ont été libérées à ce jour. Le Hamas estime à « près de 50 » le nombre de ces otages tués dans les bombardements.

Le ministre israélien de la Défense a accusé dimanche le Hamas de « manipulation psychologique » au sujet des otages après que le mouvement palestinien s'est dit prêt à les libérer en échange des prisonniers palestiniens incarcérés par Israël. Selon le Club des Prisonniers palestiniens, une association qui défend leurs droits, quelque 5.200 Palestiniens sont incarcérés par Israël.

« Lignes rouges » 

Le Croissant-Rouge palestinien a affirmé dimanche que l'armée israélienne avait bombardé à plusieurs reprises les abords d'un de ses hôpitaux à Gaza, provoquant des dégâts et mettant en péril les patients et les milliers de civils venus s'y réfugier. « Nous avons reçu des menaces fermes » d'Israël pour « évacuer immédiatement l'hôpital al-Quds car il allait être bombardé », a déclaré à l'AFP le directeur de l'hôpital, Bachar Mourad.

Le ministère de la Santé à Gaza, dirigé par le Hamas, a signalé 57 attaques contre des installations médicales depuis le début de la guerre. Israël accuse le Hamas de se servir des hôpitaux pour cacher des armes ou des combattants, ce que dément le mouvement palestinien.

La communauté internationale redoute un embrasement régional, alors que le président iranien Ebrahim Raïssi, dont le pays soutient le Hamas, a estimé dimanche qu'Israël avait franchi « les lignes rouges », ce qui « pourrait » décider d'autres parties « à passer à l'action ».

Une des craintes d'embrasement concerne la frontière entre Israël et le Liban, qui a connu dimanche une montée des tensions par rapport aux échanges de tirs précédents entre l'armée israélienne et le puissant mouvement Hezbollah depuis le 7 octobre. L'armée israélienne a rapporté de nouveaux tirs du Liban vers le secteur de Har Dov et Kiryat Shmona et a dit avoir riposté vers l'origine des tirs.

Le Hezbollah a indiqué pour sa part avoir abattu au-dessus du territoire israélien un drone israélien avec un missile sol-air et annoncé la mort d'un de ses combattants. La tension est aussi très vive en Cisjordanie occupée, où cinq Palestiniens ont été tués dimanche par des tirs de l'armée israélienne, selon le ministère de la Santé de l'Autorité palestinienne.

Depuis le 7 octobre, plus de 110 Palestiniens ont été tués par des soldats ou des colons israéliens en Cisjordanie, occupée depuis 1967 par Israël. La situation était déjà tendue avant cette guerre avec de fréquents raids de l'armée israélienne, une recrudescence des exactions par des colons israéliens contre la population palestinienne et des attaques palestiniennes contre les colonies et les forces de sécurité israéliennes.

Le Hamas a affirmé dimanche soir que de « violents combats » sont en cours avec l'armée israélienne dans la bande de Gaza, où l'ONU craint l'effondrement de « l'ordre public » après des pillages de centres d'aide alimentaire.A l'international, les appels se multiplient pour laisser passer le soutien humanitaire et soulager les civils palestiniens, le président américain Joe Biden appelant à augmenter « considérablement et immédiatement » l'aide à la bande de Gaza. Assiégé depuis le 9 octobre, le territoire palestinien est soumis à des bombardements incessants de l'armée israélienne déclenchés par l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre, inédite par son ampleur et sa violence.Le Hamas, au pouvoir à Gaza, affirme que plus de 8.000 personnes, majoritairement des civils, ont été tuées dans les...