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Économie - Conseil des ministres

Report de la question de l’attribution des services postaux à CMA CGM

Sur fond de divergences entre le ministre des Télécoms, Johnny Corm, et la Cour des comptes, le gouvernement a décidé d’entendre le président de l’Autorité des marchés publics, Jean Ellieh.


Report de la question de l’attribution des services postaux à CMA CGM

Le Conseil des ministres, réuni le 19 octobre 2023. Photo Mohammad Yassine

Prévue à l’ordre du jour du Conseil des ministres tenu jeudi, la question de l’approbation du contrat d’attribution des services postaux au groupe Merit invest-Colis privé France, suite à son succès dans l’appel d’offres lancé en juin, a été reportée. Après avoir entendu les points de vue du ministre des Télécoms, Johnny Corm, et du président de la Cour des comptes, Mohammad Badrane, qui divergent sur le sujet, le gouvernement a en effet décidé de convoquer à une prochaine séance le président de l’Autorité de régulation des marchés publics, Jean Ellieh.

Contacté par L’Orient-Le Jour, M. Corm affirme qu’il a lui-même demandé au Conseil des ministres de trancher la question de l’approbation de la signature du contrat avec ce holding de la société CMA CGM, appartenant à la famille du franco-libanais Rodolphe Saadé. « Que le Conseil des ministres prenne au final une décision et en assume la responsabilité », clame-t-il.

Le ministère des Télécoms avait validé, en juillet, l’offre de Merit invest-Colis privé France, et déféré à la Cour des comptes le contrat qu'il avait préparé à cet effet. En réponse, la Cour des comptes a rejeté ce contrat le mois suivant, reprochant au ministre de n’avoir pas fait au préalable une « étude claire sur le marché des services postaux », ni d’avoir accordé une période suffisamment longue pour le dépôt des offres.

Dans les motifs de son refus, la Cour des comptes avait également reproché au ministre d’avoir accepté de confier le marché à un seul offrant, aux spécificités duquel le cahier des charges aurait été adopté. L'instance avait également jugé que les conditions de cet appel d’offres génèrent un manque à gagner de 5 millions de dollars sur 9 ans pour l’État, par rapport aux conditions d’un appel d’offres précédent (mars 2023), qui avait été annulé pour un problème de forme, suite à un avis défavorable de l'Autorité de régulation des marchés publicx.

« Si les motifs liés à l’absence d’autres candidatures et au court délai accordé pour le dépôt d’offres sont défendables, il reste que nous avons dû travailler la procédure dans la contrainte », indique M. Corm. Il fait ainsi référence au fait que l'Etat n'a plus de contrat de gestion du secteur postal avec un prestataire, depuis que le contrat  conclu en 1998 avec Liban-Post, une société détenue par les groupes Saradar et M1  de la famille Mikati, a pris fin en mai dernier, après avoir été renouvelé à vue à partir de 2019.« L’important est de pallier urgemment le vide au niveau du service public. Le secteur des télécoms est au bord de l'effondrement », tonne-t-il.

Pour le ministre des Télécoms, « le choix est soit de signer le contrat avec Merit invest-Colis privé, soit de renouveler celui de Liban-Post, soit encore de créer une société qui serait dirigée par le ministère des Télécoms ». « Cette dernière option est très peu probable, d'autant que l'Etat manque de fonds et d’experts qualifiés dans ce domaine », estime-t-il.

Prévue à l’ordre du jour du Conseil des ministres tenu jeudi, la question de l’approbation du contrat d’attribution des services postaux au groupe Merit invest-Colis privé France, suite à son succès dans l’appel d’offres lancé en juin, a été reportée. Après avoir entendu les points de vue du ministre des Télécoms, Johnny Corm, et du président de la Cour des comptes,...
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