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Moyen-Orient - Repère

Que sait-on au lendemain de l’attaque sur l’hôpital al-Ahli à Gaza ?

L'Orient-Le Jour revient sur les circonstances de l'explosion qui a frappé l’hôpital al-Ahli, mardi à Gaza.

Que sait-on au lendemain de l’attaque sur l’hôpital al-Ahli à Gaza ?

Cette image satellite fournie par Maxar Technologies, prise le 18 octobre 2023, montre les conséquences d’une frappe sur l’hôpital al-Ahli et les environs de la ville de Gaza, le 17 octobre 2023. Photo Satellite Image 2023 Maxar Technologies/AFP

Mardi 17 octobre au soir, une explosion a frappé l’hôpital al-Ahli de Gaza, faisant plusieurs centaines de morts et de blessés. Alors que Palestiniens et Israéliens se rejettent la responsabilité du massacre, revenons sur ce que l’on sait :

- Le nombre de personnes présentes dans l’enceinte de l’hôpital ce 17 octobre au soir :

L’évêque anglican Hosam Naoum, en charge de l’hôpital, a déclaré, selon des propos rapportés par le Guardian, que suite à l’ordre lancé vendredi 13 octobre par l’armée israélienne aux civils palestiniens d’évacuer le nord de la bande de Gaza, nombre de familles avaient cherché refuge dans l’enceinte de l’hôpital. Suite à cet ordre, l’évêque précise que la foule de civils réfugiés dans l’établissement, pourtant situé dans le nord de la bande de Gaza, avait atteint le chiffre de 5 000 personnes. Il n’a pas précisé combien de personnes s’y trouvaient effectivement le 17 octobre.

Le Dr Fadi Naïm, chef du service orthopédique, a lui déclaré à Reuters que mardi matin, plus de 1 000 personnes étaient toujours réfugiées dans l’hôpital, un chiffre qui n’a cessé d’augmenter tout au long de la journée. Un de ses collèges, le Dr Ibrahim al-Naqa, également cité par Reuters, a quant à lui avancé le chiffre de 3 000 civils présents au moment des frappes du 17 au soir.

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- Les avertissements israéliens :

Selon l’évêque Hosam Naoum, samedi 14, dimanche 15 et lundi 16 octobre, l’armée israélienne avait averti l’hôpital que toutes les personnes se trouvant dans l’établissement devaient quitter les lieux.

Le jour de l’attaque, un nouvel avertissement a été adressé à l’hôpital, mais il est arrivé après la frappe meurtrière, précise l’évêque, toujours cité par le Guardian : « L’hôpital a été touché par deux missiles. Nous avons pu constater qu’ils provenaient d’une frappe israélienne sur l’hôpital. Et puis nous avons reçu des avertissements. » Il faut noter que, comme rapporté par Le Monde, l’hôpital avait déjà été la cible de « frappes d’avertissement » israéliennes le 14 octobre, afin d’accélérer l’évacuation. Selon Relief Web, un service lié à l’office de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), cette frappe a fait quatre blessés au sein du personnel médical.

- À quelle heure ont eu lieu les frappes du 17 octobre ?

Selon le Dr Fadi Naïm qui sortait de chirurgie au moment des frappes, celles-ci ont eu lieu à 18h30. Les enregistrements en direct de la chaîne al-Jazeera montrent quant à eux une série de six explosions dans le périmètre de l’hôpital à partir de 18h59.

- Le bilan des victimes :

Le ministère de la Santé de Gaza, lié au Hamas, annonce 471 morts et des centaines de blessés. Ces chiffres sont corroborés par le Dr Gassan Obsitta, présent au moment du drame.

- Qui est responsable des frappes du 17 octobre? Les déclarations des différentes parties :

Le Hamas a accusé sans équivoque les Israéliens d’être responsables du massacre. « Cet horrible massacre a été perpétré à l’aide d’un arsenal militaire américain dont seul l’occupant dispose. » 

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L’armée israélienne a en retour accusé le Jihad islamique d’avoir causé le drame en faisant une erreur lors du lancement d’une roquette.
Des accusations rejetées par le Jihad islamique : « Comme d’habitude, l’ennemi sioniste tente, par la fabrication de mensonges, de se soustraire à sa responsabilité dans le massacre brutal qu’il a commis. »

L’armée israélienne, dans la journée du 18, a évoqué à plusieurs reprises cette frappe, en mettant en avant des « preuves », selon elle, de la responsabilité des factions palestiniennes dans le drame.
Au centre de l’argumentation israélienne : l’absence de cratère significatif sur les lieux de l’explosion. Or, selon l’état-major israélien, ses missiles auraient laissé une large béance sur le lieu de l’impact. Cette réfutation laisse néanmoins de côté le fait que l’armée israélienne emploie depuis plusieurs années des munitions puissantes ne laissant pas forcément ce genre de trace, à l’image des bombes dites « Spike », larguées par drones, dont l’impact est encore plus faible que ce que l’on peut observer à al-Ahli, malgré un pouvoir de destruction conséquent.
L’autre élément avancé par l’armée israélienne consiste en un enregistrement audio dans lequel deux hommes présentés par Israël comme des « terroristes » discutent de la responsabilité du Jihad islamique dans l’explosion. Aucun élément n’a pu être apporté pour authentifier l’enregistrement.

En visite en Israël le 18 octobre, le président américain Joe Biden a déclaré que la frappe reviendrait à une roquette tirée par « un groupe terroriste ». « Sur la base de ce que j’ai vu, il apparaît que cela a été mené par la partie adverse », a déclaré Joe Biden au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, se disant « profondément attristé et choqué ». Les « données » américaines, en provenance du Pentagone, disculpent Israël, a-t-il ajouté un peu plus tard. Un peu plus tard encore, il a imputé la frappe sur l’enceinte de l’hôpital à une « roquette hors de contrôle » tirée par un « groupe terroriste » dans le territoire palestinien. 

En soirée, Adrienne Watson, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche, a déclaré sur son compte X que, selon les premières informations recueillies, « Israël n’est pas responsable de l’explosion survenue hier à l’hôpital de Gaza ». Elle précise que le Conseil de sécurité fonde son « évaluation» sur une « analyse d’images aériennes, de communications et d’informations disponibles au public ».

Les services de renseignements britanniques ont, pour leur part, indiqué ne pas disposer de suffisamment d’informations pour établir une responsabilité claire. Et ont appelé à ne pas désigner de coupable sans étude indépendante et solide.

Si la responsabilité d’Israël venait à être établie, il s’agirait de la 115e occurrence d’une attaque de l’armée israélienne sur une infrastructure de santé à Gaza depuis le 7 octobre, selon l’Organisation mondiale de la santé.

Mardi 17 octobre au soir, une explosion a frappé l’hôpital al-Ahli de Gaza, faisant plusieurs centaines de morts et de blessés. Alors que Palestiniens et Israéliens se rejettent la responsabilité du massacre, revenons sur ce que l’on sait :- Le nombre de personnes présentes dans l’enceinte de l’hôpital ce 17 octobre au soir : L’évêque anglican Hosam Naoum, en charge de...
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ACTE CRIMINEL ISRAELIEN. POINT DE DOUTE. LES LARMES DE CROCODILE DE NETANYAHU SONT DE LA COMEDIE.

LA LIBRE EXPRESSION

09 h 42, le 19 octobre 2023

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Commentaires (5)

  • ACTE CRIMINEL ISRAELIEN. POINT DE DOUTE. LES LARMES DE CROCODILE DE NETANYAHU SONT DE LA COMEDIE.

    LA LIBRE EXPRESSION

    09 h 42, le 19 octobre 2023

  • Assez de mensonges pour se disculper. Israël a ordonné une évacuation de tous les palestiniens au sud de gaza, et a bombardé aveuglément l’hôpital pour accuser le Jihad islamique. Pourquoi le Jihad islamique alors que le très noble Biden accuse le Hamas d’en être l’auteur.

    Mohamed Melhem

    07 h 23, le 19 octobre 2023

  • Bon alors sortez les images … si vous en êtes aussi sûre !!

    Bery tus

    21 h 45, le 18 octobre 2023

  • "... L’armée israélienne a accusé le Jihad islamique d’avoir causé le drame en faisant une erreur lors du lancement d’une roquette ..." - Wow! Une roquette qui peut tuer 471 personnes d'un coup ?!? Mais toutes les armées du monde vont vouloir se procurer ce modèle... Les "services" israéliens ne mesurent donc pas l'incongruité ni l'énormité de leurs accusations bidon?

    Gros Gnon

    21 h 14, le 18 octobre 2023

  • FRAPPE CRIMINELLE ISRAELIENNE. THATS IT !

    LA LIBRE EXPRESSION

    21 h 02, le 18 octobre 2023

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