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Société - Guerre Hamas/Israël

Tensions au Liban : l’anxiété de la diaspora

Certains expatriés ont annulé leur voyage, d’autres craignent que leurs parents ne se retrouvent bloqués près d’un champ de bataille.

Tensions au Liban : l’anxiété de la diaspora

Une scène à l'Aéroport international de Beyrouth. Photo João Sousa

L’onde de choc est palpable, au Moyen-Orient et au-delà, depuis que la guerre entre le Hamas et Israël s’est intensifiée cette semaine. Et la perspective d’une implication du Liban dans ce conflit suscite l’inquiétude de la diaspora libanaise, alors que depuis dimanche dernier les échanges de tirs entre le Hezbollah et l’armée israélienne près de la frontière ont causé des pertes des deux côtés. La tension monte donc et de nombreux Libanais estiment que leur pays est sur le point de basculer dans une guerre similaire à celle de 2006.

Rien de nouveau toutefois pour ceux originaires du Liban-Sud. « Nous avons vécu plus d’une guerre », lâche tout-de-go Ali Katour, qui réside actuellement au Gabon. Sa famille, elle, vit toujours à Tyr. « Nous ne souhaitons évidemment pas la guerre mais, quand une guerre éclate, nous sommes prêts moralement à affronter tout ce qui peut arriver », dit-il. « Nous comprenons ce que signifie une opération ennemie au Liban et nous n’avons pas peur », ajoute celui qui gère un site d’actualités consacrées à la diaspora libanaise et possède une entreprise d’électronique. Lui qui a quitté le Liban en 2004, alors qu’il était âgé de 22 ans, l’assure : « Au Liban-Sud, des missiles sont tombés sur nos maisons. Nous y sommes habitués ». Et d’ajouter : « En tant qu’habitants du Liban-Sud, nous considérons que la Palestine est également notre cause et nous sommes prêts à soutenir nos frères ».


L'attente de l’inconnu

À Paris, Hayan Abdallah, 29 ans, se dit rivé aux chaînes de télévision libanaises et aux journaux, suivant attentivement les dernières mises à jour sur la situation au Liban, où il est né. Originaire de Khiam, à la frontière-sud, le jeune homme a grandi à Saïda. Depuis samedi dernier, dès l’offensive du Hamas contre Israël, il est en contact permanent avec ses proches. « Ce qu'il se passe en Palestine et les perspectives de ce qui pourrait arriver au Liban sont choquantes et sans précédent », confie-t-il à L’Orient Today.

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Lundi, plusieurs habitants de Khraybé, une autre ville frontalière du sud, ont confirmé avoir été touchés la veille par des tirs israéliens. Dimanche matin, les forces israéliennes avaient en effet riposté à l’attaque du Hezbollah sur les fermes de Chebaa, par un barrage d’artilleries sur la localité de Kfarchouba. Dès qu’il entend que des bombardements ont eu lieu à la frontière, Hayan Abdallah appelle ses proches.

S’il garde un œil attentif sur tous les médias, il évite néanmoins les réseaux sociaux « pour préserver ma santé mentale et réduire le stress », explique-t-il. « Sur les réseaux, tout va dans tous les sens, surtout en Europe ». Malgré l'angoisse, qu’il compare à une « attente de l’inconnu », Hayan Abdallah croit que le Liban ne plongera pas nécessairement dans une guerre à grande échelle avec Israël. Il n’a pas de plans immédiats pour sortir ses parents du pays. « Mais nous devons voir comment les choses évoluent car, on ne sait jamais, les choses peuvent changer à tout moment », dit-il.

Alors qu’il prévoyait de rendre visite à sa famille au Liban cet automne pour un mois, Hayan Abdallah a annulé son voyage avant même l’aggravation des tensions. « Je suis content de ne pas y être allé », dit-il. Pourtant, « j’aimerais être plus proche de ma famille en ces temps, sans avoir à seulement communiquer par téléphone avec eux ».


Les infos au coucher et au réveil

« Ceux qui vivent à l’étranger perçoivent les mauvaises nouvelles plus intensément que ceux qui vivent au cœur de l'événement », confie Amal Daher, 38 ans, qui vit à Dubaï depuis deux ans. « Nos cœurs souffrent pour nos familles restées au pays ». Celle d’Amal Daher habite Beyrouth. « Nous regardons les informations avant de nous coucher et dès que nous nous réveillons, puis nous prenons des nouvelles et ils nous disent de ne pas nous inquiéter ». Ses parents et beaux-parents sont âgés, et l’idée de les évacuer en cas de guerre est une perspective difficile. « Ils refuseront de quitter le Liban dans tous les cas », assure-t-elle.

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L’attaque récente d’Israël sur Chebaa, la ville natale de son mari, a accru son anxiété. « Nous surveillons attentivement ce qu’il se passe là-bas. Le poste d’observation juste en face de la maison familiale de mon mari a été frappé », explique-t-elle. Maintenant que la famille vit dans l’ombre de la peur, ils essaient « de convaincre la femme de mon frère, qui est en visite au Liban, de rentrer à Dubaï », ajoute-t-elle.

« Je me sens mal d’être à l’étranger »

Nadida Raad, 35 ans, vit en Belgique. Elle a quitté le pays il y a un an et demi en raison de la crise. Sa famille est originaire de Tripoli, au Liban-Nord, une ville qui pourrait être moins directement exposée par le conflit. Quoi qu’il en soit, elle ressent une anxiété constante concernant l’escalade potentielle de la guerre. « Depuis que la situation s’est tendue, je consulte les informations, soit sur Instagram, soit sur des publications en ligne, ou je demande conseil à des amis ayant une meilleure compréhension du paysage politique pour avoir un aperçu de ce qui pourrait se produire », explique-t-elle.

Malgré les circonstances, elle a réservé un billet pour le Liban avec l’intention de rendre visite à sa famille et à ses amis pendant les vacances de Noël à la mi-décembre. « Je suis terrifiée à l’idée d'y aller, bien sûr, mais je rends toujours visite quoi qu’il arrive. Je me sens mal d’être à l’étranger maintenant ». Cependant, ses parents ont peur et sa mère tente déjà de la dissuader. « On peut s’attendre à tout en temps de guerre – et si l'Internet était coupé et que je ne pouvais plus contacter mes proches ? », s’inquiète-t-elle. Quant à la possibilité d’aider ses parents à fuir le Liban en cas de guerre, Nadida Raad n’en a pas les moyens. « Je n’ai pas travaillé ici assez longtemps pour pouvoir faire venir quelqu’un », explique-t-elle.

Le même dilemme s’applique à ses sœurs : l’une vit au Canada, l’autre en Irlande. Elles non plus ne peuvent aider leurs parents à s’échapper en cas de guerre. Malgré tout, « nos parents vieillissent, sont seuls (au Liban) et refuseraient de partir », dit-elle. « Ils ne considéreront même pas quitter Tripoli, sans parler du pays. Pour eux c’est hors de question ».

L’onde de choc est palpable, au Moyen-Orient et au-delà, depuis que la guerre entre le Hamas et Israël s’est intensifiée cette semaine. Et la perspective d’une implication du Liban dans ce conflit suscite l’inquiétude de la diaspora libanaise, alors que depuis dimanche dernier les échanges de tirs entre le Hezbollah et l’armée israélienne près de la frontière ont causé des pertes des deux côtés. La tension monte donc et de nombreux Libanais estiment que leur pays est sur le point de basculer dans une guerre similaire à celle de 2006. Rien de nouveau toutefois pour ceux originaires du Liban-Sud. « Nous avons vécu plus d’une guerre », lâche tout-de-go Ali Katour, qui réside actuellement au Gabon. Sa famille, elle, vit toujours à Tyr. « Nous ne souhaitons évidemment pas la guerre mais, quand une guerre...
commentaires (6)

Effectivement les informations sont 'braisées" en ce moment et ça risque de rôtir bientôt si H.N. décide de faire monter les enchères. On récolte ce qu'on sème

Bob

17 h 14, le 15 octobre 2023

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Commentaires (6)

  • Effectivement les informations sont 'braisées" en ce moment et ça risque de rôtir bientôt si H.N. décide de faire monter les enchères. On récolte ce qu'on sème

    Bob

    17 h 14, le 15 octobre 2023

  • Informations biaisées ( et non "braisées"! ) Mille excuses!

    Politiquement incorrect(e)

    16 h 59, le 15 octobre 2023

  • Les Libanais expatriés souffrent du syndrome du survivant. A cela s'ajoute leur exaspération face à l'incompréhension et aux commentaires des citoyens du pays d'adoption, abreuvés par les informations braisées des médias locaux!

    Politiquement incorrect(e)

    16 h 40, le 15 octobre 2023

  • Israël, depuis sa création en 1948, fait exactement au peuple palestinien ce que Hitler et les Nazis lui ont infligé ! Et l'Occident, englué dans sa mauvaise conscience et une honteuse incapacité...laisse faire...Irène Saïd

    Irene Said

    11 h 18, le 15 octobre 2023

  • Je tiens responsable tous les pays occidentaux et les USA pour ce qui se passe au Liban, pays de mes ancêtres et d’où mon épouse est originaire. Je tiens ces pays responsables qui ont été la cause de la création du Hezbollah et de son armement en ne reconnaissant pas la Palestine comme un état souverain sur ses terres. Les sionistes provocateurs par leurs extensions des terres palestiniennes qu’ils grignotent s’en foutent de ce que peuvent dire et penser tous les états amis qui ont reconnus Israël et qui l’aident en l’armant à outrance pour continuer à terroriser le peuple palestinien qui au début, se défendait avec leurs frondes armées de pierre contre la sophistication de l’armement d’israel considérée comme la première puissance mondiale en armement et en soldats, puisque tout israélien est un militaire qui sert Israël en temps de guerre et comme réserviste prêt toujours à répondre à la cause sioniste pour bombarder aveuglément toute approche de défense contre l’extension sioniste.

    Mohamed Melhem

    07 h 01, le 15 octobre 2023

  • Sentiments tout Ça fait normaux }

    Chucri Abboud

    02 h 50, le 15 octobre 2023

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