Impact d'une explosion lors d'une frappe sur Gaza, le 12 octobre 2023. Mahmud HAMS/AFP
Les affrontements ont déjà fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.
Voici ce que l'on sait du conflit:
L'attaque
Le Hamas, mouvement au pouvoir dans la bande de Gaza depuis 2007 souhaitant la destruction de l'Etat d'Israël, a lancé son attaque le 7 octobre à l'aube, en plein Shabbat, le repos hebdomadaire juif, 50 ans et un jour après le début de la guerre israélo-arabe de 1973.
Les Brigades Al-Qassam, la branche militaire du Hamas, ont déclenché l'opération "déluge d'Al-Aqsa" pour "mettre fin aux crimes de l'occupation", en référence à l'occupation depuis 1967 par Israël de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, où se trouve l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam qui abrite la mosquée Al-Aqsa.
Le mouvement islamiste palestinien a tiré des milliers de roquettes sur Israël, se frayant un passage à coup d'explosifs et bulldozers à travers la barrière séparant Gaza du territoire israélien, pour attaquer positions militaires et civils.
Les combattants du Hamas, passés aussi par la mer et les airs, se sont emparés d'équipements militaires, s'infiltrant dans des zones urbaines d'Israël et des kibboutz (villages agricoles collectivistes), jusqu'à une vingtaine de kilomètres de la bande de Gaza, une enclave pauvre peuplée de 2,4 millions d'habitants et soumise à un blocus israélien depuis plus de 15 ans.
Le Hamas a appelé "les combattants de la résistance en Cisjordanie" occupée ainsi que "les nations arabe et musulmane" à rejoindre son combat.
Réponse d'Israël
Engagé dans l'opération "Sabre de fer", Israël a multiplié les bombardements sur la bande de Gaza en représailles.
Le pays a mobilisé 300.000 réservistes et déployé des dizaines de milliers de soldats autour de l'enclave. Il dit avoir frappé Gaza avec 4.000 tonnes d'explosifs depuis le début de la guerre.
L'objectif est la "liquidation" des hauts dirigeants militaires et gouvernementaux du Hamas, selon l'armée, qui dit se préparer à une possible offensive terrestre.
L'armée israélienne a notamment donné vendredi un ordre de "relocalisation" de quelque 1,1 million d'habitants du nord de la bande de Gaza vers le sud. L'ONU a réclamé à ce que l'ordre soit annulé et le Hamas l'a rejeté.
Le Parlement israélien a également entériné la formation d'un gouvernement d'urgence et d'un cabinet de guerre.
A la tête de ce gouvernement d'urgence, composé de Benny Gantz, un leader de l'opposition, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis que le Hamas serait "écrasé".
Il avait imputé au Hamas, mouvement qualifié d'organisation terroriste par les Etats-Unis et l'Union européenne, une "sauvagerie jamais vue depuis la Shoah".
Le chef de l'opposition israélienne, Yaïr Lapid, a pour sa part accusé le gouvernement d'un "échec impardonnable" pour ne pas être parvenu à empêcher l'attaque du Hamas.
L'armée israélienne continue de pilonner Gaza vendredi et des centaines de roquettes ont été tirées depuis la bande de Gaza en riposte, selon une journaliste de l'AFP.
Morts, disparus et rapatriements
En Israël, plus de 1.300 personnes ont été tuées, parmi lesquelles de nombreux civils et au moins 258 soldats, selon les autorités.
Côté palestinien, le bilan des bombardements s'est alourdi vendredi à 1,537 morts, dont 500 enfants, d'après les autorités de Gaza. Le Hamas a indiqué que deux de ses responsables avaient été tués par des frappes.
L'armée israélienne a affirmé avoir récupéré les corps de 1.500 combattants du Hamas autour de Gaza.
De nombreux ressortissants étrangers ont également péri dans les affrontements et beaucoup d'autres sont portés disparus.
Selon l'armée israélienne, environ 150 personnes, Israéliens, étrangers et binationaux, ont été enlevées par des combattants du Hamas.
Le Hamas avait menacé lundi d'exécuter des otages israéliens "chaque fois que notre peuple sera pris pour cible sans avertissement" par des frappes israéliennes.
Certains pays ont entamé des opérations de rapatriement de milliers d'étrangers bloqués en Israël et dans les territoires palestiniens.
Frappes sur le Liban et la Syrie
A sa frontière nord, l'armée israélienne a bombardé mercredi des villages frontaliers dans le sud du Liban, en riposte à de nouveaux tirs de roquettes du Hezbollah pour venger la mort lundi dans un bombardement israélien de trois de ses militants.
Washington averti le Hezbollah de ne pas ouvrir un "deuxième front".
Les Etats-Unis "doivent contrôler Israël" s'ils veulent éviter une guerre régionale, a déclaré vendredi le chef de la diplomatie iranienne, Hossein Amir-Abdollahian, en visite à Beyrouth, affirmant que l'Iran voulait préserver la sécurité du Liban.
En outre, des frappes israéliennes ont mis hors service jeudi les aéroports de Damas et Alep en Syrie, selon la télévision d'Etat syrienne.
Mardi, l'armée israélienne avait annoncé avoir tiré des obus sur la Syrie à partir du plateau du Golan en riposte à des "tirs" de projectiles sur ce territoire occupé par Israël depuis 1967.
Réactions
Le président palestinien, Mahmoud Abbas, qui a rejeté le "meurtre de civils des deux côtés", a exigé "la fin immédiate de l'agression" contre le peuple palestinien.
L'ordre donné par Israël aux Palestiniens de se déplacer vers le sud de la bande de Gaza est "un transfert forcé" et constitue "un crime qui dépasse l'entendement", a estimé vendredi le patron de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit.
Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, a promis à Tel-Aviv que les Etats-Unis soutiendraient "toujours" Israël, Washington ayant notamment déjà déployé un porte-avions en Méditerranée orientale et promis au pays d'autres équipements de défense.
M. Blinken a entamé vendredi une tournée dans six pays arabes (Jordanie, Qatar, Bahreïn, Arabie saoudite, Emirats et Egypte) pour faire pression sur le Hamas et évoquer les moyens de faire face à la crise humanitaire qui menace la bande de Gaza.
Les présidentes de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et du Parlement européen, Roberta Metsola, se rendront vendredi en Israël, pour exprimer la solidarité de l'Union européenne.
Le Brésil, à la tête du Conseil de sécurité de l'ONU, a convoqué pour vendredi une nouvelle réunion de cet organisme.
L'Iran s'est placé en première ligne du soutien à l'attaque du Hamas, tout en rejetant les accusations sur son implication. Le ministre iranien des Affaires étrangères a indiqué jeudi que l'ouverture d'un "nouveau front" contre Israël au Moyen-Orient serait conditionnée aux "actions" de l'Etat israélien dans l'enclave palestinienne.
Situation dans la bande de Gaza
Israël a exclu d'autoriser l'entrée de produits de première nécessité ou d'aide humanitaire à Gaza tant que le Hamas n'aura pas libéré les otages.
Plus de 423.000 personnes ont été contraintes de fuir leurs domiciles dans la bande de Gaza, selon l'ONU, qui a lancé un appel d'urgence aux dons à hauteur de 294 millions de dollars pour venir en aide aux habitants de Gaza et de la Cisjordanie.
Les autorités palestiniennes ont informé de leur côté l'Organisation mondiale de la santé qu'il était "impossible" d'évacuer les patients vulnérables des hôpitaux du nord de Gaza.
L'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a annoncé vendredi le transfert de son centre d'opérations et de son personnel vers le sud de la bande de Gaza, "afin de poursuivre ses opérations humanitaires et le soutien à son personnel et aux réfugiés palestiniens".
Les Nations unies ont rappelé que le siège total de la bande de Gaza par Israël est "interdit" par le droit international humanitaire.
Le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Stéphane Dujarric a fait état d'une situation humanitaire "désastreuse qui devient chaque jour plus grave", soulignant la nécessité de livrer le plus vite possible de l'aide pour les Gazaouis.


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