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Société - Justice

Explosion de Tleil : la Cour de justice interroge deux accusés

Une nouvelle audience est prévue le 10 novembre pour une audition de témoins.


Explosion de Tleil : la Cour de justice interroge deux accusés

Un camion-citerne calciné et de la ferraille abandonnée sur les lieux de l'explosion à Tleil, dans le Akkar, en août 2021. Photo Michel Hallak

La Cour de justice présidée par Souheil Abboud et composée de Jamal Hajjar, Jean-Marc Oueiss, Afif Hakim, et Maya Majed, a procédé vendredi à l’interrogatoire de deux hommes mis en cause dans l’affaire de l’explosion de Tleil (Akkar) : Richard Ibrahim (23 ans) et Gergi Ibrahim (58 ans). L'interrogatoire s'est déroulé en présence de l’avocate générale près la Cour de cassation, Myrna Kallas. A son terme, une nouvelle audience a été fixé au 10 novembre prochain. 

Le drame était survenu dans la nuit du 14 au 15 août 2021, causant la mort de plus de 30 personnes et blessant plus de 100 autres. Cette nuit-là, en pleines pénurie et monopolisation de carburants, des centaines d’individus s’étaient rassemblés autour d’un réservoir situé dans un terrain appartenant au père de Richard Ibrahim, Georges Ibrahim, lui-même neveu de Gergi Ibrahim, pour se servir de l’essence, que l’armée venait de confisquer. Richard Ibrahim et Gergi Ibrahim sont accusés d’avoir volontairement incendié les lieux, au cours d’une rixe avec les habitants de la région accourus pour s’approvisionner en carburants.

La Cour de justice qui se penche sur l’affaire se base sur un acte d’accusation émis en juillet 2022 par le juge d’instruction près la Cour de justice, Ali Araji, contre Gergi et Richard Ibrahim, ainsi que contre six autres personnes, dont quatre sont en fuite. Les deux autres personnes arrêtées, Georges (père de Richard), propriétaire du terrain où se trouvait le réservoir d’essence qui a explosé, et Ali Faraj, (28 ans), propriétaire d’une station d’essence à Wadi Khaled et présumé propriétaire du réservoir, étaient présents vendredi dans le box des accusés pendant l’audience. Il leur est reproché d'avoir stocké le carburant en vue de le vendre au marché noir, un grief pour lequel ils avaient été interrogés en mars dernier.

Un bulldozer pour renverser le réservoir

Richard et Gergi Ibrahim ont été auditionnés en présence de leurs avocats respectifs. Les avocats des victimes étaient également présents, notamment l’ancien bâtonnier de Tripoli, Mohammad Mrad.

Les deux accusés ont nié savoir quelle relation lie Georges Ibrahim et Ali Faraj, affirmant qu’ils ne connaissaient ce dernier que de vue. Richard a indiqué que le 14 août, vers 17h, il avait aperçu une centaine de personnes aux abords du domicile paternel. Selon lui, Pierre, un parent, a alors apporté un revolver, sans qu’il le lui demande. « Je l’ai porté à ma taille pour « frimer » », a-t-il ajouté, assurant qu’il s’est ensuite rendu au village pour participer aux célébrations de la fête de l’Assomption, avant de revenir vers minuit sur le terrain. « J’ai alors demandé à l’officier de l’armée qui s’y trouvait de mettre fin à ce qu’il se passait, mais il a refusé, au motif qu’il avait reçu des instructions de son commandement de vider le réservoir la nuit même », a déclaré Richard Ibrahim. « L’officier a ensuite ordonné à un soldat de déverrouiller le réservoir », a-t-il poursuivi, soulignant que « des rixes ont eu lieu entre les personnes présentes elles-mêmes ». « J’ai alors décidé d'aller chercher un bulldozer pour renverser le réservoir » a-t-il indiqué, affirmant qu’il avait « à peine parcouru une quarantaine de mètres, que le réservoir a explosé ».

Richard et Gergi Ibrahim ont affirmé tous deux qu’ils ne s’étaient pas vus avant l’explosion, contredisant les dires de témoins précédemment entendus par la Cour de justice, selon lesquels Richard aurait demandé de « brûler les présents » en tendant un briquet à Gergi qui l’a aussitôt allumé. Paradoxe : les deux hommes ont indiqué qu’il se trouvaient aux côtés du même officier de l’armée durant une partie de la période précédant l’explosion, mais qu'ils ne s'étaient pas croisés du regard.

Gergi Ibrahim a, pour sa part, réfuté toutes les dépositions qu'il avait précédemment faites devant le juge d’instruction près du Tribunal militaire, Fadi Sawan, auprès duquel l’affaire avait été d’abord déférée. A une question du président de la Cour de justice, Souheil Abboud (président du Conseil supérieur de la magistrature), qui lui demandait s’il confirmait son aveu fait à la justice militaire, selon lequel il avait allumé le briquet, Gergi Ibrahim a répondu par la négative, justifiant ses propos antérieurs par le fait qu’il était sous traitement médicamenteux. « Beaucoup de gens sur place fumaient », a-t-il avancé, soulignant que ses jambes avaient brûlé et qu’il avait été aussitôt hospitalisé.

La Cour de justice présidée par Souheil Abboud et composée de Jamal Hajjar, Jean-Marc Oueiss, Afif Hakim, et Maya Majed, a procédé vendredi à l’interrogatoire de deux hommes mis en cause dans l’affaire de l’explosion de Tleil (Akkar) : Richard Ibrahim (23 ans) et Gergi Ibrahim (58 ans). L'interrogatoire s'est déroulé en présence de l’avocate générale près la Cour de cassation,...

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Viiite viiite! Suspicion légitime!!!

Gros Gnon

23 h 28, le 29 septembre 2023

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Commentaires (1)

  • Viiite viiite! Suspicion légitime!!!

    Gros Gnon

    23 h 28, le 29 septembre 2023

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