Le président turc Recep Tayyip Erdogan pose avec ses ministres et des fonctionnaires lors de la présentation des prévisions économiques à moyen terme à Ankara, en Turquie, le 6 septembre 2023. Murat Cetinmuhurdar/PPO/Handout via REUTERS
La Turquie, en proie à une sévère crise économique, va entreprendre une grande tournée des investisseurs dont beaucoup ont déserté ces dernières années, effrayés par le durcissement du pouvoir et l'instabilité économique.
Le ministre turc des Finances, Mehmet Simsek, a annoncé jeudi le lancement d'une série de rencontres qui débutera cette fin de semaine avec les pays du G20 réunis en sommet en Inde et continuera en Europe et à New York pour l'Assemblée générale des Nations unies.
Simultanément, la Banque mondiale a annoncé son plein soutien à la nouvelle équipe du ministre et de la banque centrale, se disant "déterminée à accompagner la Turquie dans la mise en œuvre de ses politiques" destinées à rétablir la stabilité économique du pays.
"Nous allons au G20 demain puis j'irai en Allemagne juste après. Nous nous rendrons ensuite à New York avec notre président pour des réunions à l'ONU. Il y aura des rencontres avec des investisseurs. Puis nous irons à Londres et en Asie", a déclaré Mehmet Simsek devant des journalistes dont celle de l'AFP.
"Il n'y aura pas un investisseur avec lequel nous ne dialoguerons pas", a promis le ministre, nommé après la réélection fin mai du président Recep Tayyip Erdogan.
Les investissements directs étrangers ont fortement reculé en Turquie ces dernières années alors face à l'effondrement de la monnaie et à l'inflation.
La part d'obligations turques détenues par des obligataires étrangers est désormais inférieure à 1%, contre 20% environ en 2015, selon les statistiques officielles.
L'inflation a atteint 58,9% sur douze mois en août, après avoir reflué en juin à 38,2%. Elle avait culminé à 85,5% en octobre 2022.
Selon les projections publiées mercredi, le gouvernement table sur une inflation à 33% en 2024 puis 15,2% en 2025 et enfin 8,5% en 2026.
Pour endiguer l'inflation, la banque centrale turque a progressivement relevé son principal taux directeur de 8,5% à 25% depuis juin.
Le président Erdogan s'était auparavant opposé au relèvement des taux, affirmant - à rebours des théories économiques classiques - que les taux d'intérêt élevés favorisent l'inflation.
Le chef de l'Etat s'est dit mercredi favorable à la poursuite "d'une politique monétaire restrictive", semblant se ranger à l'orthodoxie de sa nouvelle équipe d'experts sur les taux d'intérêt et soutenir pleinement les options conventionnelles prônées par son ministre des Finances.
Dans ces conditions, la Banque mondiale entend accroître son soutien à la Turquie de 18 milliards de dollars, en supplément des 17 déjà alloués, son représentant à Ankara, Humberto Lopez, estimant dans un communiqué qu'elle va "dans la bonne direction".
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© Agence France-Presse
Le ministre turc des Finances, Mehmet Simsek, a annoncé jeudi le lancement d'une série de rencontres qui débutera cette fin de semaine avec les pays du G20 réunis en sommet en Inde et continuera en Europe et à New York pour l'Assemblée générale des Nations unies.
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