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La diplomatie du papier Q

Il fut un temps où une politique étrangère libanaise aussi active qu’équilibrée gagnait haut la main ses lettres de noblesse dans le concert des nations. En ces temps d’infortune, elle n’a plus d’autre vocation que de réparer à la va-vite les gaffes, bourdes et autres énormités commises par les dirigeants du cru.


Des années durant, l’un de ces derniers, vissé aux AE par la volonté du Hezbollah, s’est ingénié à prendre systématiquement le parti de l’Iran contre l’Arabie saoudite. Le Liban n’y gagnait, bien entendu, que le courroux et les représailles économiques des royaumes pétroliers du Golfe, où travaillent et prospèrent des centaines de milliers de nos concitoyens. À peine rétablis les ponts, un autre pensionnaire du palais Bustros – non moins étranger aux Affaires – se laissait aller, au beau milieu d’un plateau de télé, à qualifier de bédouin l’un de ses contradicteurs saoudiens. De l’envoyer illico à la trappe n’a évidemment pas suffi à dissiper les nuages. Et voilà maintenant qu’une autre Excellence, en charge celle-là de l’Économie, reproche au Koweït sa lenteur à concrétiser, d’un simple trait de plume, sa promesse de financer les silos détruits par la méga-explosion de 2020 dans le port de Beyrouth. À l’heure où le feu n’a pas fini de couver sous la cendre des camps palestiniens, et où plus d’un pays alerte ses ressortissants sur les périls que comporte tout séjour au Liban, revoilà donc la République assignée au fruste rôle de nounou. De nounou débordée. De maritorne s’épuisant à torcher l’auguste arrière-train d’une bande d’indécrottables galopins.

Il fut un temps où une politique étrangère libanaise aussi active qu’équilibrée gagnait haut la main ses lettres de noblesse dans le concert des nations. En ces temps d’infortune, elle n’a plus d’autre vocation que de réparer à la va-vite les gaffes, bourdes et autres énormités commises par les dirigeants du cru.Des années durant, l’un de ces derniers, vissé aux AE par la...