La productrice et journaliste koweïtienne Nadia Ahmad pose pour une photo avec sa fille (Crédit : Page Facebook de Nadia Ahmad)
"Depuis huit mois, je vis une souffrance que je ne souhaite à aucune mère". C'est avec cette phrase que la productrice et journaliste koweïtienne Nadia Ahmad, qui vit au Liban et se bat pour la garde de sa fille de trois ans, a commencé son appel à la justice libanaise pour récupérer la garde de sa fille Roma. Dans un message posté vendredi sur Facebook, elle affirme que son enfant lui a été "illégalement enlevée" par son mari, l'entrepreneur libanais Ali Farhat. Ce dernier conteste la version des faits avancée par son épouse.
Dans une autre publication sur sa page Instagram, Mme Ahmad a partagé une vidéo, datée du 18 avril 2023, montrant un homme portant une petite fille sur ses épaules et s'enfuyant d'un centre de loisirs. La vidéo se déroule ensuite dans la rue, où l'homme, portant la fille, continue de courir vers une voiture et saute sur le siège passager avant que la voiture ne démarre.
La mère, qui est une ancienne co-animatrice de talk-show de la chaîne MBC et co-fondatrice de l'Académie des arts du spectacle LOYAC, a affirmé que le père de l'enfant est entré dans un "centre de jeux où se trouvait ma (sa) fille (...) a arraché mon enfant des bras de sa grand-mère en visite et s'est enfui avec elle, j'ai ensuite été privée d'elle pendant plus d'un mois".
Capture d'écran d'une vidéo semblant montrer un homme portant une jeune fille sur ses épaules hors d'un centre de divertissement. (Crédit vidéo : Nadia Ahmad)
"Remettez la fille à sa mère immédiatement"
"Mon enfant vit des fluctuations, des chocs émotionnels et des intimidations que je ne souhaite à aucun enfant lorsqu'elle est retirée de force d'un lieu qu'elle considère comme sûr, et forcée de rester dans des mains et parmi des visages qu'elle ne connaît pas", a ajouté Mme Ahmad sur Facebook. Elle a expliqué que sa fille lui avait été enlevée pour la première fois le 21 décembre, pendant 35 jours, puis une seconde fois en avril. "Chaque fois que je récupère ma fille, il est évident qu'elle a manqué de soins. Elle a développé une anxiété liée à la séparation, elle s'accroche à moi et refuse de me quitter un seul instant", ajoute la jeune femme.
"Le 6 juillet, j'ai obtenu la garde permanente de ma fille, selon une décision rendue par le tribunal chérié jaafarite. Je n'avais aucune intention de la priver de voir son père et lui ai donc remis Roma, le 10 juillet, sur la promesse qu'elle reviendrait chez moi après plusieurs heures. Mais elle ne m'a toujours pas été rendue, malgré le droit de garde légal et civil qui m'a été accordé".
Une ordonnance rendue par le tribunal jaafarite de Baabda, datée du 5 juillet et consultée par L'Orient Today, déclare que "le droit de la mère à la garde de sa fille, Roma Ali Farhat (...) est évident" jusqu'à l'âge de sept ans, tandis que l'ordonnance "oblige" le père "à remettre" la fille à sa mère "immédiatement".
Les tribunaux musulmans, y compris les jaafarites, font partie du système judiciaire libanais. En vertu de la loi libanaise, ils ont compétence sur le mariage, le divorce, la dot, la pension alimentaire, la garde des enfants et l'héritage des membres des sectes musulmanes. Au sein de la communauté chiite au Liban, les mères ont généralement la garde de leurs filles jusqu'à l'âge de sept ans, après quoi la garde revient au père.
S'adressant au journal koweïtien al-Rai, Nadia Ahmad a indiqué qu'elle-même et M. Farhat étaient séparés depuis novembre, "et depuis lors, il refuse le divorce et ne fait que m'humilier".
Appel à la justice libanaise
"Comment ma fille peut-elle se sentir en sécurité après que je lui ai promis qu'elle reviendrait dans quelques heures, et qu'elle n'est pas revenue depuis onze jours maintenant ?", a également écrit Mme Ahmad il y a trois jours sur Facebook.
Dans une autre vidéo, qu'elle a publiée sur les réseaux sociaux, et qui aurait été prise au poste de police de Batroun (Liban-Nord), on peut entendre Nadia Ahmad réclamer à un officier de voir sa fille, qui se trouve à l'intérieur. "Je me suis rendue au commissariat en pensant que j'allais récupérer Roma", a-t-elle expliqué dans un entretien à la chaîne al-Arabiya.
"J'aimais le Liban de tout mon cœur et j'ai travaillé dans les affaires publiques pour le bien d'un pays que j'aime, a encore publié Nadia Ahmad sur Facebook. Mais comment la justice libanaise peut-elle accepter une telle violation d'une décision judiciaire et la terreur à laquelle ma fille et moi sommes quotidiennement exposées ?"
"Je témoigne de ce qui m'arrive au Liban et au Koweït. L'ambassade est au courant, et tous les organes judiciaires et sécuritaires concernés ont connaissance des détails de cette injustice et de la violence et de l'extorsion auxquelles j'ai été exposée", a conclu la journaliste.
Réagissant aux déclarations de sa femme, Ali Farhat, joint par notre publication, affirme que celle-ci "souffre d'une dépendance aux substances psychotropes, aux stupéfiants et à l'alcool", mais aussi de "déséquilibre mental et de troubles comportementaux". Il déplore ainsi qu'elle laisse leur fille Roma "avec des personnes non fiables". "J'ai tenté de convaincre Nadia de se rendre devant le tribunal compétent, mais elle a refusé (...). Le tribunal a donc pris la décision de protéger ma fille de son comportement et a décidé de me nommer tuteur légal de Roma et de me confier sa garde", explique-t-il, bien que la décision du tribunal jaafarite consultée par L'Orient-Le Jour indique le contraire.
M. Farhat indique que sa femme a "refusé de se conformer à la décision, a enlevé l'enfant et s'est soustraite à la justice, ce qui a engendré une décision de l'emprisonner". Nadia "n'a pas respecté la décision judiciaire, ce qui m'a contraint à récupérer ma fille, en l'absence de sa mère, dans l'un des terrains de jeux pour enfants de Beyrouth. La vidéo qui circule (...) est ancienne. Elle date du 18 avril 2023, période durant laquelle ma fille a été enlevée par sa mère et cachée, ce qui m'a privé de la voir pendant quatre-vingts jours", a-t-il enfin souligné.




Époux exemplaire s'il en est, il a essayéde la débarrasser de ses addictions aux substances psychotropes, aux stupéfiants et à d'alcool", mais aussi de "déséquilibre mental et de troubles comportementaux", par la voie des tribunaux... L'on savait que notre justice était exemplaire mais pas protéiforme, il ne nous reste plus qu' à demander la fermeture des centres spécialisés nos tribunaux se chargeant de tout.
20 h 38, le 24 juillet 2023