Rechercher
Rechercher

Société - Étude

Trois régions du Liban présentent un risque plus élevé d'accidents de la route

Les facteurs expliquant un risque élevé ou faible d'accidents de la route par région n'étant pas totalement clairs, Mme Zein a énuméré certaines causes possibles telles que "le manque d'entretien de la voirie, l'absence d'éclairage public, le comportement (inadéquat) des citoyens sur la route et la circulation massive. "

Trois régions du Liban présentent un risque plus élevé d'accidents de la route

Un accident mortel survenu en 2016 à l'endroit même où le chanteur libanais Georges al-Rassi et sa collègue Zeina Merhebi ont trouvé la mort en août 2022. Photo d'archives al-Marsad

Une analyse des tendances des accidents de route menée par le Conseil national de la recherche scientifique au Liban (CNRS), d'après des données collectées au cours des huit dernières années, a révélé un risque exceptionnellement élevé dans trois régions au Liban, ainsi que sur le littoral. Les trois principales régions présentant un risque élevé d'accidents sont l'agglomération de Beyrouth, les districts de Nabatiyé et de Zahlé, ainsi que les villes côtières de Jounié, Batroun, Tripoli, Jbeil et Tyr.

Risque élevé les vendredis et dimanches
Selon les données présentées dans l'étude, les collisions entre véhicules représentent la plus grande proportion d'accidents, avec une moyenne nationale de 36,2 %. Elles sont suivies par les accidents entre véhicule et moto ainsi que véhicule et piéton, représentant respectivement 34,9 % et 10,7 % du total des sinistres. Par ailleurs, les collisions entre véhicules sont à l'origine du plus grand nombre de morts et de blessés, soit 38,5 % et 45,8 % respectivement.

L'étude montre également que les collisions entre véhicules et motos et celles entre véhicules et barrières représentent chacune 23,1 % des décès. Le pourcentage d'accidents était le plus élevé en hiver, ce qui, selon le rapport, n'est pas surprenant.

Tamara el-Zein, secrétaire générale du CNRS, a déclaré à L'Orient Today que l'étude suggère un risque élevé d'accidents de la route le vendredi - et surtout dans l'après-midi, lorsque de nombreux habitants se rendent dans les montagnes et les villages avant le week-end - et le dimanche, lorsqu'ils retournent en ville avant le début de la semaine de travail.

Etude remise aux autorités
Mme Zein a déclaré que les autorités locales devraient se référer à ces données pour déterminer les "facteurs exacts" à l'origine du risque élevé d'accidents de route dans le Grand Beyrouth, à Nabatiyé et à Zahlé. "Nous avons mis [cette étude] à la disposition des autorités locales, à savoir les municipalités, le ministère de l'Intérieur et le centre de contrôle du trafic, a-t-elle précisé. Sans notre évaluation, les autorités ne peuvent pas déterminer à 100% les facteurs à l'origine du grand nombre d'accidents dans ces régions".

Bien que les facteurs expliquant un risque élevé ou faible d'accidents de la route par région ne soient pas totalement clairs, Mme Zein a énuméré certaines causes possibles telles que le manque d'entretien de la voirie, l'absence d'éclairage public, le comportement (inadéquat) des automobilistes et la circulation dense. Concernant ce dernier facteur, Mme Zein estime d'ailleurs que "Beyrouth présente un risque élevé d'accidents routiers parce qu'elle abrite une grande densité de population : plus l'activité humaine augmente, plus la probabilité d'accidents de la route augmente. À l'inverse, les zones reculées et peu densément peuplées de la Békaa ne représentent pas spécialement pas un point chaud".

Quant aux villes côtières, elles présentent un risque élevé d'accidents car elles sont "connectées aux grands axes du Liban et sont donc considérées comme des artères principales, bordées par une grande activité urbaine, ce qui draine un trafic plus important", selon l'étude. Mme Zein a par ailleurs exprimé sa surprise par rapport aux risques élevés à Nabatiyé. Un résultat dont elle ne peut expliquer la raison. 

Comment l'étude a-t-elle été menée ?
La tendance est basée sur des données collectées au cours des huit dernières années par l'Observatoire libanais des accidents de la route (LOCR), un groupe de recherche du Centre national de télédétection du CNRS.

Mme Zein a affirmé à L'Orient Today que les chercheurs ont recouru à l'intelligence artificielle pour exploiter les données des réseaux sociaux afin de surveiller et d'évaluer les accidents de route au Liban. Les chercheurs ont créé un algorithme selon une "méthode avancée" qui intègre des données précises, à savoir des mots-clés filtrés, provenant de Facebook et de Twitter, qui indiquent les régions où les accidents de la route sont le plus susceptibles de se produire.

La chercheuse a ajouté que les automobilistes prennent souvent des photos des accidents de la route lorsqu'ils passent à proximité, puis les publient sur les réseaux sociaux, un phénomène dont le CNRS a pu tirer profit. La plateforme LOCR a ensuite analysé les données et les a classées par catégories. Mme Zein a toutefois souligné la nécessité d'approfondir l'aspect social de l'étude et d'examiner si l'activité sur les médias sociaux est plus importante dans les zones où un nombre élevé d'accidents de la route a été enregistré.

Une sous-estimation
En août 2022, le chanteur libanais Georges el-Rassi, ainsi que sa collègue Zeina Merhebi, sont décédés alors qu'ils revenaient d'un spectacle en Syrie, lorsque leur voiture a heurté une barrière en béton apparemment dépourvue de signalisation, placée dans le terre-plein central de l'autoroute Beyrouth-Damas. Cet accident avait recentré l'opinion publique sur le problème persistant de la sécurité routière, qui est rarement une priorité au Liban.

Entre 2007 et le début de l'année 2022, 4.259 accidents sont en moyenne signalés annuellement au Liban, tuant en moyenne 519 personnes et en blessant 5.760 par an. Des chiffres probablement en deçà de la réalité, l'Organisation mondiale de la santé ayant constaté que les données d'enregistrement des décès au Liban n'étaient pas "complètes à au moins 80 %". L'institution a récemment estimé que le taux de mortalité routière était près de deux fois supérieur au taux déclaré par l'État. La Banque mondiale a également qualifié ces chiffres de "sous-estimés".

Une analyse des tendances des accidents de route menée par le Conseil national de la recherche scientifique au Liban (CNRS), d'après des données collectées au cours des huit dernières années, a révélé un risque exceptionnellement élevé dans trois régions au Liban, ainsi que sur le littoral. Les trois principales régions présentant un risque élevé d'accidents sont l'agglomération...
commentaires (3)

Le manque de civisme et de discipline est la cause principale ainsi que l absence d autorité policière crédible .

Robert Moumdjian

06 h 03, le 03 juin 2023

Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • Le manque de civisme et de discipline est la cause principale ainsi que l absence d autorité policière crédible .

    Robert Moumdjian

    06 h 03, le 03 juin 2023

  • Et si l’on commençait par le commencement, l’entretien de notre réseau routier vu le nombre de « nids de poule » qui montrent le niveau de désagrégation de nos routes, ce qui peut entraîner une simple éraflure mais aussi des conséquences mortelles, à cela nous avons des policiers ventripotents qui roulent en harley Davidson ou en bolides américains, des années 70, survitaminés mais qui les utilisent mal ou pas du tout, occupés qu’ils sont à échanger sur les réseaux sociaux (très tendance !!) Mais vu les salaires , inversement proportionnels à leur physique, qui leur sont attribués!!!En outre la nouvelle mode est de rouler sans plaques d’immatriculation, procédé largement répandu qui permet d’éviter tout contrôle et de s’exonérer de tous délits routiers….

    C…

    20 h 49, le 02 juin 2023

  • Votre photo est emblématique de l'incurie et du manque de moyens dediés à la sécurité routière. Ici même, accident mortel en 2016... pour un parapet en béton (pris frontalement) sans aucun doute mal signalé. Depuis cette date, aucun aménagement, et en 2022, c'est au tour de Al-Rassi de rendre l'âme au même endroit. Quelle déliquescence !

    Ca va mieux en le disant

    20 h 06, le 02 juin 2023

Retour en haut