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Moyen-Orient - FOCUS

Une Saoudienne en prison pour avoir réclamé davantage de droits pour les femmes

Arrêtée en novembre dernier, Manahel al-Otaïbi se voit notamment reprocher ses prises de position en faveur de la fin de la tutelle masculine en Arabie saoudite.

Une Saoudienne en prison pour avoir réclamé davantage de droits pour les femmes

Manahel al-Otaïbi célébrant la Journée internationale des droits de la femme, le 8 mars 2022. Photo tirée de son compte Twitter

Une de plus. Une de trop. Manahel al-Otaïbi, engagée sur les réseaux sociaux pour réclamer plus de droits et libertés pour les femmes en Arabie saoudite, a été arrêtée et emprisonnée en novembre 2022 par les autorités locales, a rapporté The Guardian mardi. Parmi les raisons de sa mise en détention, des messages sur ses comptes Twitter et Snapchat demandant la fin de la tutelle masculine sur les Saoudiennes par le biais du hashtag #Societyisready.

La jeune femme, toujours en détention, n’a pour l’instant pas été condamnée. Selon les informations recueillies par le média anglais, elle serait accusée, en plus de son activité sur les réseaux sociaux, d’avoir porté des vêtements jugés « indécents ». Des faits également reprochés à sa sœur, Fouz al-Otaïbi, qui a cependant pu quitter le pays avant son arrestation. Un combat familial pour l'autonomisation des femmes, également partagé par une autre de ses sœurs, Maryam al-Otaïbi, arrêtée, emprisonnée puis libérée en 2017 pour avoir elle aussi contesté les restrictions en matière de tutelle qui pèsent sur les femmes en Arabie. En vertu de la loi saoudienne, ces dernières, contrairement aux hommes, doivent par exemple obtenir l’autorisation d’un tuteur de sexe masculin pour se marier. Et bien que la garde des enfants soit accordée à la mère en cas de séparation, le père reste le seul tuteur légal des enfants. Une situation qui rend extrêmement compliquée la vie des femmes divorcées, notamment pour voyager avec leurs enfants ou déménager à l’étranger.


Deux poids deux mesures

Depuis son arrivée au pouvoir, le prince héritier Mohammad ben Salmane s'est pourtant posé en réformateur progressiste, notamment vis-à-vis de la place des femmes dans la société, en leur accordant le droit de conduire, ainsi que de voyager sans l'autorisation d'un tuteur masculin à partir de 21 ans. Le plan Vision 2030, feuille de route de la monarchie wahhabite concoctée par le dauphin saoudien, prévoit en outre une augmentation de la participation des femmes dans la force de travail. De nouveaux secteurs se sont ainsi ouverts aux personnels féminins, dont la haute fonction publique. Rayanah Barnawi a aussi été la premiere Saoudienne à s’envoler pour l’espace fin mai.

Malgré des réformes, dont la loi relative au statut personnel entrée en vigueur l’été dernier, présentée par les autorités comme une avancée pour les droits des femmes, Amnesty International continue de dénoncer une « législation discriminatoire vis-à-vis des femmes et une absence de débat public dans un espace exempt de liberté d’expression ». Si les Saoudiennes peuvent désormais obtenir une annulation de mariage à travers une décision de justice, les conditions pour l'obtenir restent autrement plus restrictives que pour les hommes qui peuvent décider de mettre fin au mariage de manière unilatérale, à condition « d’informer » leur partenaire. De nombreuses militantes ont par ailleurs été « détenues arbitrairement, interdites de voyage, torturées ou maltraitées en prison, et ont notamment subi des agressions sexuelles », dénonçait l’ONG de défense des droits de l’homme dans un rapport publié début mars. Depuis que le prince héritier est devenu le dirigeant de facto du royaume en 2015, le pouvoir a en effet durci sa politique envers les utilisateurs des réseaux sociaux critiquant le régime. En août 2022, Salma al-Chehab avait été condamnée à plus de trois décennies de prison pour avoir suivi à travers son compte Twitter d’autres comptes critiques envers le régime, et pour avoir retweeté des dissidents et activistes saoudiens. 

Une de plus. Une de trop. Manahel al-Otaïbi, engagée sur les réseaux sociaux pour réclamer plus de droits et libertés pour les femmes en Arabie saoudite, a été arrêtée et emprisonnée en novembre 2022 par les autorités locales, a rapporté The Guardian mardi. Parmi les raisons de sa mise en détention, des messages sur ses comptes Twitter et Snapchat demandant la fin de la tutelle...
commentaires (1)

Apres des millénaires d'obscurantismes ces jeunes Saoudiennes en demandent trop et trop vite. Il n'est pas facile d'ouvrir une société a de nouvelles mœurs du jour au lendemain. Cela prend du temps pour que tout le monde gobe les changement sans créer de chaos social. L'Arabie se modernise et tente de sortir des contraintes du passe sans pour cela verser dans l’extrême contraire comme cela se passe en Europe. S’émanciper ne veut pas nécessairement vouloir dire se dépraver. Donner du temps a MBS et l'Arabie deviendra, avec le temps, un pays plus accueillant. La patience est mère de toutes les vertus.

Pierre Christo Hadjigeorgiou

09 h 30, le 02 juin 2023

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Commentaires (1)

  • Apres des millénaires d'obscurantismes ces jeunes Saoudiennes en demandent trop et trop vite. Il n'est pas facile d'ouvrir une société a de nouvelles mœurs du jour au lendemain. Cela prend du temps pour que tout le monde gobe les changement sans créer de chaos social. L'Arabie se modernise et tente de sortir des contraintes du passe sans pour cela verser dans l’extrême contraire comme cela se passe en Europe. S’émanciper ne veut pas nécessairement vouloir dire se dépraver. Donner du temps a MBS et l'Arabie deviendra, avec le temps, un pays plus accueillant. La patience est mère de toutes les vertus.

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    09 h 30, le 02 juin 2023

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