Rechercher
Rechercher

Lifestyle - instantk

Jour 8 : Et Dieu créa Scarlett Johansson

Premier festival de cinéma au monde, le Festival de Cannes fait tourner les têtes. Il les couronne comme il les fait tomber. Du 16 au 28 mai, tous les regards convergent vers la Riviera où stars, « wanna be » et has been se côtoient et festoient pour l’amour du 7e art. Depuis la Croisette, nous ouvrons grands les yeux et les oreilles. Qui brille sous les flashs, qui est la coqueluche, le talent du jour ? Qui délie les langues, qui rend les autres jaloux et qui est passé inaperçu ? « L’Orient-Le Jour » se glisse entre le tapis rouge et les murmures de café. Voici la pêche du jour. 

Jour 8 : Et Dieu créa Scarlett Johansson

Scarlett Johansson apparaît sur le tapis rouge et le monde retient son souffle un instant. Photo Christophe SIMON / AFP

« À Cannes, il faut parler à tout le monde ! » Telle est la règle d’or sur la Croisette en période de festival. Journalistes, annonceurs, agents et acteurs en devenir s’échangent numéros et e-mails professionnels en espérant tomber sur des personnes « utiles », comme l’explique Camille, chargée de relations publiques pour la presse écrite. Depuis six mois, loin de sa Bretagne natale, elle s’efforce de se créer un réseau pour impressionner sa patronne, une « vraie Miranda Priestley à la française » raconte la jeune femme en fouillant dans un sac de luxe lui ayant coûté deux mois de salaire. Mais parle-t-on vraiment à tout le monde pendant ce festival ? Depuis deux jours, Alina, une femme sans domicile fixe, traîne non loin du parc du palais des festivals. Bavarde et amicale, elle salue les passants qui ne lui jettent même pas un regard. Même sous le soleil étouffant de la Côte d’Azur, la froideur de certains se fait ressentir…

Les invisibles
« Normalement, je dors à côté du palais la nuit, ce qui est impossible pour moi depuis 10 jours », explique celle que personne ne voudrait voir proche du périmètre de sécurité. Les personnes sans domicile fixe s’éparpillent à Cannes pendant la période du festival, les policiers les dirigent indirectement vers les rues les moins fréquentées. On les cache mais ils sont là. Si les films présentés en compétition officielle racontent souvent les atrocités et les non-dits de nos sociétés, les destins tragiques ne sont pas que sur grand écran pendant cette quinzaine… « Vous êtes la première personne à me dire merci, donc merci. » Dans un autre registre, Maria*, femme de ménage à l’hôtel Martinez, travaille d’arrache-pied pour pouvoir subvenir à ses besoins dignement. « Jamais personne ne m’a adressé la parole sauf pour me demander la direction vers la sortie. Si, une fois, une grande actrice blonde, je n’ai plus son nom… Bref, elle m’a dit que j’avais un beau sourire ! » raconte la quadragénaire obligée de prendre deux bus pour pouvoir venir travailler. Cannes, ce sont aussi les petites mains qui rendent la vie si confortable aux puissants. Qui les ignorent royalement. Pour ensuite raconter leurs histoires au cinéma… Logique !

L’acteur Adrian Brody et sa compagne la designer Georgina Chapman. Un couple qui fait jaser... Photo Loic VENANCE / AFP

Eva, tout sauf diva

Loin des histoires de monsieur et madame tout-le-monde, à midi, la presse est conviée pour une séance de questions-réponses avec l’équipe de The Idol, série produite par HBO et dont les deux premiers épisodes ont été projetés la veille en fin de soirée après une montée des marches des plus bruyantes. The Weeknd, chanteur discret au jeu d’acteur correct, rejoint la salle avec appréhension tandis que son acolyte de jeu, Lily-Rose Depp, débarque lunettes de soleil sur le nez. En les retirant, on ne peut que remarquer la ressemblance troublante avec sa mère, Vanessa Paradis. Au bout d’une trentaine de minutes, une poignée de journalistes s’éclipsent discrètement, peu impressionnés par une série descendue violemment par la critique depuis près de 24 heures… À quelques mètres, l’enjeu à l’air moindre pour les organisateurs du nouveau panel de Women in motion de Kering. Au menu, Eva Longoria vient discuter du rôle des femmes et des minorités devant et derrière la caméra. La mythique desperate housewife est une grande habituée du festival où elle vient tous les ans en tant qu’égérie pour L’Oréal. Arrivée sur fond de crépitements de flashs, l’actrice devenue réalisatrice s’installe dans cette suite face à la mer.

Eva Longoria pour Women in Motion. Photo K.R.

Figure du Hollywood engagée, elle dénonce le manque de représentation de personnes issues de communautés marginalisées et les a priori vis-à-vis des femmes réalisatrices. « Si le film d’une femme échoue, on ne lui donnera pas une seconde chance. Si un homme blanc fait couler un long-métrage à 200 millions de dollars, il en aura un deuxième », explique-t-elle devant les 30 journalistes qui encaissent. Un retour possible de Desperate Housewives ? La question brûle les lèvres de tout le monde. « On ne pourrait pas refaire les mêmes choses dans le climat actuel » répond-elle, revenant longuement sur le rôle qui a changé sa vie…

Tapis rouge en délire
Quelques heures plus tard, on retrouve Eva Longoria en bas des marches pour sa toute première montée. Au programme du jour, Hollywood comme il n’existe plus. « J’ai littéralement campé dehors pour ça ! » s’enthousiasme Samantha, fan absolu de Tom Hanks. Venu présenter Asteroid City de Wes Anderson, ce dernier fait oublier son retard en se dirigeant vers une fan zone en délire avant d’apparaître visiblement très irrité, pointant du doigt un membre du staff du festival. Un vif moment de tension qui sera vite partagé dans les médias et sur les réseaux sociaux, ce monsieur a quand même 2 oscars.

Tom Hanks, visiblement très énervé à son arrivée sur le tapis rouge. Photo Antonin THUILLIER/ AFP

 Dans la foulée, Scarlett Johansson, aussi réputée pour sa classe que pour son répondant, débarque après 18 ans d’absence, sublimée dans une robe Prada rose bonbon, clin d’œil à une autre actrice du film qui manque à l’appel, Margot Robbie, qui incarnera Barbie cet été sur le grand écran… Si cette dernière semble occupée, Adrian Brody, lui, ne manque jamais de faire parler de lui. En couple avec Georgina Chapman depuis plusieurs mois, l’ex-femme du producteur déchu Harvey Weinstein… Escándalo ! La presse adore, le public se questionne. Un rien peut devenir une polémique sur ce tapis rouge qui attends une Tilda Swinton qui ne viendra pas et qui se contente finalement, non sans plaisir, de la présence de Steve Carell. « Pas très glam, lui ! » rétorque Martine qui ne se remet toujours pas d’avoir pu photographier une Scarlett Johansson laissant apercevoir un impressionnant tatouage au dos et qui, le soir-même, apparaîtra au bras de son mari, l’humoriste Colin Jost, vêtue d’une robe courte vert citron largement commentée et critiquée par les journalistes de mode anglophones qui ne comprennent pas cette faute de goût et ce revirement (tragique ! ) de situation… Ils s’en remettront.

La sublime actrice Scarlett Johansson arrivant à la projection de « Asteroid City ». Photo Patricia DE MELO MOREIRA / AFP

*Le prénom a été modifié

« À Cannes, il faut parler à tout le monde ! » Telle est la règle d’or sur la Croisette en période de festival. Journalistes, annonceurs, agents et acteurs en devenir s’échangent numéros et e-mails professionnels en espérant tomber sur des personnes « utiles », comme l’explique Camille, chargée de relations publiques pour la presse écrite. Depuis six mois, loin de sa Bretagne...
commentaires (2)

Je sors de la projection d"Asteroid City". Comme foutage de gueule on peut difficilement faire mieux. L'absurde en majuscules. Dire que Johansson a joué (petit rôle) là-dedans prouve que l'on privilégie le metteur en scène au scénario- qui est signé dudit metteur en scène. J'espère que ce film n'obtiendra pas la Palme car, hélas, tous les ans c'est un navet qui est primé--et dont personne ne parle à la sortie en salles!

Lilou BOISSÉ

18 h 22, le 24 mai 2023

Tous les commentaires

Commentaires (2)

  • Je sors de la projection d"Asteroid City". Comme foutage de gueule on peut difficilement faire mieux. L'absurde en majuscules. Dire que Johansson a joué (petit rôle) là-dedans prouve que l'on privilégie le metteur en scène au scénario- qui est signé dudit metteur en scène. J'espère que ce film n'obtiendra pas la Palme car, hélas, tous les ans c'est un navet qui est primé--et dont personne ne parle à la sortie en salles!

    Lilou BOISSÉ

    18 h 22, le 24 mai 2023

  • Vadim et BB ne devraient surtout pas être paraphrasés. Un peu de tact ne ferait de mal a personne.

    Remy Martin

    12 h 06, le 24 mai 2023

Retour en haut