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Culture - Documentaire

Pablo Ruiz : « Appelez-moi Picasso »

Pour célébrer le cinquantenaire de la mort de Picasso, l’ambassade d’Espagne au Liban, en partenariat avec le BAFF, présente en ligne ce dimanche le documentaire « Picasso, l’inventaire d’une vie »*, réalisé en 2014 par Hugues Nancy, et coécrit par Nancy et l’un des petits-fils du peintre, Olivier Widmaier Picasso.

Pablo Ruiz : « Appelez-moi Picasso »

Un documentaire passionné et achevé sur la vie de Picasso. Photo DR

Il y a cinquante ans – le 8 avril 1973 –, disparaissait l’une des figures les plus célèbres de l’art contemporain qui révolutionna les règles de l’académisme pictural et défricha l’art moderne. Commençait alors, ce jour-là, un incroyable inventaire de l’œuvre laissée par le peintre dans ses 11 résidences. Plus de 50 000 œuvres vont ainsi être découvertes entre dessins, peintures, sculptures, céramiques…

Maurice Rheims, commissaire-priseur chargé de l’inventaire, pense alors avoir plusieurs mois de travail devant lui. Il mettra en réalité plus de trois années à répertorier un total de quelque 120 000 pièces, notamment des croquis, esquisses, lithographies, gravures, sculptures, céramiques et peintures de tout format, mais aussi correspondance, collections personnelles, etc. Cette succession « inestimable » va donner lieu à une extraordinaire dation à l’État français à l’origine du musée Picasso à Paris.

120 000 œuvres, une vie prolifique

Le documentaire Picasso, l’inventaire d’une vie dresse, comme son titre l’indique, l’inventaire du legs de Pablo Picasso (le peintre n’ayant pas fait de testament) et de la vie de l’artiste le plus célèbre mais le plus mystérieux du XXe siècle.

Mais l’action d’inventorier ses biens est un beau prétexte pour le synopsis de ce documentaire. Parce qu’il s’agit également de dresser le portrait de toute une vie tumultueuse riche en œuvres, en relations amoureuses et en amitiés, et de dessiner à travers le portrait de l’artiste les traits de grands changements politiques et sociaux. Picasso n’était pas simplement un génie des temps modernes, il était le témoin d’une époque charnière en pleine métamorphose.

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Le film commence ainsi par la voix du narrateur : « Toute sa vie, il a essayé de brouiller les pistes pour se dérober à notre regard, et sa signature a fini par masquer l’œuvre et l’homme. Par la seule interview accordée à la télévision, Picasso a tenté de donner une clef pour comprendre ses peintures, ses sculptures et ses dessins qui ont l’allure d’un journal intime dont il faut tourner les pages pour découvrir Pablo Ruiz, qui est devenu Picasso (du nom de sa mère). » Les scénaristes et le réalisateur invitent donc le spectateur à feuilleter ce journal intime durant 110 minutes et à aller à la découverte de la vie du peintre.

Comme un journal intime

Le film retrace les 3 années de cet inventaire et dévoile, grâce à des témoignages, des photos et des films d’archives, le portrait d’un Picasso secret et son œuvre multiforme.

Toutes les œuvres représentent les étapes du parcours du peintre. Elles révèlent une part de la vie privée de l’artiste, cet homme « férocement libre » qui dévora tel un minotaure toutes celles qu’il a aimées, et croqua les portraits de ces femmes de sa vie, de ses enfants légitimes et des autres…

Comment ce petit garçon d’origine hispanique, né d’un père professeur de dessin, qui a dit son premier mot « lapiz » (crayon) à l’âge de 3 ans et qui dessina à 9 ans des pigeons tel un grand maître, a pu, à l’âge de 14 ans, maîtriser les codes de la peinture classique mieux que Raphaël ? Pourquoi le petit Pablo, choqué à la vue des grands classiques, Vélasquez, Goya et autres, a-t-il entrepris de peindre la réalité, la vraie ? Quand a-t-il décidé d’aller vers Paris et de changer le tournant de sa vie ? Comment, également, était-il devenu le témoin vivant de la Belle Époque, du bouillonnement des idées des guerres qui déchirèrent l’Europe ? Autant de questions auxquelles touche ce documentaire. De même que les différentes périodes de sa peinture, la période bleue comme la glace et comme la mort, suivie par la période rose où Picasso rêve de vie, de maternité. C’est la période de l’académisme, du pointillisme, du cubisme… Ce documentaire tourne les pages d’un incroyable roman-photo riche en archives passionnantes, souvent inédites, dont nombre de photos et films de famille, des entretiens exclusifs et rares avec ses proches et d’autres témoins privilégiés de la succession (Bernard Ruiz-Picasso, Claude Ruiz-Picasso et sa mère Françoise Gilot, Maya Widmaier Picasso, Pierre Daix, Roland Dumas…). Il est, à notre sens, parmi tant de films de fiction et documentaires, le meilleur documentaire réalisé sur la vie de Picasso. Parce que passionnant et achevé.

(*) Pour s’abonner à la projection en ligne du BAFF avant le dimanche 30 avril à 20h (heure de Beyrouth) :

https://beirutartfilmfestival.org/ou Booking@bafflebanon.org

Il y a cinquante ans – le 8 avril 1973 –, disparaissait l’une des figures les plus célèbres de l’art contemporain qui révolutionna les règles de l’académisme pictural et défricha l’art moderne. Commençait alors, ce jour-là, un incroyable inventaire de l’œuvre laissée par le peintre dans ses 11 résidences. Plus de 50 000 œuvres vont ainsi être découvertes entre...
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