Dans une époque en récession sur les valeurs, Raja était la figure de l’honnête homme et de l’homme honnête : de par sa culture, son intelligence, sa noblesse d’esprit, sa générosité de cœur, son dévouement et sa probité morale.
Son sourire badin dissimulait avec peine son immense tendresse, et son humour singulier, même dans les plus tragiques circonstances, semblait railler la vie et défier le destin. Militant de la première heure, il fut brave, courageux, et sut rester discret, modeste... et intègre. Il demeura toujours semblable à l’image façonnée par mes souvenirs d’enfance et de jeunesse, malgré des décennies d’absence où nos rencontres n’étaient plus que le fruit des occasions ou du hasard. Mais même loin du regard, j’avais en moi l’assurance que quelque part un cousin que j’admire et affectionne était toujours là, bien présent sur la terre des vivants.
Quand j’ai su que son état de santé s’était détérioré, j’ai ressenti le besoin d’aller le visiter. Les aléas de la vie et la perfidie du temps m’ont trahi et privé de cette rencontre. La mort a été la plus prompte. Cette scélérate prend toujours le pas sur nos souhaits... et nos regrets.
Que ta noble âme repose en paix, cher Raja.

