Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés hier au centre de Tunis pour réclamer la remise en liberté de plus de 20 opposants au président tunisien, arrêtés ces dernières semaines dans un coup de filet inédit. « À bas le coup d’État. Liberté, liberté pour les détenus », scandaient les sympathisants du Front de salut national (FSN), la principale coalition d’opposition. Bravant une interdiction de manifester et des injonctions de la police, ils ont franchi des barrières de sécurité après une bousculade pour se diriger vers l’avenue Habib Bourguiba, l’artère centrale de Tunis. Cette protestation était organisée au lendemain d’une marche, autorisée, de la grande centrale syndicale UGTT qui a mobilisé plus de 3 000 personnes pour protester contre l’arrestation d’un de ses membres. Le chef de l’UGTT Noureddine Taboubi a rejeté aussi les arrestations d’opposants et appelé le président Saïed au « dialogue » et à des « changements démocratiques et pacifiques ». Ezzedine Hazgui, le père du dirigeant du FSN Jaouhar Ben Mbarek, qui figure parmi les opposants arrêtés, lui-même un ancien prisonnier de la dictature de Zine el-Abidine Ben Ali (1987-2011), a dénoncé un « président (qui) a placé toutes les institutions entre ses mains et divisé le peuple ».
Moyen-Orient
Le président tunisien pressé de libérer des opposants
OLJ / le 06 mars 2023 à 00h00

