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Moyen-Orient - DIPLOMATIE

Guterres appelle à « briser les cycles de l’instabilité » en Irak

Vingt ans après l’invasion américaine qui a plongé le pays dans le chaos, le secrétaire général de l’ONU est venu soutenir les institutions étatiques et le rôle de Bagdad dans la stabilité régionale.

Guterres appelle à « briser les cycles de l’instabilité » en Irak

Le Premier ministre irakien Mohammad Chia el-Soudani a reçu le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres le 1er mars à Bagdad. Photo Iraqi Prime Minister Media Office/Reuters

Lors de sa première visite en Irak depuis six ans, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé hier depuis Bagdad à « briser les cycles de l’instabilité » pour s’engager sur la voie « de la prospérité et de la liberté ». Le déplacement de M. Guterres intervient au moment où l’Irak commémore cette année les 20 ans de l’invasion américaine qui a mené à la chute du régime de Saddam Hussein. « Je suis ici pour une visite de solidarité, pour souligner l’engagement des Nations unies à soutenir l’Irak dans la consolidation de ses institutions démocratiques (...) et des droits humains pour tous les Irakiens », a déclaré M. Guterres lors d’un point-presse, hier, aux côtés du Premier ministre Mohammad Chia el-Soudani.

Évoquant plusieurs dossiers pressants, notamment l’impact du changement climatique, M. Guterres a salué les efforts du Premier ministre pour « relever les défis les plus urgents », notamment « la lutte contre la corruption, l’amélioration des services publics et la diversification économique, afin de réduire le chômage ». Disposant d’immenses richesses en hydrocarbures, l’Irak tire 90 % de ses recettes de sa manne pétrolière, et ses réserves en devises étrangères ont dépassé les 100 milliards de dollars. Mais après des décennies de conflits, le pays souffre encore d’infrastructures en déliquescence et d’une corruption endémique.

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Des dysfonctionnements que des manifestants avaient dénoncés en 2019 lors d’un vaste et inédit mouvement de contestation qui fustigeait également l’influence des factions armées et le chômage des jeunes. Le pays est aussi en proie à une instabilité politique chronique : le Premier ministre actuel a été nommé fin 2022 au terme d’une année de tractations interminables entre les grands partis chiites et des affrontements meurtriers en plein Bagdad survenus en août. M. Guterres, dont la dernière visite en Irak remonte au printemps 2017, a toutefois exprimé hier « l’espoir » de voir le pays « briser les cycles de l’instabilité et de la fragilité » pour s’engager « vers plus de prospérité, de liberté et de paix ».

Stabilité régionale

Le secrétaire général de l’ONU a salué le rôle « central » de l’Irak pour la « stabilité régionale » et « l’engagement du gouvernement pour faire progresser le dialogue et la diplomatie ».

Car Bagdad a lancé une médiation inédite entre l’Iran et l’Arabie saoudite, les deux grands rivaux régionaux. Et si aujourd’hui ces pourparlers piétinent, ils ont donné lieu à plusieurs rencontres fructueuses entre de hauts responsables des deux pays.

De son côté, M. Soudani a souligné les priorités de son gouvernement en matière de « création d’emplois » et de « lutte contre la pauvreté ». « Notre gouvernement a créé une certaine stabilité politique et sécuritaire. Aujourd’hui, l’Irak est une clé de solution dans la région. Il ne fait pas partie du problème sécuritaire et politique », a-t-il martelé.

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En 2003, l’invasion des États-Unis le 20 mars et la chute de Saddam Hussein avaient ouvert en Irak une des pages les plus sanglantes de l’histoire du pays, marquée par une guerre confessionnelle meurtrière puis la montée en puissance des jihadistes du groupe État islamique (EI). Bagdad, soutenu par une coalition internationale, avait annoncé en 2017 sa « victoire » militaire contre les jihadistes.

M. Guterres s’est également entretenu hier avec le ministre des Affaires étrangères Fouad Hussein, et devait rencontrer le président Abdel Latif Rachid et le chef du Parlement Mohammad el-Halboussi, selon la diplomatie irakienne. Aujourd’hui, il visitera un camp de déplacés dans le nord du pays, avant de se rendre à Erbil pour rencontrer des représentants du gouvernement régional du Kurdistan autonome.

Il se rendra ensuite au Qatar, notamment pour le sommet des pays les moins avancés.

Source : AFP

Lors de sa première visite en Irak depuis six ans, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé hier depuis Bagdad à « briser les cycles de l’instabilité » pour s’engager sur la voie « de la prospérité et de la liberté ». Le déplacement de M. Guterres intervient au moment où l’Irak commémore cette année les 20 ans de l’invasion...
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C'EST QUI CELUI-LA ?

aliosha

12 h 42, le 02 mars 2023

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Commentaires (1)

  • C'EST QUI CELUI-LA ?

    aliosha

    12 h 42, le 02 mars 2023

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