Julia Simon en action lors de la poursuite qu’elle a brillamment remportée dimanche pendant les Mondiaux de biathlon à Oberhof, en Allemagne. Christof Stache/AFP
Impatiente, longtemps irrégulière, Julia Simon a su dompter son tempérament de feu pour se faire une place au sommet du biathlon mondial et devenir championne du monde de la poursuite dimanche à Oberhof en Allemagne.
C’est au bout d’une admirable remontée qu’elle est devenue à 26 ans la première Française sacrée championne du monde depuis Marie Dorin en 2016. Partie en dixième position, à plus d’une minute de Denise Herrmann-Wick, victorieuse du sprint jeudi, elle s’est finalement imposée devant l’Allemande, grâce à un tir de haut vol.
La Savoyarde n’a manqué qu’une des vingt cibles qu’elle a visées sur le pas de tir, au dernier tir debout, quand l’Allemande Herrmann-Wick a, elle, tourné à quatre reprises sur l’anneau de pénalité. La Norvégienne Marte Olsbu Roeiseland complète le podium, à 37 secondes (3 fautes).
« Je suis restée concentrée jusqu’au sommet de la grosse bosse, et après, quand Cyril (Burdet, l’entraîneur des Bleues en bord de piste) m’a dit : “C’est bon, tu l’as fait !”, j’ai eu les jambes qui ont commencé à trembler, raconte Simon. C’est incroyable. »
Et elle qui se dit « pudique des sentiments, imperméable aux émotions » n’a pas pu les retenir au moment de s’offrir sa toute première médaille individuelle en grands championnats.
Métamorphose au tir couché
Promesse du biathlon français depuis plusieurs années, Simon, qui a fait ses débuts en Coupe du monde à 20 ans avant de l’investir à temps plein en 2018/2019, a longtemps eu pour marque de fabrique d’être capable du pire comme du meilleur, un jour très bas, le lendemain tout en haut. Une irrégularité qui l’empêchait de jouer les premiers rôles.
Jusqu’à cet hiver. Le facteur X, c’est sa métamorphose au tir couché, fruit d’un travail de longue haleine, et d’efforts considérables sur sa personnalité bouillonnante.
« Pourquoi elle est n° 1 mondiale? Elle skie comme l’année dernière, mais la différence, c’est qu’en termes de stats de tir, surtout couché, elle a gagné quinze points. Il ne faut pas aller chercher ailleurs », résume l’entraîneur de tir des Bleus Jean-Paul Giachino.
« Dans son apprentissage, on ne lui a pas parlé des fondamentaux : la respiration, la visée, le lâché. Elle ne les respectait pas, parce qu’elle n’en avait jamais entendu parler », complète-t-il à propos de celle qui affiche un taux de réussite de 94 % au tir couché depuis le début de la saison.
Johannes Boe impérial
Déjà vainqueur du sprint la veille, Johannes Boe a, quant à lui, offert un récital à l’enthousiaste public d’Oberhof pour signer le doublé en poursuite : sans-faute et ultrarapide au tir, le Norvégien a repoussé à plus d’une minute ses plus proches concurrents, son compatriote Sturla Laegreid (+1:11 avec un 20/20) et le Suédois Sebastien Samuelsson (+1:54 avec 2 fautes). Le maître incontesté du biathlon empoche grâce à ce nouveau triomphe sa troisième médaille d’or depuis le début des Mondiaux après le relais mixte et le sprint.
Source : AFP

