Le drapeau des Nations unies devant le siège de l'organisation à New York, le 4 mai 2020. Photo JOHN NACION/NURPHOTO/AFP
Les Nations unies ont appelé mercredi à "mettre la politique de côté" et à faciliter l'accès aux régions rebelles sinistrées dans le nord-ouest de la Syrie, frontalier de la Turquie, deux jours après le séisme dévastateur qui a frappé les deux pays.
"Mettez la politique de côté et laissez-nous faire notre travail humanitaire", a plaidé dans une interview à l'AFP le coordinateur résident de l'ONU en Syrie, El-Mostafa Benlamlih. "On ne peut pas se permettre d'attendre et de négocier. Si on attend de négocier, ce sera déjà trop tard". "On a besoin d'avoir un libre accès, on a besoin d'avoir tout le soutien", pour aider la population du nord-ouest de la Syrie, a poursuivi M. Benlamlih."Nous avons besoin du soutien de toutes les parties intéressées pour faciliter l'accès, que ce soit dans le Nord-Ouest ou dans le reste de la Syrie (...)", a-t-il ajouté.
Le séisme démultiplie le défi posé aux organisations humanitaires pour venir en aide à la population syrienne, en particulier dans la zone rebelle d'Idleb (nord-ouest). La quasi totalité de l'aide humanitaire destinée aux zones rebelles est acheminée à partir de la Turquie par le point de passage de Bab al-Hawa.
L'ONU avait indiqué mardi que l'acheminement par ce passage était perturbé en raison des routes endommagées, même si la plateforme de transbordement des marchandises et le point de passage lui-même étaient intacts.
Lors d'une conférence de presse par vidéo mercredi, le coordinateur humanitaire régional de l'ONU pour la crise en Syrie Muhannad Hadi a espéré que l'acheminement de l'aide pourrait toutefois reprendre jeudi. "Nous entendons dire que la route est en train de rouvrir", a-t-il indiqué, précisant travailler avec les autorités turques. "Nous espérons que demain, nous pourrons acheminer des choses et traverser la frontière", a-t-il ajouté, précisant que des camions étaient prêts à partir le cas échéant. Il a toutefois noté une incertitude concernant la route côté syrien, évoquant des informations "difficiles à vérifier" sur l'état a priori praticable de la route.
Ce séisme "est la dernière chose dont les Syriens avaient besoin", a-t-il commenté. "Nous sommes dans une situation très difficile, luttant contre le temps pour atteindre la population à temps dans toute la Syrie".
Acheminer de l'aide à partir du territoire syrien contrôlé par Damas est épineux diplomatiquement. Cela suppose aussi que le régime consente à la transmettre aux populations de la zone rebelle et que les belligérants s'accordent sur sa distribution. La Syrie est ravagée par une guerre civile depuis 2011, qui a fait un demi-million de morts, déplacé des millions de personnes et morcelé le pays.


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