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Dernières Infos - Explosion du port

Bitar à L'OLJ : Je ne lâcherai pas l'affaire avant la publication de l'acte d'accusation

Bitar à L'OLJ : Je ne lâcherai pas l'affaire avant la publication de l'acte d'accusation

Le juge Tarek Bitar, en charge de l'enquête sur l'explosion au port de Beyrouth. Photo ANI

Le juge Tarek Bitar, en charge de l'enquête sur la double explosion au port de Beyrouth, et contre qui le procureur général près la Cour de cassation Ghassan Oueidate a engagé des poursuites, a affirmé mercredi à L'Orient-Le Jour qu'il ne lâchera pas l'affaire jusqu'à publier son acte d'accusation, tout en dénonçant une violation criante de la loi. 

"C'est une violation criante de la loi", a déclaré le juge Bitar en réaction aux décisions du procureur Oueidate. "Je compte continuer à rédiger mon acte d'accusation, a-t-il ajouté. Je ne vais pas lâcher l'affaire avant la publication de l'acte d'accusation". Il a cependant précisé que la publication de l'acte "n'est pas imminente". 

Le procureur général a ordonné mercredi la libération des 17 personnes détenues sans jugement depuis l'explosion meurtrière du 4 août 2020 qui avait fauché plus de 220 vies et blessé 6.500 personnes. Tarek Bitar, qui avait décidé lundi de reprendre son enquête suspendue pendant 13 mois en raison de pressions politiques, est poursuivi pour "rébellion contre la justice" et "usurpation de pouvoir". Il est en outre frappé d'une interdiction de quitter le territoire libanais.

"Oueidate s'est désisté du dossier de l'enquête du port et la Cour de Cassation a accepté qu'il se désiste, rappelle le juge Bitar. De plus, j'ai engagé des poursuites contre lui. Il y a donc une suspicion à son encontre". En effet, Le procureur général près la Cour de cassation s’était dès le départ désisté du dossier, au motif qu’il a une relation de parenté avec Ghazi Zeaïter, député mis en cause par le juge Bitar. 

Concernant l'interdiction de voyager qui le frappe, le juge Bitar a indiqué que c'est Abbas Ibrahim, en sa qualité de directeur général de la Sûreté générale qui doit exécuter cette décision, or Abbas Ibrahim "n'a pas le droit de le faire vu que j'ai engagé des poursuites contre lui". 

Mardi déjà, selon une correspondance consultée par l'agence Reuters, Ghassan Oueidate avait fait savoir à Tarek Bitar que son enquête sur la double explosion meurtrière au port de Beyrouth restait suspendue. "Il n'a pas le droit de dire que je ne suis plus sur le dossier. Ma révocation relève de la prérogative du ministre de la Justice et du Conseil supérieur de la magistrature ensemble", assure M. Bitar.

Également contacté par L'Orient-Le Jour, l’ancien président du Conseil d’État Chucri Sader a dans le même sens que le juge Bitar rappelé que le procureur Oueidate s'était récusé. "Oueidate oublie qu’il s’était récusé lui-même et là il veut reprendre la main sur le dossier. C’est du jamais vu dans l’histoire d’un pouvoir judiciaire à l'échelle mondiale", dénonce Chucri Sader. "C’est une véritable tour de Babel, ajoute-t-il. On n'a jamais vu un juge d’instruction attaquer le procureur général et vice versa. Un combat de coqs, qui abouti à quoi ? Cela nuit au pouvoir judiciaire. Ce pouvoir sur lequel on n’a cessé de tirer dessus depuis les années 90, et qui finit par s'effondrer de l’intérieur".


Le juge Tarek Bitar, en charge de l'enquête sur la double explosion au port de Beyrouth, et contre qui le procureur général près la Cour de cassation Ghassan Oueidate a engagé des poursuites, a affirmé mercredi à L'Orient-Le Jour qu'il ne lâchera pas l'affaire jusqu'à publier son acte d'accusation, tout en dénonçant une violation criante de la loi. "C'est une violation criante de...