Des membres de la police judiciaire patrouillent dans le hall de la gare du Nord, le 11 janvier 2023. Photo JULIEN DE ROSA / AFP
Un Libyen en situation irrégulière a blessé six personnes, dont une gravement, avec un poinçon mercredi matin à Paris avant d'être maîtrisé par des policiers au sein de la gare la plus fréquentée d'Europe, qui dessert notamment Londres et Bruxelles.
Les faits se sont déroulés peu avant 06h45 locales (05H45 GMT) gare du Nord, en plein coeur de la capitale française, à une heure de forte affluence. L'agresseur, né en 2000 et arrivé en France il y a trois ans, est sous le coup d'une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) et connu des services de police pour des faits de droit commun, a précisé à l'AFP une source policière.
Les autorités françaises n'expulsent pas vers la Libye en raison de l'instabilité politique qui règne dans ce pays, déchiré depuis la chute du Mouammar Kadhafi en 2012 par des affrontements entre factions rivales, rappelle le ministère de l'Intérieur.
Piste terroriste non confirmée
Aucun élément de l'enquête ne permettait mercredi soir d'évoquer une attaque à caractère terroriste, selon une source proche du dossier. Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a indiqué à l'AFP qu'il était, pour l'heure, "en évaluation".
Six personnes ont été blessées, dont une grièvement. Parmi elles, un policier de la PAF (Police aux frontières) a été légèrement atteint en tentant de maîtriser l'agresseur. Pour une raison encore inconnue, l'homme a blessé plusieurs personnes avec un poinçon, selon une source policière. Des policiers l'ont maîtrisé en faisant usage de leur arme à "trois reprises", selon le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, qui s'est rendu sur place sitôt après l'attaque.
La gare du Nord est la première gare d'Europe et la troisième gare mondiale en termes de flux puisqu'elle accueille 700.000 personnes par jour et plus de 220 millions de voyageurs par an. Les trains au départ desservent le nord de la France, mais également des destinations internationales comme Londres via l'Eurostar, ou la Belgique et les Pays-Bas via le Thalys.
Pronostic vital engagé
L'assaillant, dont le pronostic vital est engagé, a été hospitalisé, selon le parquet. Il est blessé au bras et au poumon. Le ministre a précisé qu'un des policiers qui sont intervenus était en civil et hors service, mais portait son arme comme il en a l'autorisation.
Selon une source policière, deux policiers de la PAF étaient en patrouille au niveau de l'escalier d'accès à l'Eurostar au moment des faits. L'un d'eux a tenté de ceinturer l'agresseur qui l'a blessé avec son poinçon. Son collègue est alors intervenu en utilisant son arme, tandis que le policier en civil, alerté par le bruit, est aussitôt arrivé et a tiré également sur l'assaillant. Une enquête pour tentative d'assassinat a été ouverte par le parquet de Paris.
Pas de papiers
L'identification de l'auteur a pris du temps car, dépourvu de papiers d'identité, il a donné une fausse identité aux policiers qui l'ont maîtrisé. Le ministre de l'Intérieur a affirmé qu'il n'avait rien formulé oralement lors de l'attaque. Le trafic de la gare n'a pas été interrompu par l'agression.
M. Darmanin avait réagi immédiatement sur Twitter en écrivant: "Merci aux forces de l'ordre pour leur réaction courageuse et efficace", avant de se rendre sur les lieux, comme la maire de Paris Anne Hidalgo et la procureure de Paris Laure Beccuau. En février 2022, la gare du Nord avait été le théâtre d'une scène semblable. Un homme s'était précipité avec un couteau à la main sur des policiers qui l'avaient mortellement blessé. Sur le couteau était écrit "ACAB" ("All cops are bastards", "tous les flics sont des bâtards").


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