Cristiano Ronaldo regardant son nouveau maillot lors de sa présentation officielle dans le club d’al-Nassr, mardi au Mrsool Park Stadium de Riyad. Jorge Ferrari/AFP
« Je suis prêt à jouer et j’espère que le coach me mettra sur le terrain dès le prochain match. » Lors de sa présentation à la presse, mardi à Riyad, le désormais ex-Mancunien avait d’ores et déjà annoncé la couleur : le plus tôt sera le mieux.
Pressé de chasser les mauvais souvenirs accumulés sous le maillot des Red Devils et de la Seleçao ces derniers mois, Cristiano Ronaldo n’avait pas caché son désir de débuter le plus rapidement possible sa nouvelle aventure saoudienne.
À commencer par le match à domicile contre al-Ta’ee initialement prévu jeudi et reporté à vendredi en raison des récentes intempéries qui ont secoué la capitale.
Problème de quota
Mais le Portugais, dont le contrat jusqu’en juin 2025 est estimé à 200 millions d’euros, est loin d’être le premier joueur étranger à rejoindre les rangs d’al-Nassr. Depuis sa signature, officialisée ce mardi, le club de Riyad en compte désormais neuf et dépasse ainsi le quota fixé par la Fédération saoudienne de football qui limite le nombre de joueurs étrangers par équipe à huit.
« Al-Nassr ne l’a pas encore enregistré car il n’y a pas de place vacante pour un joueur étranger », a déclaré un responsable du club sous couvert d’anonymat, n’étant pas autorisé à parler aux médias.
« Un joueur étranger doit partir pour que Ronaldo puisse être enregistré, soit à travers un transfert, soit une résiliation de contrat par consentement mutuel. »
Parmi les joueurs étrangers d’al-Nassr figurent le gardien de but colombien David Ospina, le milieu de terrain brésilien Luiz Gustavo ou encore les attaquants brésilien Anderson Talisca et camerounais Vincent Aboubakar.
Selon des médias saoudiens, le milieu de terrain ouzbek Jalaluddin Masharipov est le plus susceptible de céder la place au quintuple Ballon d’or et quintuple lauréat de la Ligue des champions.
« Des négociations sont en cours sur la vente de l’un des joueurs, mais elles ne sont pas encore entrées dans la phase finale », a indiqué un autre responsable du club, en confirmant que le joueur portugais n’avait toujours pas été enregistré jeudi après-midi, quelques heures avant le match prévu contre al-Ta’ee.
La rencontre a néanmoins été reportée à vendredi en raison d’une « panne électrique », selon les autorités.
Une suspension toujours valable ?
Les responsables d’al-Nassr n’ont pas voulu s’exprimer sur la sanction imposée en novembre à Ronaldo. Le joueur avait été suspendu pour deux rencontres après avoir fait tomber le téléphone portable d’un jeune fan à l’issue d’une défaite contre Everton.
Cette suspension, décidée par la commission de discipline de la Fédération anglaise, s’appliquera au nouveau club et au championnat, quel que soit le pays, choisi par Ronaldo, avait précisé la Fédération. Mais la formation saoudienne ne semble guère se soucier de ce rappel à l’ordre.
Accueilli mardi par 25 000 spectateurs au stade Mrsool Park de Riyad, Cristiano Ronaldo a affirmé que son arrivée au club saoudien ne marquait pas la fin de sa carrière, mais une nouvelle étape dans sa chasse aux records. « En Europe, mon travail est terminé, j’ai tout gagné, j’ai joué dans les clubs les plus importants », a-t-il déclaré.
Dans le même temps, l’ONG Amnesty International l’a exhorté jeudi à utiliser son statut de superstar planétaire du football pour s’exprimer sur les questions relatives aux droits humains en Arabie saoudite.
« Des personnes sont régulièrement exécutées en Arabie saoudite pour des crimes tels que des meurtres, viols et trafics de drogue. En une seule journée l’année dernière, 81 personnes ont été exécutées, dont beaucoup à l’issue de simulacres de procès », a souligné Dana Ahmad, une chercheuse faisant partie de l’ONG.
« Il devrait utiliser son séjour à al-Nassr pour évoquer la multitude de problèmes liés au respect des droits humains dans le pays », a-t-elle ajouté. Mais l’on voit mal comment un joueur ayant signé un contrat pour devenir un ambassadeur du royaume saoudien à l’international, y compris dans sa quête d’obtention de la Coupe du monde 2030, pourrait se mettre à dos ses nouveaux mécènes.
Lors de sa conférence de presse de présentation, il a notamment affirmé sa volonté de « participer au succès du pays et de sa culture ». Mais si sa mise à l’écart temporaire venait à trop se prolonger, le Portugais pourrait très vite employer un ton bien plus critique.
G.B. avec AFP

