Le directeur général de la Sûreté générale Abbas Ibrahim lors de sa rencontre avec la Ligue maronite. Photo Ani
Le directeur général de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, a déclaré lundi, lors d'une réunion avec la Ligue maronite, que le Liban ne sera pas en sécurité tant que "la stabilité politique et la stabilité économique ne seront pas assurées dans le pays", mettant une nouvelle fois en garde contre l'insécurité croissante que la crise politique actuelle pourrait susciter, a rapporté l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
"La cause de l'instabilité politique est due aux conflits généralisés au Liban, et à la médisance mutuelle entre les dirigeants politiques", a déclaré le général Ibrahim. Il a appelé à l'élection d'un nouveau président libanais, notant que s'il n'y a "pas de président de la République, les choses vont changer pour le pire, et le secteur de la sécurité sera l'un des secteurs les plus touchés. La situation sociale va exploser tôt ou tard".
Le Liban reste confronté à une double vacance du pouvoir exécutif. Le pays est sans président depuis le départ de Michel Aoun à la fin de son mandat en octobre, tandis que le cabinet de M. Mikati, qui est démissionnaire depuis les élections législatives de mai, est uniquement chargé d'expédier les affaires courantes. Depuis le début de la période de l'élection présidentielle, neuf sessions parlementaires consécutives n'ont pas permis d'élire un nouveau chef d'État.
Au sujet des réfugiés syriens au Liban, le général Ibrahim a démenti que des Syriens déplacés qui retournent dans leur pays aient été emprisonnés ou harcelés. Il a affirmé que le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avait vérifié cette information. Les autorités libanaises font depuis longtemps pression pour que les réfugiés syriens retournent dans leur pays d'origine et ils ont entrepris plusieurs efforts de rapatriement, qu'elles décrivent comme volontaires, mais les groupes de défense des droits humains ont qualifié ces retours de forcés.
"En facilitant ces retours, les autorités libanaises font sciemment encourir aux réfugiés syriens le risque de subir des abus odieux ", a regretté Amnesty International au début d'octobre dernier, condamnant ce plan malgré l'accent mis en apparence sur l'aspect volontaire des opérations.
Le général Ibrahim a accusé lundi les réseaux sociaux et les sites web de diffuser de fausses informations "dans le but d'intimider les Syriens". "Le Liban s'efforce de trouver une solution concernant les naissances de Syriens déplacés, craignant qu'ils ne se transforment en ressortissants sans papiers et n'obtiennent la nationalité libanaise à l'avenir, et le ministre des Affaires sociales, Hector Hajjar, s'occupe de ce dossier avec l'ambassade de Syrie au Liban", a déclaré le général Ibrahim.
Les réfugiés syriens au Liban ont fait état de pratiques discriminatoires, notamment "des arrestations aux points de contrôle, ou encore des raids dans les camps, l'adoption de règles de circulation plus strictes et des tensions entre les communautés d'accueil et de réfugiés", avait déclaré en août un groupe de surveillance des réfugiés au Liban, l'Access Center for Human Rights.


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