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Dernières Infos - Irak

Deux manifestants tués dans des heurts après la condamnation d'un militant

Un drapeau irakien. Photo d'archives AFP

Deux manifestants ont été tués mercredi par balle et une vingtaine blessés en Irak dans des heurts avec les forces de sécurité, ont indiqué à l'AFP des sources médicales, lors d'un rassemblement dans le sud contre la condamnation à la prison d'un militant.

Un tribunal de Bagdad a condamné lundi Haidar al-Zaidi à trois ans de prison pour avoir insulté les puissants paramilitaires pro-Iran du Hachd al-Chaabi, désormais intégrés aux forces régulières. Le militant de 20 ans, détenu, peut encore faire appel de sa condamnation. Le verdict a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux. Mercredi quelques centaines de personnes ont manifesté dans le centre de Nassiriya, ville pauvre du sud marginalisé, pour dénoncer le verdict contre M. Zaidi, scandant des slogans contre les partis au pouvoir, selon un correspondant de l'AFP dans la ville. "Deux manifestants ont été tués par balles" et 21 blessés --dont cinq par des tirs-- lors de heurts avec les forces de sécurité durant le rassemblement, a indiqué à l'AFP Hussein Riyad, porte-parole du département de la santé de la province de Dhi Qar, où se trouve Nassiriya. Selon lui, un policier figure parmi les blessés.

Bastion de la contestation antipouvoir qui a secoué l'Irak à l'automne 2019, Nassiriya reste le théâtre de manifestations sporadiques, même si le soulèvement populaire s'est essoufflé sous le coup de la répression et du confinement imposé par le coronavirus. Ces petits rassemblements sont aujourd'hui organisés par des militants antipouvoir ou des jeunes fraîchement diplômés, qui réclament un emploi dans le public ou dans le secteur des hydrocarbures, le sud de l'Irak regorgeant d'installations pétrolières.

"Outil de répression" 

Condamné à trois ans de prison à Bagdad, M. Zaidi avait écrit dimanche sur Facebook qu'il comparaissait pour "insulte aux institutions de l'Etat", appelant à un rassemblement de solidarité devant le tribunal. Il était jugé pour un tweet, qui a été effacé de son compte, dans lequel il attaquait Abou Mehdi al-Mouhandis, ancien numéro deux du Hachd al-Chaabi, tué en janvier 2020 avec le général iranien Kassem Souleimani par un drone armé américain sur la route de l'aéroport de Bagdad.

Des captures d'écran de ce tweet ont été partagées par des comptes proches du Hachd. Niant être à l'origine du tweet incriminé, le jeune homme et son père assurent que son compte Twitter a été piraté, a indiqué HRW mardi soir dans un communiqué. "Peu importe qui a posté le message, le système judiciaire irakien ne devrait pas être utilisé comme un outil de répression contre les critiques pacifiques des autorités ou d'acteurs armés", a déploré HRW.

Le Hachd al-Chaabi peut déposer une requête judiciaire pour réclamer une compensation financière, selon le verdict. Sur les réseaux sociaux, des utilisateurs ont comparé cette condamnation à la récente libération sous caution accordée à un homme d'affaires impliqué dans le détournement de 2,5 milliards de dollars volés au fisc.

En juin, la mission de l'ONU en Irak avait déploré un "environnement de peur et d'intimidation", recensant plusieurs incidents "visant à réprimer toute dissidence" et "perpétrés par des +éléments armés non-identifiés+". Le Parlement étudie actuellement un projet de loi portant sur "la liberté d'expression, d'assemblée et de manifestation pacifique", soumis par la commission des droits de l'Homme pour garantir de telles libertés "sans porter atteinte à l'ordre public et à la morale", selon un communiqué. Le vaste et inédit mouvement de contestation en 2019 dénonçait la corruption endémique, les difficultés économiques et la déliquescence des services publics. La répression à balles réelles a fait plus de 600 morts.


Deux manifestants ont été tués mercredi par balle et une vingtaine blessés en Irak dans des heurts avec les forces de sécurité, ont indiqué à l'AFP des sources médicales, lors d'un rassemblement dans le sud contre la condamnation à la prison d'un militant.
Un tribunal de Bagdad a condamné lundi Haidar al-Zaidi à trois ans de prison pour avoir insulté les puissants paramilitaires...