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Culture - Expos express

Des bulles, des totems et du métal plié à la galerie Janine Rubeiz

Des bulles, des totems et du métal plié à la galerie Janine Rubeiz

Sticks and Stones de Rashed Bohsali. Gracieuse autorisation de l’artiste

Quand on arrive en ville, on fait un arrêt à la galerie Janine Rubeiz, où Fadi el-Chamaa, artiste libanais au regard grave et profond, mais à l’âme légère et à la facture picturale qui se prête à tous les enchantements, a toujours travaillé en agençant images et nouvelles techniques. Sa nature ludique, son insatiabilité pour l’abstraction et le réalisme font de lui un artiste qu’il est toujours agréable de redécouvrir. Dans sa dernière exposition à la galerie Janine Rubeiz, l’artiste développe une œuvre qui se plaît à combiner couleurs franches et acidulées, et atmosphère aquatique dans un univers chargé de bulles qui se forment, s’échappent, s’évaporent ou vous pèsent. Et le ressac de la mer arrive presque jusqu’à nous en traversant l’atelier de l’artiste qui l’a installé face au bleu de la Méditerranée. Quant à ses autoportraits, ils sont facétieux et pesants à la fois, des figures qui s’estompent sous le poids des pensées chaotiques et qui cherchent en vain une issue. Avec ses pinceaux multicolores, Fadi el-Chamaa affronte les brûlures de la vie, et de chaque toile émergent des couleurs en énergies cristallisées comme une farouche bataille pour rester indemne dans un monde qui se fracasse et se désintègre.

Autoportrait de Fadi el-Chamaa. Gracieuse autorisation de l’artiste

« Je suis fasciné, dit-il, par les bulles et leur insoutenable légèreté, leur transparence, leurs formes bancales, leur existence éphémère... Comme les sentiments, les illusions, les croyances, les rêves et les idées, les bulles s’attirent pour fusionner, fusionner et finalement disparaître... La vie en état de jeu. »

« Fuqa’a » (« Bulles »), Fady el-Chamaa, à la galerie Janine Rubeiz, Raouché, jusqu’au 1er décembre.

Et un autre arrêt à la galerie Jacques Ouaiss, qui s’est fixé comme mission, depuis quelques années déjà, de dénicher des talents. Certains exposent pour la première fois, d’autres flirtent depuis un certain temps avec les cimaises, mais tous font confiance au galeriste et se laissent emporter dans cette aventure.

Les « Totems » de Nayla Sirgi. Gracieuse autorisation de l’artiste

En couleurs confiserie, en camaïeu de bleu méditerranéen, en métal perforé ou en tons terre de Sienne, les Totems de Nayla Sirgi tranchent l’espace par leur verticalité dans un mouvement ascendant, tout comme son talent. Pourtant, elle se pose étrangement la question : « Comment me suis-je retrouvée dans cet espace, entre champagne et biscuits, à accueillir une foule venue honorer mes capacités artistiques et mon mérite ? »

Car cette artiste en herbe qui ne s’est jamais prise au sérieux avait monté un atelier pour passer le temps, puis pour tuer le temps durant le confinement, puis pour accueillir les copines céramistes et enfin pour devenir l’atelier de l’artiste, elle ! Surprenants Totems qui occupent l’espace et attirent indéniablement le regard.

Une oeuvre du photographe Jay Nehmé. Courtesy l'artiste

Quant à Jay Nehmé, il a toujours manié avec dextérité l’appareil photographique. Les œuvres qu’il expose relèvent de la photographie de rue, urbaines, toujours bien structurées, presque tracées à la règle. Dans l’espacement d’une rue, entre deux immeubles, se profile toujours une silhouette à la manière de Georges Sempé. Le noir et blanc demeure sa signature, et la rigueur de son regard affiné laisse à voir des photographies où le moment semble figé.

Les toiles travaillées par Rached Bohsali, architecte de formation, ont exploré la notion bidimensionnelle, tantôt par une facture hyperréaliste, tantôt par une installation murale qui allie différents procédés et différentes textures. Le métal se plie et s’habille de marqueterie, de collage et de dessins. L’ombre des œuvres sur le mur crée étrangement une œuvre en parallèle. Rached Bohsali, professeur agrégé d’arts et de design à l’Université libano-américaine (LAU), n’en est pas à sa première exposition, loin de là. Son travail a fait l’objet d’expositions collectives à Beyrouth, dans le monde arabe, en Europe et aux États-Unis. Il est aussi détenteur d’un grand nombre de prix locaux et internationaux, et sélectionné et récompensé aux concours du musée Sursock.

Collectif à la galerie Jacques Ouaiss, Achrafieh, Nayla Sirgi, Jay Nehmé et Rached Bohsali, jusqu’au 3 décembre.


Quand on arrive en ville, on fait un arrêt à la galerie Janine Rubeiz, où Fadi el-Chamaa, artiste libanais au regard grave et profond, mais à l’âme légère et à la facture picturale qui se prête à tous les enchantements, a toujours travaillé en agençant images et nouvelles techniques. Sa nature ludique, son insatiabilité pour l’abstraction et le réalisme font de lui un artiste...

commentaires (2)

J’ai adore l’aticle et encore plus les tableaux! Bravo.

Madi Joumana

14 h 56, le 30 novembre 2022

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Commentaires (2)

  • J’ai adore l’aticle et encore plus les tableaux! Bravo.

    Madi Joumana

    14 h 56, le 30 novembre 2022

  • Je ne sais pas ce que vous en pensez, maais les deux premiers tableaux présentés dans cet article me semblent l'œuvre d'un enfant de cinq ans.

    Yves Prevost

    07 h 42, le 30 novembre 2022

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