Rechercher
Rechercher

Société - Intempéries au Liban

Des torrents d'eau inondent des routes dans le Kesrouan et Jbeil

"C’est le changement climatique et la modification du régime de précipitations qui rendent de tels phénomènes récurrents", affirme Juan Hobeiche, le président du conseil municipal de Jounieh.

Des torrents d'eau inondent des routes dans le Kesrouan et Jbeil

Des volontaires de la Défense civile à Jounieh, lors d'inondations, le 29 novembre 2022. Photo Facebook/@CivildefenseLB

Nouvelles pluies, nouvelles routes inondées au Liban. Plusieurs axes ont été envahis par des torrents d'eau boueuse mardi à Jounieh et Kfar Hbab, dans le Kesrouan, ainsi qu'à Jbeil, des images qui se répètent ces dernières semaines depuis le début de la saison des pluies, alors que l'Etat et les municipalités semblent toujours incapables d'assurer la maintenance des voies publiques.


Sur Twitter, le Centre de contrôle du trafic routier (TMC) a annoncé que les eaux de pluie se sont accumulées sur les voies est et ouest de l'autoroute de Jounieh, ainsi que sur la voie maritime, provoquant des embouteillages monstres.

Des images envoyées à L'Orient-Le Jour par la municipalité de Jounieh montre les rues du Vieux souk de la ville inondées.

Une route du Vieux souk de Jounieh envahie par les eaux de pluie, le 29 novembre 2022. Photo envoyée à L'Orient-Le Jour par la municipalité de Jounieh

Même scène du côté de la localité de Kfar Hbab, où de forts torrents se sont abattus sur la route, piégeant plusieurs véhicules, selon des images envoyées à notre correspondant dans le Nord, Michel Hallak. Certains automobilistes sont sortis in extremis de leur véhicule, plusieurs voitures ayant été balayées par les torrents.

Un torrent d'eau s'abattant sur une route de Kfar Hbab dans le Kesrouan, le 29 novembre 2022. Capture d'écran d'une vidéo envoyée par notre correspondant Michel Hallak

La Défense civile est intervenue à Jounieh et Kfar Hbab afin de secourir les automobilistes bloqués.

A Jbeil également, l'eau a inondé des rues du Vieux souk de la ville, rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Il y a trois jours à peine, les mêmes scènes se répétaient dans le Sud du pays.

Les explications du ministre

Réagissant aux inondations, le ministre sortant des Travaux publics et des Transports, Ali Hamiyé, a publié une vidéo sur Twitter où il affirme qu'elles ont été provoquées par des empiétements sur les courants d'eau naturels dans la région de Sahel Alma-Chnaanir. Il en a tenu pour responsables les municipalités et le ministère de l'Energie et de l'Eau, affirmant qu'ils n'ont pas fait leur travail de contrôle sur ces cours d'eau.


Le changement climatique

"La principale cause des inondations observées aujourd’hui à Jounieh, notamment du côté de Haret Sakher et Kfar Hbab est due à une quantité de pluies inhabituelle en un laps de temps très court", a affirmé Juan Hobeiche, président du conseil municipal de Jounieh et président de la Fédération des municipalités du Kesrouan, contacté par L'Orient-Le Jour. "C’est le changement climatique et la modification du régime de précipitations qui rendent de tels phénomènes récurrents", a-t-il ajouté.

Si la quantité de pluies est la principale cause des inondations observées dans les rues, l’élu pointe également du doigt une infrastructure désormais inadaptée. "Là où il n’y avait que quelques maisons, il y a aujourd’hui trente à quarante immeubles, alors que les canalisations sont restées les mêmes", dit-il. "Comment, dans ce cas, peut-on empêcher les débordements ?", s'est-il interrogé en évoquant particulièrement la façade maritime du Kesrouan, où la multiplication des immeubles trop élevés entrave l’évacuation de l’eau.

Autre source de problème, les déchets jetés par les automobilistes de leurs voitures, et qui viennent bloquer les canaux d’évacuation des eaux de pluies. "Le manque de civisme est un facteur important dans l’aggravation de pareils phénomènes", déplore-t-il.

Les inondations de mardi ont causé des dégâts dans le paysage kesrouanais très escarpé, notamment au niveau de "certains terrassements", indique encore M. Hobeiche. Partout dans la ville, notamment dans le vieux souk côtier, l’eau a inondé les routes et est même entrée dans les maisons et les boutiques. Interrogé sur les mesures à prendre en vue d’empêcher que de telles catastrophes ne se répètent, le président du conseil municipal insiste sur la nécessité de rénover l’infrastructure comme action radicale pour faire face au changement climatique observé.

Avec des infrastructures publiques affaiblies par une crise économique qui a commencé en 2019, le Liban se retrouve, une fois de plus, mal préparé aux tempêtes hivernales. Les pluies intenses inondent souvent de vastes étendues des zones côtières, au grand dam des automobilistes qui s’y retrouvent piégés.

Le 24 octobre, des pluies intenses avaient gravement inondé de grandes parties des zones côtières du Liban, entraînant la mort d'un homme âgé handicapé. 


Nouvelles pluies, nouvelles routes inondées au Liban. Plusieurs axes ont été envahis par des torrents d'eau boueuse mardi à Jounieh et Kfar Hbab, dans le Kesrouan, ainsi qu'à Jbeil, des images qui se répètent ces dernières semaines depuis le début de la saison des pluies, alors que l'Etat et les municipalités semblent toujours incapables d'assurer la maintenance des voies...

commentaires (6)

Il y a déjà 35 ans ,dès qu'il pleuvait,dans certains quartiers de Beyrouth l'eau ressortait par les plaques d'égouts et recouvrait les rues

Yves Gautron

20 h 10, le 30 novembre 2022

Tous les commentaires

Commentaires (6)

  • Il y a déjà 35 ans ,dès qu'il pleuvait,dans certains quartiers de Beyrouth l'eau ressortait par les plaques d'égouts et recouvrait les rues

    Yves Gautron

    20 h 10, le 30 novembre 2022

  • Excellente analyse de Gros Gnon

    Hanna Philipe

    08 h 44, le 30 novembre 2022

  • "C'est la faute au changement climatique!". Celui-ci a bon dos! Les averses en cette saison font partie du régime normal. C'est, au contraire quand elles ne se produisent pas qu'on peut le mettre en cause.

    Yves Prevost

    07 h 37, le 30 novembre 2022

  • Il ressort des declarations fantaisistes de MM Hamiye et Hobeiche qu'ils appartiennent tous deux a la meme race. Celle des politichiens incapables, incompetents, paresseux et menteurs. Mais je les rassure tout de suite, s'ils prennent les Libanais pour des cretins, ils se trompent. Personne n'est dupe. Un jour, prochain j'espere, il faudra trouver des entrepreneurs honnetes pour construire des prisons "salubres" pour y enfermer toute cette canaille. Kellon ya3ne kellon.

    Michel Trad

    23 h 16, le 29 novembre 2022

  • "… le ministre sortant des Travaux publics et des Transports a tenu pour responsables les municipalités et le ministère de l'Energie et de l'Eau …" - "… C’est la faute au changement climatique …" - "… C’est la faute aux d’infrastructures mal adaptées …" - STOP!!!! Il n’y a qu’un seul coupable: le peuple libanais, qui d’une part jette ses poubelles dans la rue sans les trier, et qui d’autre part vote pour mettre des poubelles au pouvoir. C’est aussi simple que ça.

    Gros Gnon

    19 h 52, le 29 novembre 2022

  • QUE D'EAU ! QUE D'EAU ! Dans la nuit du 23 au 24 juin 1875, une importante crue de la Garonne se produit. Le Président de la République , le général Mac-Mahon , visitant des villes et des villages dévastés, ne sachant que dire, il prononce le célèbre « que d'eau… que d'eau !… »9 Le préfet du département lui répond alors : « Et encore, Monsieur le Président, vous n'en voyez que le dessus… ! »

    Chucri Abboud

    17 h 27, le 29 novembre 2022

Retour en haut