La banque centrale turque a abaissé hier pour le quatrième mois consécutif son principal taux directeur, le ramenant de 10,5 % à 9 %, suivant le souhait du président turc Recep Tayyip Erdogan et malgré l’inflation. Après cette baisse, le conseil de la banque centrale estime que le taux directeur est arrivé « à un niveau suffisant au regard des risques croissants concernant la demande mondiale », a précisé l’institution dans un communiqué. Le conseil a donc « décidé de mettre fin au cycle de baisse des taux d’intérêt entamé en août », a ajouté la banque centrale. Le président Erdogan, qui dit privilégier la croissance et l’emploi à la stabilité des prix, avait prévenu qu’il souhaitait voir « des taux à un chiffre d’ici à la fin de l’année ». L’an dernier, les taux d’intérêt étaient passés de 19 % en septembre à 14 % en décembre.
Stables cette année jusqu’à l’été, ils ont été, depuis, abaissés chaque mois, alors que l’inflation s’accélérait simultanément. À rebours des théories économiques classiques, le chef de l’État, qui cherchera à être réélu en juin prochain, affirme que les taux d’intérêt élevés favorisent l’inflation. Mais sa politique monétaire hétérodoxe a contribué à la chute de la livre turque, qui a perdu 28,5 % de sa valeur face au dollar depuis le 1er janvier, après avoir fondu de 44 % l’an dernier. Dans ce contexte, la hausse des prix à la consommation a atteint 85,5 % sur un an en octobre, au plus haut depuis 1998. Ces chiffres officiels sont toutefois contestés par les économistes indépendants du Groupe de recherche sur l’inflation (ENAG), qui mesurent l’inflation à plus de 185 % sur douze mois.


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