Breel Embolo retenant sa célébration après avoir inscrit le but victorieux de la Suisse (1-0) contre son pays natal, le Cameroun, lors du 1er match du groupe F du Mondial 2022. Fabrice Coffrini/AFP
C’est la huitième défaite d’affilée en Coupe du monde pour les Lions indomptables, qui se sont inclinés sur un but de l’attaquant né au Cameroun Breel Embolo et restent coincés dans les starting-blocks, alors que Brésiliens et Serbes s’affrontent en soirée.
La Nati, elle, reste dans la course. Au prochain match, « contre le Brésil, il faudra peut-être défendre un peu plus, mais cette victoire nous donne confiance », savoure le sélectionneur Murat Yakin.
Embolo, Bâlois né à Yaoundé, a le plus modestement possible fêté son but, levant les bras au ciel pour célébrer, les paumes en avant pour demander pardon.
Ce but doit beaucoup aux anciens de la Nati : un décalage de Granit Xhaka pour Xherdan Shaqiri, dont le centre en retrait parfaitement ajusté à trouvé le buteur de l’AS Monaco (48e).
Maturité
« Nous avons joué avec beaucoup de maturité, observe Yakin, nous sommes une équipe qui se connaît bien, qui joue ensemble depuis longtemps. »
Mais les Camerounais peuvent s’en vouloir à eux-mêmes bien plus qu’à Embolo d’avoir manqué leurs occasions en première période.
Les Lions se sont créé les premières occasions, dans le dos du latéral droit Silvan Vidmer. Mais Bryan Mbeumo a mal réglé la mire (10e) et Eric-Maxim Choupo-Moting s’est fait reprendre par Manuel Akanji (14e). Puis Martin Hongla a été contré par Yann Sommer (30e).
Les attaquants camerounais n’ont pas eu l’efficacité de leur glorieux aîné Roger Milla, honoré avant le coup d’envoi comme plus vieux buteur de l’histoire de la Coupe du monde par le président de la FIFA, Gianni Infantino.
Milla avait ébloui le Mondial 1990 avec quatre buts, et marqué à 42 ans un dernier but en 1994.
Le dernier buteur des Lions en Coupe du monde reste Joël Matip, qui avait brièvement égalisé contre le Brésil (4-1) à Brasilia en 2014, avant une nouvelle défaite.
Embolo contre son pays natal
La Suisse elle est longtemps restée inoffensive, dangereuse surtout sur coups de pied arrêtés, avec des têtes de la charnière sur corner, Nico Elvedi (40e) puis Akanji (45e+1).
L’avant-centre du 4-2-3-1 de Murat Yakin, Breel Embolo, qui jouait contre son pays natal, a été dominé physiquement par la charnière centrale Nicolas Nkoulou-Jean-Charles Castelletto. Le Nantais a notamment réussi un tacle superbe – et risqué – pour enlever une balle de but à l’attaquant suisse (40e).
Sur son côté gauche, Bryan Mbeumo en particulier est passé à côté de son match, comme impressionné par l’évènement.
Nettement dominés en première période, les Suisses ont frappé dès le retour des vestiaires. Ils ont eu une balle de K.-O. par Ruben Vargas, mais André Onana a réussi une parade magnifique (66e).
Après le but d’Embolo, les Camerounais n’ont guère plus été dangereux, comme les autres sélections africaines.
Pendant que l’Asie brille avec les victoires de l’Arabie saoudite sur l’Argentine (2-1) et du Japon sur l’Allemagne (2-1), les représentants de la CAF n’ont toujours pas marqué le moindre but au Qatar, en attendant Portugal-Ghana (17h00).
Le Cameroun bénéficie toujours d’une énorme cote de sympathie depuis les pas de danse de Milla au poteau de corner, mais il n’a gagné qu’un seul match de Coupe du monde depuis cette époque.
C’était en 2002 contre l’Arabie saoudite (1-0), avec un but de celui qui est aujourd’hui président de la Fédération (Fécafoot), Samuel Eto’o, qui a mis beaucoup de pression à son équipe en parlant de remporter la Coupe du monde. Il faudrait déjà commencer par remporter le prochain match, lundi contre la Serbie...
L’Uruguay et la Corée se neutralisent
Malgré la présence des buteurs Luis Suarez et Son Heung-min, l’Uruguay, quart de finaliste de la dernière édition, et la Corée du Sud se sont quittés sur le score nul et vierge de 0-0, lors du premier match du groupe F qui s’est disputé sur la pelouse d’al-Rayyan.
Auteur d’un doublé lors du huitième de finale qui avait opposé les deux équipes au Mondial 2010 (2-1), Luis Suarez est cette fois resté muet. Lors de ce match équilibré et animé malgré l’absence de buts, le capitaine de la Celeste, âgé de 35 ans, a même été très discret et remplacé à la 64e minute par Edinson Cavani, 35 ans également.
Touché à la cheville droite trois semaines avant le Mondial, l’ancien avant-centre du Paris SG et Manchester United, désormais à Valence, avait débuté sur le banc.
Victime d’une fracture à l’œil gauche lors d’une rencontre de Ligue des champions contre Marseille début novembre, l’attaquant vedette de la Corée du Sud, Son Heung-min, était lui bien titulaire. Opéré récemment, l’attaquant de Tottenham portait un masque de protection.
Très en vue au Real Madrid depuis le début de la saison (8 buts et 4 passes décisives), Federico Valverde s’est procuré la première occasion uruguayenne après une entame dominée par les Sud-Coréens, mais sa tentative est passée au-dessus de la cage sud-coréenne (19e).
L’attaquant de Liverpool Darwin Nunez, trompé par le rebond, a lui manqué sa reprise (22e), puis n’a pu conclure un contre après une passe mal dosée de Mathias Olivera (27e).
Les Sud-Coréens ont répliqué par l’ancien attaquant des Girondins de Bordeaux Hwang Ui-jo, tout seul face au but de Sergio Rochet, mais incapable de trouver le cadre (34e).
L’action la plus dangereuse est finalement venue d’un défenseur, Diego Godin. Du haut de ses 36 ans, le plus capé des Uruguayens (160 sélections) a fait parler sa science du jeu de tête sur les coups de pied arrêtés, mais le poteau a repoussé sa tentative (43e).
Frappes en pagaille
Au retour des vestiaires, les supporters sud-coréens ont eu une petite frayeur quand Son a été touché au talon droit par Martin Caceres, averti après ce geste (57e) par l’arbitre français Clément Turpin. L’attaquant des « Guerriers Taeguk » a toutefois pu reprendre le jeu. Muet comme Suarez, il s’est en revanche montré un peu plus actif lors de ce match.
En fin de match, Nunez a laissé sur place deux défenseurs sud-coréens, mais son centre en bout de course a été capté par le gardien Kim Seung-gyu (63e). Bien décalé par Cavani, l’attaquant de Liverpool a ensuite vu sa frappe puissante passer à côté du but (81e). Une tête de Cavani a subi le même sort (86e).
Les ultimes minutes ont été animées par deux très balles frappes de chaque côté, celle de Valverde, repoussée par le montant gauche sud-coréen (89e), puis celle de Son, passée à droite du but uruguayen (90e).
Les Uruguayens, dont quatre joueurs disputent leur quatrième et probablement dernière Coupe du monde (Suarez, Cavani, Godin et Muslera), vont devoir réagir lors du choc contre le Portugal de Cristiano Ronaldo lundi.
De son côté, la Corée du Sud, qui espère passer le premier tour, contrairement aux deux derniers Mondiaux, sera opposée au Ghana.
Source : AFP


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