Il était une fois dans l’Ouest, un vent de fraîcheur. Souvent parmi les nombreux cadors occidentaux de la ligue, Portland mène la danse en tête de la conférence grâce à un départ inattendu conclu par 10 victoires pour 5 défaites. Un bilan plus que satisfaisant rendu possible, entre autres, par le retour en forme de Damian Lillard, longtemps absent après une déchirure abdominale. Mais autour de « Dame Time », les Blazers peuvent compter sur un effectif rajeuni et bouillonnant d’envie, à l’image du talentueux arrière Anfernee Simons et de l’ailier Jerami Grant, bonne pioche au mercato.
Cinquièmes du dernier exercice, ils sont animés par une volonté farouche de défendre, vertu longtemps manquante dans l’Oregon. « Par le passé, on aurait attendu que quelqu’un ait la main chaude, est convenu Lillard. Mais avec l’énergie qui est la nôtre, on pense d’abord à stopper l’adversaire. C’est toute la différence. »
Si Phoenix (2e) et Denver (3e) sont logiquement en embuscade, la 4e place du Jazz est l’autre donnée inattendue de ce premier mois de compétition. En reconstruction après les départs de Donovan Mitchell et de son pilier défensif, le pivot français Rudy Gobert, la franchise de Salt Lake Ciy bénéficie de l’intégration express de ses recrues, à l’image de l’étonnant Finlandais Lauri Markannen et Collin Sexton, qui font preuve d’une remarquable cohésion.
Soleil vert à l’Est
Comme si de rien n’était, après une intersaison confinant au malaise avec la suspension pour toute la saison d’Ime Udoka, pour une « relation intime inappropriée » avec une employée de l’équipe, les Celtics assument sereinement leur statut de finalistes du dernier championnat (meilleur bilan de la ligue, 12-3).
L’ancien adjoint Joe Mazzula assure l’intérim et la continuité de l’excellent travail effectué depuis l’an passé. Le jeu est bien en place, l’effectif est plus complet que jamais, fort du recrutement de l’arrière Malcolm Brogdon, autour de l’incontournable duo Jayson Tatum/Jaylen Brown.
Derrière, sans surprise se trouvent les Bucks, champions 2021, malgré l’absence de Khris Middleton, touché à un poignet, mais avec Giannis Antetokounmpo en mode MVP qu’il fut en 2019 et 2020.
Mais si le prodige grec crève déjà l’écran, il devra composer avec la farouche concurrence de Luka Doncic pour le titre de meilleur joueur de la saison, aussi « magic » que le nom de sa franchise de Dallas. Dans la course au trophée de meilleur joueur de la saison, le « Mozart » du basket moderne a pris un départ canon avec une époustouflante moyenne de 34,4 points par matchs (8,8 rbds, 7,8 passes, 2,1 interceptions). Cette performance inédite sur une aussi longue période depuis un certain Michael Jordan a également été auréolée de trois rencontres à plus de 40 unités et huit à plus de 30 (sur 13 matchs disputés au total). Le tout à seulement 23 ans.
Warriors, la grosse panne
Que se passe-t-il à Golden State ? Si Stephen Curry est toujours aussi éblouissant, le reste de l’équipe reste bien transparent. Les chiffres en attestent : huit défaites en autant de déplacements, du jamais-vu pour un champion en titre, 124,3 points encaissés en moyenne, qui en font la pire défense de la ligue à l’extérieur.
Pas du goût de l’entraîneur Steve Kerr : « On manque d’envie collective. On joue comme en Drew League (ligue estivale mêlant professionnels et amateurs, NDLR) ! On s’apitoie sur notre sort, mais personne n’aura pitié de nous. Tout le monde a hâte de nous botter les fesses. Le sport vous récompense quand vous vous impliquez vraiment. Si vous vous battez vraiment ensemble, les tirs rentrent, les coups de sifflet vont dans votre sens... Il n’y a rien de tout ça », assène le natif de Beyrouth.
Lakers et Nets, bonjour tristesse
Dire que l’entame de saison est délicate et laborieuse pour les deux franchises est un euphémisme.
À Los Angeles, même avec LeBron James constant dans l’effort, Anthony Davis enfin valide et Russell Westbrook surmotivé, en sortie de banc, pour faire taire les critiques, la sauce ne prend toujours pas. Manquant par ailleurs cruellement de shooteurs, le champion 2020 est 14e à l’Ouest.
Du côté de Brooklyn, le coach Steve Nash a fait les frais du manque de résultats (11e à l’Est). Seul Kevin Durant, qui a réclamé son départ cet été, tient son rang. Contrairement à Kyrie Irving, qui a encore fait parler de lui en dehors des parquets, en faisant la promotion d’un film antisémite. Suspendu huit matches par les Nets, le meneur All-Star devrait être réintégré dimanche pour affronter Memphis.
Du côté des Bleus, les choses ne se passent pas non plus comme prévu. Finalistes du dernier Euro en septembre, les joueurs tricolores sont nombreux à cirer les bancs de leur franchise. Si Rudy Gobert est en phase d’acclimatation à Minnesota (14,2 pts, meilleur rebondeur de la ligue avec 12,5 prises) et Nicolas Batum demeure un travailleur de l’ombre chez les Clippers, Evan Fournier est lui en grande difficulté chez les Knicks, où l’entraîneur Tom Thibodeau ne l’utilise plus depuis deux rencontres, après l’avoir maintenu dans le cinq de départ en début de saison.
Killian Hayes lui se bat et affiche des progrès chez les Pistons, tout comme Théo Maledon au sein du Thunder. Tout le contraire du (potentiel) futur international français, un certain Joel Embiid.
Le géant camerounais, meilleur marqueur de l’édition précédente, est quant à lui auteur d’un début d’exercice tout aussi impressionnant, avec notamment une « perf » historique de 59 points contre les Hawks d’Atlanta la semaine dernière.
Toujours aussi énigmatique sur l’identité de la sélection dont il défendra prochainement les couleurs (lui qui a récemment obtenu les nationalités française et américaine), le pivot de Philadelphie fait figure d’éclaircie dans une entame en dents de scie pour les Sixers. La franchise de Pennsylvanie pointe seulement à la 9e place à l’Est, bien loin de sa première place de la saison précédente.
Source : AFP

