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Moyen-Orient - IRAN

Frappes contre des opposants kurdes iraniens en Irak, un mort et 8 blessés

Téhéran a lancé hier une nouvelle série d’attaques aux missiles et aux drones contre des groupes d’opposition kurdes basés au Kurdistan irakien voisin.

Frappes contre des opposants kurdes iraniens en Irak, un mort et 8 blessés

Un homme blessé se fait soigner après l'attaque iranienne sur les quartiers généraux d'un parti kurde iranien dans la ville de Koye, près d'Erbil, au Kurdistan irakien, le 14 novembre 2022. Reuters/Azad Lashkari

Tuant au moins une personne et en blessant huit, les frappes de la République islamique hier ciblaient des mouvements d’opposition kurdes iraniens. L’Iran a confirmé des frappes contre des « groupes terroristes » basés dans la région autonome du Kurdistan d’Irak (Nord), limitrophe du territoire iranien. Le pouvoir à Téhéran accuse ces groupes, de longue date dans sa ligne de mire, d’attiser les troubles en Iran, confronté à des manifestations massives depuis la mort le 16 septembre de la jeune Kurde iranienne Mahsa Amini, arrêtée trois jours plus tôt par la police des mœurs à Téhéran.

« Cinq missiles iraniens ont visé un bâtiment du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI) », a indiqué Tariq al-Haidari, maire de Koysanjaq, une ville située à l’est d’Erbil, la capitale du Kurdistan irakien. « Il y a un mort et huit blessés. Il s’agit de Kurdes iraniens », a détaillé le ministère de la Santé de la région autonome. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux ont montré des panaches de fumée noire s’élever dans le ciel après les frappes. Au même moment, « quatre frappes de drones » ont en outre visé des bases du Parti communiste iranien et du groupe nationaliste kurde iranien Komala dans la région de Zrgoiz, a expliqué Atta Seqzi, un chef de Komala. D’après lui, les militants ont été « prévenus de l’imminence des frappes » et ont évacué les installations. « Il n’y a ni mort ni blessé. » En fin de journée, le ministère irakien des Affaires étrangères a « condamné avec la plus grande fermeté » ces frappes, qui « empiètent sur la souveraineté irakienne », assurant qu’il prendrait « des mesures diplomatiques de haut niveau », sans toutefois les détailler.

Réponse aux menaces

En Iran, une source militaire a confirmé des attaques avec « des missiles et des drones » contre « des sièges des partis terroristes » en Irak. Les personnes visées étaient des « terroristes ayant activement participé aux émeutes des deux derniers mois, notamment en provoquant des incendies contre des banques et des bâtiments administratifs dans plusieurs localités » du Kurdistan iranien, a affirmé le général Mohammad-Taghi Osanlou, commandant d’une base des gardiens de la révolution, l’armée idéologique de l’Iran, à la télévision publique. Les autorités iraniennes qualifient d’« émeutes » les manifestations qui se poursuivent suite à la mort de Mahsa Amini. L’Iran a accentué ses attaques contre ces groupes d’opposition kurdes iraniens depuis le début des protestations. Fin septembre, au moins 14 personnes ont été tuées et 58 blessées, « en majorité des civils », dans des bombardements iraniens, selon les forces antiterroristes du Kurdistan d’Irak.

L’Iran, a indiqué hier le porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Téhéran, ne restera « pas silencieux face aux menaces des groupes terroristes séparatistes » au Kurdistan d’Irak.

Souveraineté irakienne

La mission de l’ONU en Irak a, elle, « condamné ces nouvelles attaques de drones et missiles au Kurdistan qui violent la souveraineté de l’Irak ». Le Kurdistan d’Irak, dont les autorités entretiennent des relations très tendues avec le gouvernement central de Bagdad, est aussi régulièrement le théâtre de bombardements turcs. Dans les zones frontalières de la Turquie, Ankara vise les bases arrière du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe armé kurde turc que la Turquie et ses alliés occidentaux considèrent comme « terroriste ». Les autorités à Bagdad sont vent debout contre ces campagnes menées par les voisins turc et iranien sur leur sol. Mais aucune mesure de rétorsion irakienne n’est généralement prise.

Par ailleurs, Téhéran a été visé hier par de nouvelles sanctions occidentales pour sa répression des manifestations engendrées par la mort de Mahsa Amini. Le Royaume-Uni a ainsi sanctionné une vingtaine « de dirigeants iraniens responsables de violations odieuses des droits de l’homme ». Des mesures prises de manière coordonnée avec l’Union européenne, qui a également approuvé un nouveau train de sanctions, visant notamment le ministre de l’Intérieur, Ahmad Vahidi, et la chaîne publique Press TV, accusée d’avoir diffusé « les aveux forcés » de détenus. À Genève, une session d’urgence du Conseil des droits de l’homme de l’ONU doit se tenir le 24 novembre sur la situation en Iran, lors de laquelle sera proposée l’ouverture d’une enquête internationale sur la répression qui a fait plus de 326 morts, selon l’ONG Iran Human Rights (IHR) basée à Oslo.

Tuant au moins une personne et en blessant huit, les frappes de la République islamique hier ciblaient des mouvements d’opposition kurdes iraniens. L’Iran a confirmé des frappes contre des « groupes terroristes » basés dans la région autonome du Kurdistan d’Irak (Nord), limitrophe du territoire iranien. Le pouvoir à Téhéran accuse ces groupes, de longue date dans sa ligne...
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Attention les libanais le Hezbollah va faire la même chose …..

Eleni Caridopoulou

18 h 09, le 15 novembre 2022

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Commentaires (1)

  • Attention les libanais le Hezbollah va faire la même chose …..

    Eleni Caridopoulou

    18 h 09, le 15 novembre 2022

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