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Politique - Décryptage

Entre Nasrallah et Bassil, l’ombre de Berry

Le seul point d’entente entre le secrétaire général du Hezbollah et le chef du Courant patriotique au cours de leur dernier entretien (mercredi 26 septembre) a été la nécessité de se rencontrer de nouveau. C’est dire que les discussions entre eux ont buté sur leurs approches contradictoires du dossier présidentiel. Mais les deux hommes ont convenu de l’importance de poursuivre le dialogue entre eux de façon régulière. Selon des sources proches des deux parties, les divergences ne portent pas tant sur la personne du candidat à la présidence de la République que sur le contexte général.

Certes, les échanges entre les deux hommes sont toujours extrêmement courtois, et, comme l’a dit Bassil dans un entretien télévisé mardi soir, ce n’est pas dans les habitudes du sayyed d’imposer son point de vue à son interlocuteur ou de lui demander quoi que ce soit. Chacun a donc exposé son approche. Pour le Hezbollah, il est clair que la période à venir est très délicate, surtout en raison des complications régionales et internationales. En tête de ces complications, vient, pour le Hezbollah, la soudaine montée de la tension entre la République islamique d’Iran et le royaume saoudien, ainsi que la rupture des discussions entre eux après les dernières manifestations populaires à Téhéran et dans la plupart des villes iraniennes, et les accusations directes lancées par des responsables de la République islamique contre les Saoudiens.

L'édito de Issa GORAIEB

De quoi pleurer

Dans ce contexte tendu, le Hezbollah préfère donc autant que possible éviter de nouveaux problèmes au Liban. Il sait par exemple qu’il ne dispose pas d’une majorité claire au Parlement pour faire arriver à la présidence le candidat de son choix. Même s’il le voulait, il ne pourrait donc pas mener la bataille pour son candidat comme il l’avait fait entre 2014 et 2016 pour Michel Aoun. Ce qu’il souhaite donc, c’est appuyer un candidat qui ne lui créerait pas de problèmes, et serait en même temps accepté par le président de la Chambre Nabih Berry et le leader druze Walid Joumblatt. C’est ainsi qu’est née l’idée d’appuyer la candidature du chef des Marada Sleiman Frangié. Pour le Hezbollah, ce ne serait pas difficile de lui assurer les 65 voix requises pour son élection, et la question du quorum devrait être réglée par Berry lui-même. De plus, cela permettrait au Hezbollah de rendre la pareille à Frangié qui aurait pu être élu en 2016, mais s’était abstenu de se rendre à la séance électorale parce que le Hezbollah l’en avait prié, balayant ainsi ses chances de devenir président à cette époque-là. Enfin, le Hezbollah se charge de conclure un accord avec Frangié pour qu’il ne cherche pas à combattre le CPL pendant les années de son mandat, et il se porte garant de l’application de cet accord. Pour le Hezbollah, ce serait donc là le scénario le plus facile qui devrait permettre au Liban de traverser avec un minimum de stabilité cette période trouble et confuse sur les plans régional et international.

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Bassil a écouté attentivement l’exposé de Nasrallah puis a développé sa propre vision des faits. Pour lui, le mandat de Michel Aoun s’est heurté à des obstacles extérieurs, notamment de la part des États-Unis, de l’Occident en général et d’une partie des États du Golfe qui ne lui ont pas pardonné d’avoir été élu sans leur accord, mais avec l’appui du Hezbollah, et de ne pas avoir mis un terme à l’entente de Mar Mikhaël (conclue entre le CPL et le Hezbollah le 6 février 2006). Mais il s’est aussi heurté à un obstacle interne de taille, à savoir la coalition des forces internes que Bassil considère comme des piliers du « système de corruption » contre lui. Du point de vue du chef du CPL, si le Liban n’a pas de prise sur les développements régionaux et internationaux, il faut au moins essayer de faire des progrès sur le plan interne. Selon lui, Aoun a essayé à plusieurs reprises pendant son mandat d’affronter le « fameux système », en commençant par le gouverneur de la banque centrale qu’il a cherché en vain à remplacer, tout comme il a tenté à plusieurs reprises d’ébranler « l’édifice » soit par des mesures précises, soit par l’adoption de lois. Mais toutes ces tentatives n’ont pas pu aboutir parce que, de l’avis de Bassil toujours, elles se sont heurtées à une coalition solide dont le président de la Chambre est un des piliers. Or ce dernier bénéficie de l’appui du Hezbollah sous le couvert de l’importance de préserver l’unité chiite et d’éviter « de faire couler le sang entre les frères ». Bassil est donc aujourd’hui convaincu que le fait d’élire Sleiman Frangié à la tête de l’État constitue un cadeau à Nabih Berry et, à travers lui, à cette coalition solide qui n’a cessé de mettre des bâtons dans les roues du président Aoun. Ce n’est donc pas tant la personne de Frangié qui est en question que les appuis dont le chef des Marada bénéficie et qui montrent qu’une fois élu, il ne pourra pas s’opposer à ce système en place depuis les années 90 et qu’il estime corrompu. Certains ont beau dire à Bassil que ce système est très solide, et qu’il a survécu à toutes les secousses et à tous les changements régionaux et internationaux, mais, pour lui, il serait impensable de céder maintenant.

À son tour, Nasrallah a écouté attentivement l’exposé de son interlocuteur, et il est clair que dans le contexte actuel, les deux positions sont inconciliables. Bassil a d’ailleurs déclaré dans sa dernière interview télévisée qu’il serait prêt à s’entendre avec Frangié sur un candidat accepté par eux deux. Mais pour l’instant, les contacts sont gelés.

Apparemment, la vacance présidentielle est appelée à se prolonger, car, dans le camp adverse, il n’y a pas non plus une entente solide sur un candidat précis.

Le seul point d’entente entre le secrétaire général du Hezbollah et le chef du Courant patriotique au cours de leur dernier entretien (mercredi 26 septembre) a été la nécessité de se rencontrer de nouveau. C’est dire que les discussions entre eux ont buté sur leurs approches contradictoires du dossier présidentiel. Mais les deux hommes ont convenu de l’importance de poursuivre le dialogue entre eux de façon régulière. Selon des sources proches des deux parties, les divergences ne portent pas tant sur la personne du candidat à la présidence de la République que sur le contexte général. Certes, les échanges entre les deux hommes sont toujours extrêmement courtois, et, comme l’a dit Bassil dans un entretien télévisé mardi soir, ce n’est pas dans les habitudes du sayyed d’imposer son point de vue à son...
commentaires (1)

Monsieur Gebran Bassil est un excellent tacticien, un grand visionnaire, et un homme politique accompli qui a su faire ses preuves. Si "on" ne l’avait pas empêché de mettre ses stratégies en place, le Liban ne serait pas au fond du gouffre dans lequel il se trouve aujourd’hui. Gebran Bassil est le seul Président capable de nous sortir de là. On l’aime. Comment? Mais non, bien sûr que je n’en pense pas un seul mot, mais j’avais envie de faire plaisir pendant quelques secondes à mâme Scarlett, ainsi qu’aux 3-4 oranginas (qu’on a dû secouer pour décoller la pulpe du fond) qui la lisent encore… Bon dimanche à tous!

Gros Gnon

09 h 35, le 06 novembre 2022

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Commentaires (1)

  • Monsieur Gebran Bassil est un excellent tacticien, un grand visionnaire, et un homme politique accompli qui a su faire ses preuves. Si "on" ne l’avait pas empêché de mettre ses stratégies en place, le Liban ne serait pas au fond du gouffre dans lequel il se trouve aujourd’hui. Gebran Bassil est le seul Président capable de nous sortir de là. On l’aime. Comment? Mais non, bien sûr que je n’en pense pas un seul mot, mais j’avais envie de faire plaisir pendant quelques secondes à mâme Scarlett, ainsi qu’aux 3-4 oranginas (qu’on a dû secouer pour décoller la pulpe du fond) qui la lisent encore… Bon dimanche à tous!

    Gros Gnon

    09 h 35, le 06 novembre 2022

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