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Sport - Ligue Des Champions

À jamais les regrets

Devant à la pause, Marseille a tout perdu contre Tottenham (1-2), mardi au Vélodrome, au terme d’une seconde période terriblement mal négociée. Quatrième de sa poule, l’OM est éliminé de toutes les Coupes d’Europe.

À jamais les regrets

Le défenseur bosnien Sead Kolasinac reprenant de la tête le centre de Cengiz Under à la 87e minute du dernier match du groupe D de la Ligue des champions, qui s’est soldé par une défaite (1-2) de l’Olympique de Marseille face à Tottenham, mardi, au stade Vélodrome. Christophe Simon/AFP

Quand on ne peut pas gagner un match, autant ne pas le perdre. Cet adage que l’on apprend dans toutes les écoles de football devait résonner très fort dans la tête des joueurs marseillais en rentrant aux vestiaires, tête basse, après être restés de longues minutes prostrés sur la pelouse.

Alors qu’ils poussaient pour obtenir le succès qui les aurait envoyés en huitièmes de finale de la Ligue des champions, les Olympiens ont eu le malheur de voir le Danois Höjbjerg, après une perte de balle de Matteo Guendouzi, conclure l’ultime contre-attaque de la rencontre et offrir une victoire inespérée aux Londoniens (1-2, 90+5). Un ultime coup de poignard les privant d’un point du match nul qui leur aurait permis d’être reversés en Ligue Europa. Une maigre consolation qui aurait au moins eu le mérite d’offrir un printemps européen aux 50 000 supporters du Vélodrome, victimes d’un ascenseur émotionnel dont seule la Coupe d’Europe a le secret.

Si prêt, si loin

Difficile d’imaginer pire scénario, surtout après une telle entame. À la hauteur de l’importance du rendez-vous lors du premier acte, les hommes d’Igor Tudor, émoussés physiquement dès l’heure de jeu, ont ensuite perdu le fil de la rencontre au fur et à mesure de la seconde période. Virtuellement deuxièmes à la pause, ils peuvent nourrir d’immenses regrets vu la physionomie de la rencontre. On n’a pas fini d’entendre parler de cette tête à bout portant de Kolasinac qui, à 3 minutes de la fin du temps réglementaire, aurait pu tout faire basculer.

Passé à une poignée de centimètres de la qualification, l’OM, quatrième et bon dernier groupe D, reste paradoxalement encore très loin du plus haut niveau européen. Si le tirage au sort avait fait naître un espoir que les deux succès contre le Sporting Portugal ont entretenu, l’OM, finalement, est à sa place, car il n’a su battre personne d’autre que les Portugais, qui ont joué deux fois 70 minutes en infériorité numérique à 10 contre 11

Son bilan de six points est meilleur qu’en 2013 (six défaites) et en 2020 (cinq défaites et une victoire), mais est tout de même loin d’être brillant dans un groupe sans véritable cador européen, qui qualifie finalement Tottenham (1er avec 10 points) et Francfort (2e avec 9 points).

Cortège de scooters à la napolitaine et haie de fumigènes au passage du car, tifo géant dans le virage du Sud et boucan du diable dès le coup d’envoi, Marseille avait pourtant fait les choses en grand pour « son » OM et ce « match de l’année » promis par Igor Tudor. Mais pour la troisième fois de rang, l’OM bute donc encore dès la phase de poules de la Ligue des champions, cette compétition trop grande pour lui depuis le quart de finale atteint par l’équipe de Didier Deschamps en 2012.

Une histoire de coups de tête

Pendant 45 minutes, on a pourtant cru que les Marseillais répondraient présent tant ils ont été capables d’asphyxier les Londoniens dans leur moitié de terrain, multipliant les récupérations hautes pour porter le danger sur la cage d’Hugo Lloris. Toujours très haut dans le camp adverse, comme le prône Igor Tudor, le bloc marseillais s’est consciemment exposé à la menace du duo Kane-Son. Celle-ci n’a plané que 25 minutes, jusqu’à la sortie du Sud-Coréen complètement KO après un duel aérien avec Mbemba.

Mais l’OM aussi a eu son lot de soucis avec la sortie dès la 8e minute de Bailly. Joueur de talent et de cristal, le défenseur ivoirien n’était manifestement pas encore remis du problème musculaire qui l’avait déjà obligé à sortir avant la pause contre le Paris SG. Mais ce coup du sort n’a pas freiné les ardeurs des Phocéens, qui ont multiplié les occasions et obligé le gardien de l’équipe de France à plusieurs arrêts importants, notamment devant Sanchez (19e) et Veretout (33e).

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Rien de plus logique de voir cette domination phocéenne finalement récompensée. À la suite d’un corner malicieusement gagné par Amin Harit, Chancel Mbemba, coup de génie du recrutement estival, reprend d’un coup de tête rageur un centre parfaitement dosé de Jordan Veretout, permettant à l’OM de prendre les devants juste avant de rentrer aux vestiaires (1-0, 45+2).

À cet instant, les Anglais, qui venaient de disputer une première période sans aucune ambition, étaient éliminés. Tottenham, privé des conseils de son entraîneur Antonio Conte (suspendu en tribunes), ne pouvait donc pas continuer ainsi. Et tout est alors devenu plus compliqué pour l’équipe de Tudor, toujours aussi réticent à faire rectifier son système de jeu lorsque les choses lui échappent.

Pau Lopez a d’abord sauvé les siens de justesse sur un joli mouvement Bentancur-Kane, mais il n’a rien pu faire sur la tête de Lenglet qui, avec ses 20 centimètres de taille en plus, a trop facilement pris le meilleur sur Rongier après un coup franc de Perisic (54e, 1-1).

Tottenham avait alors repris le point dont il avait besoin pour se qualifier, alors que la situation de l’OM évoluait en fonction du résultat de l’autre match. Le Croate a bien effectué quelques changements offensifs, faisant entrer Suarez (transparent), Kaboré, Kolasinac et Cengiz Under. Ce dernier aurait d’ailleurs pu se muer en passeur décisif si le Bosnien avait un peu mieux incliné la tête au moment de reprendre le caviar que lui avait déposé le Turc au second poteau (87e).

Comme tout le stade, le technicien croate l’avait vu au fond, restant coi pendant dix secondes en direction de son banc. Ironie de l’histoire, l’effet d’optique de certains clichés donneront à jamais l’impression que ce ballon avait bel et bien fini sa course au fond des filets.

L’OM n’a désormais plus que le championnat à jouer. Tristes cinquièmes du classement, après un seul point pris sur leurs sept dernières sorties en L1, les Marseillais n’ont pas d’autre choix que de réagir après avoir reçu un tel coup sur la tête. Les hommes de Tudor, dont la place est plus menacée que jamais, joueront très gros ce dimanche contre Lyon à domicile avant de se déplacer à Monaco une semaine plus tard, dernier rendez-vous avant la « trêve Coupe du monde ». Le spectre de la crise, qui ne part jamais bien loin sur la Canebière, pointe déjà le bout du nez.

Quand on ne peut pas gagner un match, autant ne pas le perdre. Cet adage que l’on apprend dans toutes les écoles de football devait résonner très fort dans la tête des joueurs marseillais en rentrant aux vestiaires, tête basse, après être restés de longues minutes prostrés sur la pelouse. Alors qu’ils poussaient pour obtenir le succès qui les aurait envoyés en huitièmes de finale de la Ligue des champions, les Olympiens ont eu le malheur de voir le Danois Höjbjerg, après une perte de balle de Matteo Guendouzi, conclure l’ultime contre-attaque de la rencontre et offrir une victoire inespérée aux Londoniens (1-2, 90+5). Un ultime coup de poignard les privant d’un point du match nul qui leur aurait permis d’être reversés en Ligue Europa. Une maigre consolation qui aurait au moins eu le mérite d’offrir un...
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