Kevin Gameiro célébrant son but de dernière minute avec l’autre buteur strasbourgeois, Lebo Mothiba, lors du match nul arraché par le RC Strasbourg contre l’OM (2-2), ce samedi, au stade de la Meinau. Frederick Florin/AFP
« Je ne suis pas en colère contre mes joueurs, mais je suis fâché. » Igor Tudor a de quoi pester. Ultradominateurs en première période, les Phocéens auraient dû mener « 5-0 » à la pause, d’après les dires de leur entraîneur qui s’est empressé de remobiliser ses hommes à trois jours de la « finale » au Vélodrome contre Tottenham en Ligue des champions. « Je ne pense pas qu’il y ait de doute avant Tottenham. Tout le monde a envie de jouer ce match et on sera hypermotivé. »Après trois défaites de rang en championnat, le coach croate comptait bien sur ce déplacement en Alsace pour faire taire un temps soit peu les critiques à son encontre. La gronde contre ses choix clivants (comme celui de se passer quasi systématiquement de Dimitri Payet) et son « dogmatisme » tactique (en témoigne son inamovible 3-5-2) est repartie de plus belle dans les rues de la cité phocéenne depuis le début de la mauvaise passe que traverse l’OM en ce mois d’octobre.
Payet contre-attaque
Trois jours après le revers en C1 sur la pelouse de l’Eintracht Francfort (2-1), les Olympiens, avec une équipe remaniée, pensaient pourtant avoir fait le plus dur en menant rapidement 2-0. Semblant changer son fusil d’épaule, Tudor décidait d’aligner Payet et le banni Bamba Dieng, tout heureux de sa première titularisation de la saison.
Des choix forts qui se sont avérés payants dès les premières minutes de la rencontre, puisque ces deux revenants n’ont pas tardé à se mettre en évidence. Profitant d’un festival de crochets de l’ancien international français dans la surface alsacienne, Dieng passait à quelques centimètres d’ouvrir le score, son tir étant dégagé sur sa ligne par Thomas Delaine (6e).
Pas de quoi décourager le jeune Sénégalais. Sur un dégagement de Pau Lopez, le gardien olympien, Dieng prend le meilleur sur Gerzino Nyamsi avant de décocher une frappe, légèrement déviée par Maxime Le Marchand, qui lobe Matz Sels (0-1, 8e).
Également peu utilisé cette saison, le Turc Cengiz Under remettait à contribution le portier alsacien d’une frappe puissante (16e), avant de trouver le poteau en reprenant une offrande de Payet, très en jambes et précieux techniquement (26e). Largement supérieurs aux Strasbourgeois, quasi inoffensifs dans ce premier acte tant les Marseillais leur confisquent le ballon.
Ces derniers finissent par trouver la faille passée la demi-heure de jeu. Grâce à une magnifique ouverture d’Under, très remuant aile droite, Jonathan Clauss parvenait à trouver Issa Kaboré, reprenant son centre millimétré au second poteau (0-2, 35e).
Kevin « Gamhéros »
Après une telle démonstration olympienne, on ne voyait pas comment les Strasbourgeois (16es avec une seule victoire au compteur cette saison) pouvaient revenir dans la partie tant ils ont été dépassés par l’allant offensif de leurs adversaires dans ce premier acte. Hormis un centre d’Adrien Thomasson dévié sur sa barre transversale par Jordan Veretout (38e), les hommes de Julien Stéphan semblaient incapables d’apporter le moindre danger sur les cages de Pau Lopez.
Au retour des vestiaires, la physionomie du match n’a pas changé entre des Phocéens tout en maîtrise et des Alsaciens maladroits qui ont même été sifflés par certains de leurs supporters, événement très rare depuis la remontée dans l’élite en 2017.
Mais alors que l’OM semblait se diriger vers une victoire tranquille, Lebo Mothiba, d’une belle frappe de près dans la lucarne après un contrôle de la poitrine (76e), redonnait espoir à un stade de la Meinau soudain devenu en ébullition.
Portés par leur incandescent public, les Strasbourgeois ont multiplié les vagues sur le but de Pau Lopez. Et après deux parades coup sur coup du portier olympien devant Gameiro (89e), l’Espagnol a fini par craquer sur une superbe frappe de l’attaquant alsacien (90e+4). Un but à la dernière minute qui a littéralement enflammé la Meinau et l’entraîneur Julien Stéphan, ne pouvant s’empêcher de sprinter sur le bord du terrain pour aller célébrer ce nul inespéré avec ses protégés.
De quoi replonger l’OM dans le doute en amont du choc en Ligue des champions, qui définira la tournure que prendra la suite de sa saison. À la peine en championnat, cinquièmes à 11 longueurs du leader parisien (qui s’est difficilement imposé 4-3 au Parc des Princes face à Troyes), les Phocéens sont dans l’obligation de renverser les Spurs, mardi au Vélodrome, pour s’offrir un printemps européen. Mais il faudra faire beaucoup mieux pour s’offrir une chance de réaliser un tel exploit, sous peine de noircir considérablement une première partie de saison qui pourrait bien accoucher d’une nouvelle crise dont l’OM se passerait bien.


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