Le candidat de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva, face au président brésilien sortant, Jair Bolsonaro (à droite), le 16 octobre 2022. Nelson Almeida/AFP
Le Brésil, un pays jeune, va élire le 30 octobre un président de 77 ans, Lula, qui a eu un cancer, ou de 67 ans, Jair Bolsonaro, qui a multiplié les séjours à l’hôpital.
Mais l’ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, comme le chef de l’État sortant d’extrême droite, se sont évertués à projeter une image jeune et dynamique lors de cette campagne éreintante.
Lula, avec sa voix extrêmement éraillée, est devenu parfois dur à comprendre. « Il va falloir que j’arrête de parler un mois pour récupérer », a plaisanté le candidat, qui a harangué les foules des semaines durant, une bouteille d’eau toujours à portée de main. Sa voix de plus en plus cassée a suscité un flot d’interrogations d’internautes, surtout dans le camp bolsonariste. « Lula n’a plus de voix, il a un cancer de la gorge », affirmait l’un d’entre eux.
En octobre 2011, Lula, qui avait mis fin un an auparavant à un demi-siècle de tabagisme, avait souffert d’un cancer du larynx après son départ du pouvoir et subi chimiothérapie et radiothérapie. Les médecins avaient annoncé « une rémission totale » l’année suivante.
Lula est conscient que son âge n’est pas un atout. « Je suis un jeunot comparé à Joe Biden ! », le président américain entré à la Maison-blanche à 78 ans, avait-il plaisanté l’an dernier.
« Tout le monde sait que j’ai quatre ans pour faire (tout ce que j’ai à faire) », a déclaré Lula pendant la campagne, excluant d’emblée un second mandat à la tête de ce pays où l’on vote dès 16 ans. « Un citoyen ne peut pas souhaiter une réélection à 81 ans, a-t-il expliqué, la nature est implacable. »
Ses adversaires n’ont pas manqué d’attaquer Lula sur son âge. « Lula, arrêtez de mentir, un homme de votre âge ! » lui a lancé dimanche soir Bolsonaro lors d’un débat télévisé à couteaux tirés.
De même, Ciro Gomes, rival de centre gauche de Lula au premier tour de la présidentielle, avait déclaré en août : « Lula est chaque jour plus faible physiquement et psychologiquement » et avait mis en cause sa capacité à affronter Jair Bolsonaro. Gomes avait ensuite retiré ses posts et admis avoir été « très dur » avec Lula.
Rajeunir mon image
Le vieux lion de la gauche, figure-clé de la politique brésilienne depuis quatre décennies, a tout fait pour apparaître jeune et en bonne santé. Avec l’annonce de son entrée en campagne, on l’a vu sur Instagram ou Twitter se jeter dans les vagues, faire des haltères, jouer de la batterie.
Sa photo de profil a été changée en avril : le septuagénaire porte des lunettes fluo prisées par les jeunes Brésiliens : « On m’a demandé de rajeunir mon image sur les réseaux sociaux. »
Pendant ses 580 jours de prison pour corruption à Curitiba (Sud) en 2018-2019, Lula avait gardé la forme dans la disgrâce en parcourant chaque jour neuf kilomètres sur un tapis de course. Il prenait un traitement contre l’hypertension et était suivi par un oncologue.
Je vais mourir
Mais durant la campagne, son adversaire Jair Bolsonaro, une décennie de moins que lui mais trois fois grand-père, multipliait les performances sportives. On l’a vu monter à cheval, à dos de taureau, faire du rodéo, du jet-ski ou défiler sur de grosses cylindrées avec des motards dans tout le Brésil.
Pourtant Bolsonaro garde de graves séquelles de l’attentat à l’arme blanche qui a failli lui coûter la vie en septembre 2018, juste avant son élection. Ces séquelles ont émaillé tout son mandat. Occlusions, sub-occlusions ou adhérences intestinales, le président a été hospitalisé en urgence une demi-douzaine de fois, soit des semaines. La dernière fut en janvier, lorsqu’il « pleurait de douleur », disant « je vais mourir, c’est foutu », selon son chirurgien Antonio Luiz Macedo.
Bolsonaro a été réopéré six fois depuis la fin 2018, quatre pour les suites de l’attentat, les deux autres pour une vasectomie et un calcul vésical. Les Brésiliens se sont habitués à voir leur président en photo sur un lit d’hôpital, avec une sonde nasogastrique.
Source : AFP


Nous,on a un president qui frôle les 90 ans...et chef de parlement pareil.
07 h 08, le 18 octobre 2022