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Sport - Football

Les nouveaux critères du Ballon d’or

Règlement inédit, critères modifiés, trophées annexes, liste des nommés et des jurés resserrée... le Ballon d’or, qui sera remis ce lundi au théâtre du Châtelet à Paris, change de visage pour sa 66e édition.

Les nouveaux critères du Ballon d’or

Cliché du trophée du Ballon d’or. Photo fournie par l’organisateur de l’événement

Depuis 1956 et la victoire du Britannique Stanley Matthews, le Ballon d’or du magazine France Football a pris un virage cette année avec une réforme destinée à le rendre « plus lisible ». Après avoir récompensé les joueurs pour leurs performances sur une année civile, le trophée s’aligne désormais sur le calendrier de la saison sportive et prend en compte tout l’exercice 2021-2022.

Aussi, la Ligue des nations masculine d’octobre 2021 est-elle incluse dans l’analyse du jury, tout comme l’Euro féminin de juillet 2022 pour la distinction féminine. Mais pas le début de la saison 2022-2023, démarrée en août.

Les critères d’attribution ont également subi une refonte. Les « performances individuelles » et le « caractère décisif et impressionnant des prétendants » seront le critère numéro 1 devant « l’aspect collectif et les trophées remportés », et « la classe du joueur et son sens du fair-play ».

Fin de la « chasse gardée »

L’ensemble de la carrière du joueur ne sera désormais plus pris en compte pour éviter les risques d’une « chasse gardée », un travers du passé avec 12 sacres partagés entre Lionel Messi (absent de la liste des nommés pour la première fois depuis 15 ans) et Cristiano Ronaldo en 13 ans. Le jury a également été revu avec un resserrement à 100 votants, des journalistes issus des 100 « premières » nations au classement FIFA (contre 170 auparavant) et 50 votants pour le Ballon d’or féminin.

Une liste resserrée

La présélection de 30 joueurs et 20 joueuses a été établie par un comité composé des rédactions de France Football et L’Équipe, ainsi que de l’ancienne star Didier Drogba. Parmi les nommés pour le Ballon d’or masculin, on retrouve en tête celui qui est annoncé comme l’immense favori de cette édition 2022 : Karim Benzema.

L’international français s’approche à 34 ans d’une première consécration individuelle après une saison parfaite, une récompense tardive dont l’attaquant français rêve avant de viser la Coupe du monde avec les Bleus.

Si les jeux sont ouverts pour la récompense féminine, la distinction suprême ne semble pas pouvoir échapper chez les hommes au « serial buteur » du Real Madrid. « S’ils ne l’annulent pas, il va probablement gagner ce Ballon d’or, oui », a glissé jeudi son concurrent Robert Lewandowski dans un trait d’humour grinçant, lui qui avait vu le trophée lui filer entre les mains en 2020, le gala ayant été annulé à cause de la pandémie de Covid-19.

Benzema, lui, coche toutes les cases pour l’obtenir : vainqueur de la Ligue des champions et du championnat d’Espagne en club, de la Ligue des nations en sélection, meilleur buteur et joueur d’Espagne en 2021-2022, auteur de 50 buts toutes compétitions confondues, le natif de Lyon apparaît comme le prétendant numéro 1 du trophée.

Le prestigieux gala organisé au théâtre du Châtelet à Paris, à partir de 20h30, doit couronner les successeurs de l’Espagnole Alexia Putellas et de l’Argentin Lionel Messi, septuple lauréat mais grand absent de la liste des 30 nommés, une première depuis 2005.

Mané et Lewandowski en embuscade

Cette année, les candidats au trophée piloté par le magazine France Football ne sont pas si nombreux derrière « KB9 ».

Lewandowski a certes réalisé une nouvelle saison pleine au Bayern Munich avant de rejoindre Barcelone cet été, mais le Polonais n’a guère brillé en Europe. Kylian Mbappé, toujours aussi étincelant avec le Paris SG, ne peut pas non plus y prétendre cette année, lui qui a subi la loi du Real de Benzema en huitièmes de finale de Ligue des champions.

Toujours cité parmi les « outsiders », Sadio Mané semble lui aussi un peu court en raison de sa défaite en finale de C1 (1-0) contre les mêmes Madrilènes, après avoir été champion d’Afrique avec le Sénégal et vice-champion d’Angleterre avec Liverpool.

Aucun suspense, à en croire Carlo Ancelotti, entraîneur de Benzema au Real. « Il a marqué de nombreux buts, il a bien fini la saison et maintenant, il file tout droit vers le Ballon d’or. Est-ce qu’il subsiste encore un doute? Pour moi, plus aucun. »

Le cinquième Français ?

Benzema deviendrait ainsi le cinquième Français à inscrire son nom au palmarès, après Raymond Kopa, Michel Platini, Jean-Pierre Papin et Zinédine Zidane, le dernier lauréat tricolore en 1998.

« Cette année a été la meilleure de ma carrière au niveau personnel », affirmait-il cet été après avoir reçu le trophée UEFA de joueur de l’année. « Ce qui a changé, c’est cette statistique de buts, mais mon jeu est le même depuis que je suis gamin », assurait alors le joueur formé à l’OL, longtemps resté dans l’ombre de Cristiano Ronaldo à Madrid avant de prendre les commandes et la lumière au départ du Portugais en 2018.

Absent de l’équipe de France entre 2015 et 2021 en raison de la fameuse affaire de la « sextape », l’attaquant aux 97 sélections ne voudra pas en rester là, même en cas de Ballon d’or : le Mondial 2022, au Qatar (20 novembre - 18 décembre), lui offre l’opportunité d’inscrire une autre ligne dorée à son palmarès déjà bien garni.

Putellas ou Mead ?

Pour sa quatrième édition, le Ballon d’or féminin s’annonce beaucoup plus serré. La tenante du titre Alexia Putellas (28 ans, FC Barcelone) a décroché à la surprise générale le trophée de joueuse UEFA de l’année fin août, alors qu’elle s’est gravement blessée juste avant l’Euro, principale compétition de la saison.

Mais l’Anglaise Beth Mead (27 ans, Arsenal), meilleure joueuse et comeilleure buteuse du championnat d’Europe remporté en juillet par les Lionesses à domicile, compile des statistiques plus impressionnantes que l’Espagnole sur les derniers mois.

La cérémonie couronnera aussi le meilleur gardien de la saison par l’intermédiaire du trophée Lev Yachine (seul gardien à avoir jamais été récompensé d’un Ballon d’or en 1960) promis au Madrilène Thibaut Courtois. Sans oublier le meilleur jeune joueur de l’année qui soulèvera le trophée Kopa que se disputeront principalement le Français Eduardo Camavinga (Real Madrid), l’Anglais Bukayo Saka (Arsenal) et l’Allemand Jamal Musiala (Bayern Munich).

Une nouvelle récompense a par ailleurs été créée cette année, le « prix Socrates », célébrant les footballeurs et footballeuses les plus engagés dans des projets sociétaux et caritatifs.

Antoine MAIGNAN/AFP

Depuis 1956 et la victoire du Britannique Stanley Matthews, le Ballon d’or du magazine France Football a pris un virage cette année avec une réforme destinée à le rendre « plus lisible ». Après avoir récompensé les joueurs pour leurs performances sur une année civile, le trophée s’aligne désormais sur le calendrier de la saison sportive et prend en compte tout...
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