Un tigre errant...
Une université indienne a dû annuler un événement auquel étaient attendus 10 000 étudiants à cause d’un tigre qui erre depuis plusieurs jours autour de son campus à Bhopal, dans le centre de l’Inde, ont annoncé lundi les services forestiers et la presse indienne.
Une cinquantaine d’agents des services forestiers étaient mobilisés pour tenter de repérer et capturer le fauve afin de le transporter vers la zone de forêts où il vit habituellement. Le tigre, en vagabondage autour de ce très vaste campus depuis une semaine, a déjà eu le temps de tuer deux vaches.
« Nous avons également installé dix pièges photographiques pour suivre ses mouvements, ainsi qu’une cage, et nous attendons. Mais le tigre n’est pas sorti », a déclaré Alok Pathak, agent des services forestiers de la région.
Selon M. Pathak, l’animal est l’un des douze tigres qui vivent dans les forêts autour de Bhopal, capitale de l’État du Madhya Pradesh.
Le tigre vagabond se déplace depuis lundi dernier autour de ce gigantesque campus, qui comprend des zones boisées et offre de bonnes ressources en eau, un bon couvert végétal, sans oublier le bétail en liberté en guise de garde-manger, a précisé M. Pathak.
Le département des forêts a assuré que le campus était sûr pour les étudiants en plein jour, tout en recommandant à tous de « ne pas s’aventurer dehors seul, à vélo ou à pied après le coucher du soleil ».
La présence du fauve a obligé l’université à reporter son festival annuel de technologie qui devait se dérouler à partir de samedi avec la participation de 10 000 étudiants venus des quatre coins de l’Inde.
« Imaginez un peu ! Un festival de la tech reprogrammé à cause d’un tigre, a déclaré un étudiant au journal The Times of India. Mais nous comprenons que c’est la seule solution. Nous ne pouvons pas prendre de risques avec un tigre en vadrouille sur le campus. »
Selon le journal, les cours ont eu lieu en ligne la semaine dernière pendant deux jours jusqu’à ce que le département des forêts annonce que les cours en présentiel étaient possibles dans la journée sans problème de sécurité.
Par ailleurs, un tigre ayant tué au moins neuf personnes dans l’État du Bihar (Est) a été abattu lors d’une opération décidée par les autorités qui a mobilisé 200 personnes.
Les défenseurs de l’environnement mettent en cause l’expansion rapide de l’habitat humain autour des forêts et l’absence de corridors biologiques pour la faune sauvage en déplacement dans différentes régions de l’Inde.
Selon les chiffres du gouvernement, 225 personnes ont péri en Inde victimes d’attaque de tigre entre 2014 et 2019.
... et un crocodile divin
Un vieux crocodile « divin » et « végétarien » qui vivait dans un lac aux abords d’un temple hindou de l’État du Kerala, dans le sud de l’Inde, retrouvé mort, a eu droit à des funérailles religieuses, pleuré par des centaines de personnes, avant d’être inhumé.
Le vénérable animal, nommé Babia, avait été retrouvé sans vie, flottant à la surface du lac, un peu plus tôt lundi.
Des centaines de fidèles ont assisté aux funérailles de Babia, considéré comme le gardien du temple Sri Ananthapadmanabha Swamy à Kasaragod, depuis près de 80 ans, a déclaré le secrétaire du temple, Ramachandran Bhat.
Le temple, dédié au dieu hindou Vishnou, est vieux de 3 000 ans, a précisé M. Bhat, affirmant qu’un précédent crocodile « divin » avait vécu seul dans le lac du temple pendant plusieurs siècles.
« Le dernier crocodile divin a été abattu par l’armée britannique en 1940 et après cela, Babia est apparu dans le lac », a poursuivi M. Bhat, ajoutant que les responsables du temple et les fidèles s’attendaient à ce qu’un autre crocodile apparaisse à tout moment.
« Nous ne savons dire d’où il vient, mais le lac est relié à des grottes souterraines », a avancé M. Bhat.
Babia n’aurait jamais attaqué d’animal ni d’être humain, pas même croqué un des enfants qui venaient le toucher afin qu’il leur porte bonheur.
Nombreux sont ceux qui le croient « végétarien », étant nourri de prasadam, une offrande à base de riz et de sucre de palme, bénie par les prêtres du temple. À cet égard, M. Bhat s’est dit sceptique, sachant qu’« il y a des poissons dans le lac ».
La dépouille de l’animal sacré a été ornée de fleurs et bénie avant d’être transportée sur une litière de feuilles de cocotier, parmi la foule en pleurs, puis inhumée dans l’enceinte du temple.
La ministre indienne de l’Agriculture et du Bien-Être des agriculteurs, Shobha Karandlaje, a rendu hommage, sur Twitter, au « crocodile de Dieu ».
« Le divin crocodile a vécu dans le lac du temple pendant plus de 70 ans en mangeant le riz et le sucre du prasadam de Sri Ananthapadmanabha Swamy et a veillé sur le temple », a-t-elle précisé dans son tweet.

