La façade de la Banque du Liban à Beyrouth. Patrick Baz/AFP
La Banque du Liban a publié hier trois circulaires, la première intervenant sur les mécanismes de subvention dont bénéficient encore certains importateurs, la deuxième qui semble vouloir mettre en place une veille des flux liés aux importations de carburants et une troisième donnant une certaine marge aux banques pour rapatrier des fonds en devises.
• Le premier texte, la circulaire intermédiaire n° 643, officialise la suspension des subventions dont bénéficiaient les importateurs de carburants et dont le dernier pan a été supprimé le 12 septembre passé. Il confirme aussi le maintien de celles sur le blé, certains médicaments, les matières premières pour l’industrie pharmaceutique ou encore le lait pour les nourrissons à 1 507,5 livres pour un dollar, bien qu’à des ratios différents.
Introduit en octobre 2019, le mécanisme de subvention des taux de change pour l’importation des carburants a évolué de nombreuses fois, jusqu’à sa levée totale. Dans sa dernière version mise en place le 24 mars 2022, la BDL fournissait des dollars au taux de Sayrafa, inférieur à celui du marché parallèle, aux importateurs concernés. Fournissant au début 100 % des devises requises à ce taux, elle a graduellement revu cette proportion à la baisse, les importateurs étant alors contraints d’assurer le reste du prix en dollars auprès de changeurs légaux et sur le marché parallèle à des taux supérieurs.
• À travers la deuxième circulaire, portant le n° 644, le gouverneur demande aux banques commerciales d’obtenir une approbation préalable de la banque centrale pour l’ouverture de lettres de crédit pour l’importation des hydrocarbures (essence, diesel et gaz) ou pour le paiement des factures les concernant. Suite à cela, il demande aussi aux banques de fournir à la BDL la facture finale, le document d’expédition et le rapport de déchargement.
Si ce mécanisme n’apporte pas de changements importants, il risque cependant de ralentir le processus d’importation en ajoutant une étape supplémentaire, explique une source souhaitant rester anonyme au sein du secteur. « Il est probable qu’à travers cette circulaire, la BDL essaie de surveiller et de quantifier les achats et les ventes de devises sur le marché parallèle par les importateurs de carburants », ajoute-t-elle, évoquant une réalité du terrain.
• Enfin, la circulaire intermédiaire n° 645 modifie la date butoir en fonction de laquelle les banques commerciales étaient supposées placer au moins l’équivalent de 3 % de leurs dépôts en devises auprès de leurs banques correspondantes, selon le mécanisme introduit par la circulaire principale n° 154, publiée fin août 2020.
Fixée au 31 juillet 2020, cette date de référence a été modifiée hier au 30 septembre 2022 ; une mesure qui permettrait aux banques de renforcer leur position de liquidités en rapatriant un peu moins de 500 millions de dollars. En effet, si les dépôts des banques en devises à fin septembre 2022 n’ont toujours pas été publiés, ceux à fin août atteignaient environ 97,8 milliards de dollars, contre 113,91 milliards à fin juillet 2020. Par conséquent, si les établissements bancaires devaient placer quelque 3,42 milliards de dollars dans leurs banques correspondantes à l’étranger, cette enveloppe serait revue à près de 2,93 milliards de dollars, selon le bilan à fin août. Ce total devrait encore baisser en septembre.
Outre cette mesure, la circulaire n° 154 introduit aussi le cadre pour l’augmentation de 20 % du capital des banques par rapport au niveau de 2018 et demande à ces établissements d’inciter leurs clients ayant transféré plus de 500 000 dollars à l’étranger entre le 1er juillet 2017 et le 27 août 2020 à rapatrier au moins 15 % de ces montants pour les placer dans un compte bloqué pendant cinq ans.
Ce ratio est fixé à 30 % pour les membres des conseils d’administration des banques, les grands actionnaires et les personnes politiquement exposées.


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Les grands actionnaires, les membres de l'administration des banques,et les PPE, ont contribué , étant bien informés, au déclenchement de la grande crise monétaire, avant octobre 2019, mais, aussi bien après, profitant de leurs statuts, pour sauvegarder leurs devises. Ceux, qui pendant la fermeture des banques, et des mois après, ont continué à transférer à l'étranger leurs biens, pendant que des restrictions illégales étaient imposées au commun des déposants, doivent retourner la totalité de leurs devises, et non seulement 30%,en plus d'être poursuivis en justice. La circulaire de la BDL, semble amadouer ces criminels pour les inciter à agir !
04 h 44, le 08 octobre 2022