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Lifestyle - Archéologie

Deux siècles après les hiéroglyphes, des écritures restent à déchiffrer

En septembre 1822, le Français Jean-François Champollion parvenait à déchiffrer les hiéroglyphes, offrant au monde une voie d’accès à l’ancienne Égypte. Mais bien d’autres écritures n’ont toujours pas livré leur secret.

Même si beaucoup de spécialistes s’y sont accrochés, certaines écritures anciennes ne sont pas déchiffrées, comme par exemple le linéaire A. Principalement utilisé en Crète, entre 1850 et 1450 av. J.-C., il mélange signes syllabiques (chaque caractère correspond à une syllabe) et idéogrammes (chaque symbole graphique représente un mot). La plus grande partie des écrits découverts sont des documents comptables mais il a également servi à écrire des textes votifs.

La même opacité entoure le rongorongo, l’écriture de l’île de Pâques. Elle consiste en une série de hiéroglyphes (des créatures, des objets, des motifs géométriques...) quasiment exclusivement gravés sur des tablettes en bois, avant les années 1860. « Cette écriture est exquise sur le plan artistique et totalement déconcertante », note le Britannique Andrew Robinson, auteur de plusieurs ouvrages sur les langues et les écritures perdues, dans le magazine Quebec Science. L’écriture de la civilisation de l’Indus, qui occupait le nord-ouest du sous-continent indien du milieu du IVe millénaire au début du IIe millénaire avant notre ère, reste également non déchiffrée. Elle apparaît sur environ deux mille sceaux mais aussi sur quelques plaques de cuivre et quelques objets de terre cuite, d’os et d’ivoire.

D’autres écritures restent également impénétrables, retrouvées sur de rares, voire uniques, objets comme quatre inscriptions du 2e millénaire trouvées à Byblos au Liban ou encore le disque de Phaïstos et ses 45 signes disposés en spirale...

Des langues oubliées

« Il y a des cas où déchiffrer l’écriture ne pose pas de problème – l’écriture est connue – mais c’est la langue qui reste le mystère », explique l’historienne Françoise Briquel-Chatonnet, directrice de recherche au CNRS.

Comme pour l’étrusque. Dès l’âge du fer et jusqu’au Ier siècle avant J.-C., les Étrusques ont régné sur un vaste territoire formé par la Toscane et le Lazio. Leur alphabet, un intermédiaire entre l’alphabet grec et l’alphabet latin, est lisible mais c’est la langue que nous ne comprenons pas complètement. Même chose pour le méroïtique, l’écriture d’un royaume qui s’est développée le long du Nil, dans le nord de l’actuel Soudan, entre le IIIe siècle avant J.-C. et le IVe siècle après J.-C. C’est une écriture phonétique dont les textes peuvent être lus, mais pas complètement traduits. « C’est comme si on vous donnait à lire du hongrois : vous pourriez le déchiffrer, mais pas en saisir le sens », expliquait Claude Rilly, égyptologue et linguiste au Centre national de la recherche scientifique en France dans un article du magazine Quebec Science.

Des voies d’accès perdues, à redécouvrir

Décrypter une écriture et une langue « nous donne accès à des documents internes à une civilisation, à un groupe humain », explique Françoise Briquel-Chatonnet. « Ces textes nous permettent de connaître des individus, nous donnent un cadre historique, chronologique, des indications sur des systèmes de pensée, sur la religion... ».

« L’archéologie ne donne pas du tout les mêmes indications que les textes », ajoute l’historienne. Nous connaissons les Étrusques par certains textes de latin ou de grec, les Rapa Nui de l’île de Pâques par quelques descriptions des premiers conquérants, mais ces documents ne reflètent qu’une vision de l’extérieur, centrée sur ce qui les intéressaient eux.

Pour parvenir à déchiffrer ces témoignages du passé, il faudrait, par exemple, parvenir à faire un rapprochement avec des langues parlées, découvrir de nouveaux textes assez développés pour qu’on puisse poser des hypothèses, ou un écrit bilingue, comme la fameuse pierre de Rosette qui porte le même décret gravé en trois langues et qui a permis à Jean-François Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes.

Laurence COUSTAL/AFP


En septembre 1822, le Français Jean-François Champollion parvenait à déchiffrer les hiéroglyphes, offrant au monde une voie d’accès à l’ancienne Égypte. Mais bien d’autres écritures n’ont toujours pas livré leur secret. Même si beaucoup de spécialistes s’y sont accrochés, certaines écritures anciennes ne sont pas déchiffrées, comme par exemple le linéaire A....

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