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Monde - Guerre en Ukraine

La présidence de l’UE réclame un tribunal spécial pour Izioum

L’occupant russe affirme avoir « éliminé » un groupe armé à Kherson.

La présidence de l’UE réclame un tribunal spécial pour Izioum

Des soldats ukrainiens portant le cercueil de Roman Kosenko lors de ses funérailles à Kiev le 18 septembre. Le militant, qui a participé à la révolution démocratique en 2014, a été tué pendant les combats contre les forces d’occupation russes à Izioum. Sergei Supinsky/AFP

La présidence tchèque de l’UE a appelé durant le week-end à la création d’un tribunal international spécial après la découverte de centaines de corps enterrés près d’Izioum, ville reprise aux Russes dans l’est de l’Ukraine, où les combats continuent.

« Au XXIe siècle, de telles attaques contre la population civile sont impensables et odieuses, a déclaré sur Twitter le ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Lipavsky, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne. J’appelle à la création rapide d’un tribunal international spécial. »

Les autorités ukrainiennes ont fait état vendredi de « 450 corps de civils portant des traces de mort violente et de torture » enterrés dans un bois à la périphérie d’Izioum. « Nous savons que certains ont été tués (abattus), d’autres sont morts à cause de tirs d’artillerie, de traumatismes dus à l’explosion de mines. Certains sont morts dans des frappes aériennes » et « de nombreux corps n’ont pas encore été identifiés », a expliqué Serguiï Botvinov, un responsable de la police régionale.

Dans son allocution quotidienne, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé samedi soir que « le processus d’exhumation se poursuit ». « De nouvelles preuves de torture ont été trouvées », a-t-il ajouté. « Plus de 10 chambres de torture ont déjà été découvertes dans différentes villes libérées dans la région de Kharkiv » (Nord-Ouest), où se trouve Izioum, selon M. Zelensky. « La torture était une pratique très répandue dans les territoires occupés. C’est ce que faisaient les nazis. C’est ce que font les ruscistes » (fascistes russes), a-t-il ajouté, promettant de retrouver les responsables « sur le champ de bataille et au tribunal ».

Le chargé des droits humains ukrainien, Dmytro Loubinets, a évoqué « probablement plus de 1 000 citoyens ukrainiens torturés et tués dans les territoires libérés ».

L’annonce de cette découverte macabre a soulevé une nouvelle vague d’indignation en Occident, un peu plus de cinq mois après que l’armée russe, chassée des environs de Kiev, avait laissé derrière elle des centaines de cadavres de civils, dont un certain nombre portaient des traces de tortures et d’exécutions sommaires, notamment dans la localité de Boutcha.

« Le monde doit réagir à tout ça. La Russie a répété à Izioum ce qu’elle avait fait à Boutcha », avait affirmé M. Zelensky dans un message vidéo vendredi soir, se félicitant que l’ONU ait annoncé dépêcher une équipe d’enquêteurs sur place.

Les États-Unis et l’Union européenne ont fait part de leur indignation, tenant pour responsable la direction russe qui, a assuré le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, devra « rendre des comptes ».

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a déclaré souhaiter la comparution du président russe Vladimir Poutine devant la justice internationale pour crimes de guerre.

Avertissement de Biden

Le président américain Joe Biden a, de son côté, une nouvelle fois mis en garde son homologue russe contre l’utilisation d’armes chimiques ou nucléaires en Ukraine. « Cela changerait le cours de la guerre, comme jamais depuis la Seconde Guerre mondiale (...) Ne le faites pas, ne le faites pas, ne le faites pas », a enjoint M. Biden sur CBS, promettant une réponse « conséquente » des États-Unis si cette étape venait à être franchie.

Sur le terrain, où les forces ukrainiennes armées par les Occidentaux ont repris des milliers de kilomètres carrés à la faveur d’une contre-

offensive dans le Nord-Est, combats et bombardements continuent.

À Koupiansk, reprise la semaine dernière par les forces ukrainiennes, les affrontements se poursuivent avec l’armée russe retranchée du côté est de la rivière Oskil. Des tirs d’artillerie résonnent dans toute la ville partiellement détruite par les combats, et de rares habitants s’aventurent dans les rues où circulent militaires ukrainiens et volontaires.

Les policiers ukrainiens n’avaient pas encore réinvesti le commissariat, endommagé et en désordre, devant lequel gît au sol un drapeau rouge déchiré de l’armée russe. Selon un communiqué de l’état-major ukrainien, « l’ennemi a mené au cours de la journée quatre frappes de missiles et 15 frappes aériennes, ainsi que plus de 20 frappes de lance-roquettes multiples sur des sites civils et militaires en Ukraine ».

Dans la région de Kharkiv, une fillette de 11 ans a été tuée par des tirs de missiles russes sur la localité de Tchouïguiv, a indiqué le gouverneur Oleg Synegoubov.

Centrale bombardée

Une centrale thermique a été « bombardée par les envahisseurs russes » samedi matin à Mykolaïvka, a affirmé Pavlo Kyrylenko, le gouverneur de la région de Donetsk (Est), sur Telegram, indiquant que les pompiers ukrainiens combattaient le feu et que le bombardement avait entraîné des coupures d’eau potable. « Les occupants visent délibérément les infrastructures dans la région pour essayer d’infliger le plus de dommages possibles, en premier lieu à la population civile », a-t-il accusé. Il avait auparavant fait état de deux civils tués et 11 blessés dans les dernières 24 heures par les tirs russes.

Dans la région voisine de Dnipropetrovsk, « les Russes ont tiré toute la nuit sur le district de Nikopol avec des Grad (lance-roquettes multiples) et de l’artillerie lourde », a affirmé le gouverneur local Valentin Reznitchenko, indiquant qu’il n’y avait pas de victimes, mais des dégâts matériels importants. Selon le chef de l’assemblée locale, Mykola Loukachouk, des tirs russes ont cependant fait deux morts et trois blessés dans les dernières 24 heures.

Au Sud, « une personne est morte à Dmitrivka après des bombardements ennemis », a affirmé le gouverneur de la région de Mykolaïv, Vitali Kim.

L’armée russe, qui nie viser des infrastructures civiles ou des zones d’habitation, affirme avoir mené des frappes de « haute précision » contre des positions ukrainiennes dans les régions de Mykolaïv et de Kharkiv.

Les autorités d’occupation russes à Kherson, dans le sud de l’Ukraine, ont affirmé qu’un groupe armé avait été détruit lors de combats samedi soir dans le centre de cette ville, qui est l’objectif d’une contre-offensive ukrainienne. « Dans le centre de Kherson, un affrontement a opposé des unités de l’armée russe qui patrouillaient dans les rues de la ville et un groupe non identifié », a indiqué sur Telegram l’administration d’occupation. « Après un bref combat, les assaillants ont été éliminés », a poursuivi cette source, précisant qu’aucun soldat russe et aucun civil n’avait été blessé. Côté ukrainien, la porte-parole du commandement sud de l’armée, Natalia Goumeniouk, a dénoncé une « provocation ». S’exprimant dimanche matin sur une chaîne de télévision ukrainienne, elle a déclaré : « Les tirs et les explosions d’hier à Kherson sont une provocation de l’occupant. » Dimanche matin, un cadre de l’occupation russe, Kirill Stremooussov, a assuré que la situation était « calme » à Kherson. « Les nazis essayent d’attaquer, mais sans succès », a-t-il indiqué sur Telegram.

Quant à la centrale nucléaire de Zaporijjia, enjeu ces dernières semaines d’affrontements entre Russes et Ukrainiens qui avaient entraîné l’arrêt de tous ses réacteurs, elle a été reconnectée au réseau ukrainien, ce qui permet de sécuriser le refroidissement des installations, a annoncé samedi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

À Kiev, samedi, des centaines d’Ukrainiens participaient à l’opéra national à une cérémonie d’adieux à l’ancien danseur soliste puis pédagogue Oleksandr Chapoval, tué à 47 ans par un tir de mortier le 12 septembre dans l’est du pays, où il s’était engagé pour combattre les Russes.

Source : AFP

La présidence tchèque de l’UE a appelé durant le week-end à la création d’un tribunal international spécial après la découverte de centaines de corps enterrés près d’Izioum, ville reprise aux Russes dans l’est de l’Ukraine, où les combats continuent.« Au XXIe siècle, de telles attaques contre la population civile sont impensables et odieuses, a déclaré sur Twitter le...
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