Un pèlerin chiite musulman iranien passe devant des bannières du leader suprême iranien Ali Khamenei et de son fils, le leader suprême actuel Mojtaba Khamenei, alors qu'il entre en Irak par le poste frontière de Shalamjah (Shalamcheh) dans la province de Bassora, le 23 juillet 2026, pour participer aux commémorations de l'Arbaeen, quelques heures après que le poste ait été ciblé par une frappe aérienne américaine. Photo de Hussein FALEH / AFP
Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a réaffirmé dimanche, dans une lettre adressée au chef du Hezbollah Naïm Kassem et aux combattants du parti chiite, que toute paix éventuelle entre Téhéran et Washington est conditionnée par l'arrêt des attaques israéliennes contre le Liban. Une demande faite à de nombreuses reprises ces derniers mois, alors que malgré le cessez-le-feu théoriquement en vigueur, les Israéliens poursuivent leurs bombardements du Liban-Sud et les démolitions d'habitations.
Dans sa missive, Mojtaba Khamenei, qui n'a jamais été vu en public depuis le début de la guerre entre l'Iran et les États-Unis et les frappes qui ont tué son père et prédécesseur Ali Khamenei, a transmis son « estime et sa reconnaissance » au Hezbollah et à ses miliciens. Il a souligné que la seule voie possible face aux États-Unis et à Israël « qui détruisent les récoltes et les générations est celle du « jihad et de la résistance », à l'avant-garde desquels se trouve le parti chiite. Il a salué dans ce cadre le « sacrifice et la patience » des Libanais, « et en particulier des habitants du Sud ». L'Iran a dès lors fait de la « défense » du Hezbollah une « politique stratégique » et a posé « comme première condition » du protocole d'accord avec les États-Unis « la préservation de l'intégrité territoriale du Liban et la cessation complète et inconditionnelle » des attaques israéliennes, a-t-il rappelé.
Le protocole d'accord, signé le 17 juin par les présidents américain Donald Trump et iranien Mojtaba Khamenei, prévoit en effet dans son premier point la « cessation permanente de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban » et le respect de l'intégrité territoriale du Liban, où les forces israéliennes occupent environ 620 km2 le long de la frontière. Ce protocole d'accord s'est toutefois effondré en raison de tensions dans le détroit d'Ormuz, passage maritime stratégique pour le commerce international, aussitôt suivies de deux semaines d'attaques réciproques. La lettre de Mojtaba Khamenei survient alors que les frappes américaines contre l’Iran se sont interrompues depuis trois nuits consécutives et que Donald Trump veut laisser une chance aux négociations, selon l’ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz, qui précise que le président garde « toutes les options sur la table ».
Après le début de la guerre contre l'Iran, le 28 février, le Hezbollah avait entraîné le Liban dans le conflit quelques jours plus tard. Au moins 4 329 personnes ont été tuées, tandis que 37 soldats israéliens et quatre civils israéliens ont péri dans la dernière vague de violence au Liban.
La lettre de Mojtaba Khamenei se voulait une réponse à une missive qui lui avait été adressée par le Hezbollah, qui réaffirmait son « allégeance » au guide suprême « depuis le cœur du champ de bataille ».


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